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 Le pire diable chasse le moindre

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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Le pire diable chasse le moindre   Lun 14 Sep - 11:05

Frontière est, proche de Ravey.

«  … Je ne comprends pas, vraiment cette vilaine volonté de toujours remettre en question la hiérarchie évidente que la nature nous a offerte. Je suis le seul digne et capable de diriger cette région, feu notre grandiose empereur me l’a confié, et c’est évident … »

Cela faisait une bonne heure qu’Aerdris supportait les plaintes du noble obèse et même lui, pourtant reconnu pour son sang-froid légendaire et sa résistance étonnante à l’ennui, commençait à voir des fissures dans sa carapace. Il était vrai que le noble était particulièrement rebutant, son obésité affreuse et insultante lorsqu’on sait tous les morts de la faim qui se déroulent en ce moment même, ou même son incapacité à comprendre que l’empire était mort, tout cela rendait le personnage proprement immonde et ridicule.

Pourtant le soldat tenait le coup, à vrai dire il ne pouvait s’empêcher de garder une forme d’obéissance pour cet homme, un véritable représentant de l’empire, certes un noble comme il en existe peu de plus décadent, mais un représentant de feu l’empereur. L’homme avait sûrement était muté à cet endroit perdu pour son incompétence ou par un rival, mais il n’en était pas moins une figure du passé rappelant au jeune soldat un désir des plus fort, celui de la loyauté.

« … Je suis sûr qu’il s’agit de ces misérables bandes de bandits. Ces scélérats sont exécrables, ils attaquent mes hommes qui ne s’occupent que des plus honnêtement à récupérer les biens dû à l’empire. C’est véritablement un scandale, et je … »

En vérité tout cela devait tenir du racket, il n’y avait plus de dîme ni de collectes à fournir, l’administration avait disparue et le noble devait détrousser les paysans survivant pour subvenir à sa monstrueuse faim. Mais nul besoin de contredire le noble pathétique, il avait l’argent et les ressources, Aerdris mènerait sa mission à bien puis quitterait la région pour chercher une autre personne largement plus capable.

Passablement énervé, le soldat n’en garda pas moins son calme et coupa son employeur d’une voix doucereuse. Son large sourire déstabilisa quelques secondes le noble laissant au mercenaire le temps de s’exprimer.

« Je suis sûr monseigneur Fleurian, que les Fortais comprendront rapidement que la gloire et la noblesse ne peuvent provenir que de votre honorable personne. Il n’y a aucune personne qui surpasse votre grandeur en ce territoire.


Mais pour cela il faut débarrasser ce pays de ses racailles et autres canailles, et le plus vite possible. Je me permets de couper votre seigneurie et le prier de me donner toutes les informations nécessaires à la bonne réalisation de ma tâche. Je m’en voudrais de ralentir l’adoration légitime qui vous attends, et la naissance de ce puissant duché que vous m’avez si bien décrit. »

Toutes ces flatteries brûlaient la langue d’Aerdris, qui avait si bien appris à singer les serviteurs de la noblesse au court de sa captivité auprès de ser Egmond le noble si superstitieux et vaniteux. Le noble eut quelques secondes, fort bienvenue, de silence, qu’il brisa finalement d’un rire gras et écœurant, si heureux de ces quelques compliments.

« Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu si belles manières de parler. Dans ce coin perdu, je ne suis que bien trop seul avec toutes ces pécores misérables et illettrées. Pourquoi suis-je le seul véritable noble Ashenvans du coin ? Mais bien bien parlons directement de ces bandits si vulgaires.


Nous ne connaissons pas véritablement leur cache, sinon nous ne vous aurions pas payé pour cette chasse. Nous savons juste qu’ils pullulent dans ces marais tels des moustiques. Nous connaissons par contre quelques paysans qui soutiennent les bandits, mais je ne peux pour le moment les punir correctement, aussi je vous laisse mener à bien cette mission.


Et faites attention, les bandits usent de ces vulgaires arcs, aucune notion du noble combat. J’en ai assez d’eux je compte sur vous, maintenant laissez-moi tous ces babillages m’ont donné faim. »

Congédié d’un signe de la main, Aerdris n’en fut que trop heureux de quitter la pièce puant la sueur et 

l’incompétence. Aussi les indices n’en étaient pas, au final le noble ne savait absolument rien de plus que l’existence même de ces bandits. D’ailleurs en étaient-ils réellement, ne serait-ce pas des révolutionnaires ? Non ce terme ne signifiait plus rien, il n’y avait plus rien à révolutionner, tout était en ruine. Non soit il s’agissait de résistants au racket du noble soit des véritables bandits. Mais dans ce dernier cas, pourquoi les paysans soutiendraient-ils les criminels ?

Trop de questions, et trop peu de réponses, la situation devait être éclaircie au plus simple. Il avait pour mission de traquer et tuer ceux qui attaquent les convois du fort, clair et limpide.

***
Cela faisait plusieurs heures qu’Aerdris crapahutait dans les marais et il commençait à en avoir plus qu’assez. Le soldat était accompagné de six hommes de main du noble obèse et il commençait de mieux en mieux à cerner les personnages, ils n’étaient pas des fidèles combattants de ser Fleurian, loin de là, juste des hommes désespérés et ayant tout perdu. Pourtant ils étaient restés extraordinairement fidèles à l’empire et gardaient leur position, ce qui emplissait Aerdris de fierté.

Même si les soldats en poste étaient extrêmement peu nombreux, nombre avait quitté le fort le lendemain de l’attaque pour retrouver leurs familles, ces derniers étaient restés par loyauté ou par lucidité, ils n’avaient rien ailleurs alors pourquoi quitter un endroit sûr.

Aerdris pouvait les comprendre même s’il n’imaginait pas rester sous les ordres d’un tel chef, maintenant que l’empire avait disparu il n’y avait plus à se forcer à obéir aux nobles décadents. Mais il en discuterait avec ces hommes plus tard, pour le moment une longue marche touchait à sa fin et une traque plus difficile encore allait commencer.

« Nous dormirons ici. Installez le camp, pas de feu. Que quelqu’un se charge de cueillir de la citronnelle. Soldat Hilidor tu prends le premier tour de garde. Ensuite Avéri, puis moi, après Edéus et enfin Homéric. Les deux autres vous serez chargé de ranger le camp demain matin et de l’installer ce soir.

Homéric tu me suis, nous allons observer les alentours. »

Il était plaisant de donner les ordres et de voir des soldats aussi compétents qu’obéissants agir avec une rigueur toute légendaire.

Le duo parti sans un mot de plus et s’aventura tout autour du camp repérant les points intéressants des environs, comme les meilleurs cachettes pour un tireur isolé, les sols dangereux et autres pièges naturels, qui donnent tous leurs avantages aux bandits et rebelles de la région. Aerdris camoufla plusieurs pièges dans quelques endroits particulièrement intéressants et toute une série de cordes équipées de clochettes, un piège ancien mais toujours très utile.

Une fois le tour de repérage effectué, le duo trouva un coin particulièrement intéressant pour la sentinelle, un arbre en hauteur doté d’une branche large et agréable ou pour siéger plusieurs heures, particulièrement bien placé pour observer les alentours et le campement. Avec un peu de chance, les potentiels assaillants ne penseraient pas à surveiller les arbres, les soldats impériaux n’ayant pas l’habitude de s’en servir. Une fois bien préparé le duo regagna la petite troupe.

« Bien voilà le plan. Nous écumerons la région depuis cet endroit, demain nous gagnerons les hameaux paysans pour discuter avec eux. Pas d’initiatives personnelles, je m’occupe de parler aux paysans fortais. La discussion devrait faire ressortir quelque chose, au pire les bandits auront vent de notre présence et se décideront sûrement à attaquer notre troupe restreinte, au mieux je peux gagner la confiance des locaux.

Dans tous les cas, à partir de maintenant il est évident que vous devez rester sur vos gardes tout le temps, nous sommes des cibles ambulantes. A partir de ce soir, nous travaillerons par groupes de deux, je serais continuellement accompagné d’un duo le reste sera chargé de veiller sur les environs. Je vous laisse choisir votre compagnon d’arme.


Maintenant mangeons. Léoclide nous a sûrement préparé son festin habituel, … »


Le reste fut une simple discussion formelle, et une description des pièges et cachettes observées auparavant. Finalement la troupe gagna ses couchettes et sombra rapidement dans un sommeil salvateur. La journée de demain allait être particulièrement décisive.

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Merry Palend

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 4:52

La jeune femme trouvait le vent sur son visage agréable. Elle survolait les montagnes et les canyons du désert de Ravey, les forêts du bourbier et comme toujours elle s'écrasait dans les plaines enneigées d'Ashenwall. De là des hordes d'hommes de mailles affluaient de toutes les directions et se percutaient, se déchiraient, s'entre-tuaient. La jeune fille comme toujours était au milieu de ce vacarme quand une main salvatrice la prenait par l'épaule et soudain une chaleur la réconfortait. Elle se retrouvait devant un bon feu de cheminée et un jeune homme rigolait avec elle. Ce jeune homme finissait par lui dire quelque chose qui la fit pleurer et elle se retrouva alors seule isolée dans une rue en flamme, seule et sans le sous alors qu'un guerrier l'attrapait par l'épaule et la tirait avec lui dans une cohue générale. L'homme avait le visage décrépit et décomposé de la mort.

Merry se redressa brusquement dans sa couche le front trempé de sueur. Un cauchemar, rien que ça. Elle l'avait déjà fait une fois auparavant, rien de très agréable pourtant tout lui semblait réel. Rapidement, la forêt, le bruit du vent dans les feuilles et les ronflement de Guéric la rassurait. Elle était bien où elle devait être.

Le petit groupe avait bivouaqué à côté d'une rivière. Ils connaissaient bien la région pour y venir souvent chasser. Elle déposa ses habits sur un rocher au bord de la rive et rentra doucement dans l'eau fraîche. Le contact contre sa peau fut... crispant mais cela la détendit. L'eau était peu profonde et lui arrivait au nombril. Elle se trempa rapidement pour enlever la crasse de la veille et surtout cette impression de moiteur dû à son cauchemar. Lorsqu'elle sortie elle vit Aulin en direction de la rivière lui aussi. Encore nue, le jeune homme adressa un sourire sans gêne à l'archère. C'était un gentil garçon pensait Merry mais il ne l'intéressait pas, lui en revanche serait bienvenue la rejoindre la veille. Elle avait toujours pensé qu'il était puceau, de ce qu'elle savait ses parents voulaient l'envoyer dans un monastère, ils avaient toujours été très pieux et visiblement leur mort avaient changé les idées du jeune homme.

Rhabillée elle attendit que Guéric se lève aussi en lui déposant un baiser sur le front. Elle ne l'aimait pas mais dans tout ce tracas qu'avait causé ce cataclysme, d'un commun accord les deux adultes s'apportaient régulièrement du réconfort. Il approchait la quarantaine.

-" Bien dormis ?" Demanda Merry en souriant assise à côté de lui.

Le vieux guerrier grogna. Sa main caressant la cuisse de la jeune femme.

-" J'ai eu froid cette nuit. C'est ta faute."

-" Je crois que tu vas encore te cailler ce soir." répondit elle en se levant d'un bond. "-" Bouge, on part dans cinq minutes, j'en peux plus de ces bois."

Le groupe reprit sa route vers leur zone de chasse. Il y avait encore un village a proximité qui n'avait pas trop souffert du cataclysme en étant si excentré.
En arrivant aux abords du village ils virent qu'une dizaine de tentes avaient été plantées. Des réfugiés ou des commerçant ambulants. Probablement les deux pensa la femme.
Il était environ midi à ce moment là. Comme d'habitude le groupe se dirigea vers la taverne. Souvent ils y prenaient une chambre pour deux trois jours, le temps de chasser dans la région et ils partaient.

Merry s'approcha du comptoir pendant que les deux autres allèrent se poser dans un coin de l'établissement.

-"Une chambre et trois pintes Aymeric je t'en pris." demanda t'elle.

-" ça te fera dix écus."

La femme réagit assez mal et frappa du poing sur la table.

-" Tu te fous de ma gueule ? Depuis quand ? Cinq écus ou j'arrête de te faire livrer de la viande et tu te démerderas avec les caravaniers, ils aiment l'or eux aussi.'

-" Écoute, la dîme va être levée on nous a annoncé récemment. On dirait une blague mais un messager nous a prévenus récemment, il n'a pas faillis sortir vivant du village je crois. Mais personne n'a payé, je ne tiens pas à être pendu lorsque ils reviendront. Alors j'économise."

-" Tu me dégoûtes. C'est quoi ces tentes autour du village ? "

-" Des voleurs ahah ! Ils nous prennent deux écus par habitants et par jour pour assurer la protection du village. ils sont une dizaine et ont quelques armes. Ils disent que si la garde vient ils ne nous aideront que si on accepte de payer quatre écus par jour. la plus part ont accepté mais pas moi ! Je suis sûr qu'ils se feront tuer dès que la garde impériale arrivera."

Merry paya dix écus et partie avec les pintes sans prêter gare au tavernier plus longtemps. Il l'avait énervée. Le village était dans une posture délicate... Mais la question était " Il y a vraiment des impériaux en vie encore quelque part et un système de dîmes ? Un lieu serait il épargné pour laisser vivre ces porcs de nobles ? "

Le reste de la journée se déroula sans incidents. Deux cerfs furent abattus. Comme promis, elle n'alla pas le vendre au tavernier mais ironie du sort. Aux "gardes" de la ville. Le deuxième ils le feraient sécher pour le ramener avec eux à Beau-Château. Ils leurs en faudrait encore. Ils voleraient une charrette en partant c'était pas important.

La soirée fut courte. Aulin avait refusé de payer, il dormait dans une charrette de foin dans la grange voisine. Guéric avait emmerdé Merry toute la journée pour passer la nuit avec elle et ne pas payer. Finalement elle accepta. L'amour fut sans passion et sans baiser mais cela lui sied bien. Combler ce désir animal la satisfaisait. Ils resteraient encore deux jours, si les gardes arrivaient ils fuiraient.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 13:12

L’aube pointa le bout de son nez sans que le moindre problème ne soit recensé, pas même le moindre soldat idiot qui aurait activé au piège en tentant de se vider, une agréable découverte. Finalement tout commençait de manière très satisfaisante, nul soldat ne semblait avoir dormi pendant son tour de garde et aucun ennemi n’avait tenté d’attaquer. Il ne restait plus qu’à espérer que personne n’avait repérer leur présence.

La discrétion était assez importante dans cette affaire, découverts trop tôt, les bandits pouvaient se préparer et organiser le combat selon leurs termes, chose éminemment dangereuse dans une zone marécageuse, même si la frontière avec Ravey était la moins boueuse et humide de tout le bourbier.

Pour vaincre une ennemi avant même de le combattre il fallait le forcer à combattre là où on le décide, selon ses propres termes et au moment adéquat, et la mission semblait largement réalisable pour le moment. Le deuxième point d’une victoire assurée allait pouvoir être la prochaine chose à faire, connaître son ennemi mieux qu’il te connaisse.
Aerdris activa ses alliés du moment

« Tout le monde debout, nous allons partir. Il faut arriver tôt au village, lorsque les esprits sont les plus réceptifs à ce qu’on veut faire. Formez les duos. On petit déjeune vite, et on part. »

La troupe s’organisa avec une superbe discipline, que seule l’armée impériale pouvait présenter, et tout fut expédié en le minimum de temps qu’un chef aurait pu exiger. Edéus et Homéric formèrent le premier duo, Léoclide et Avéri le second et enfin Hilidor et Alvas complétèrent la nouvelle organisation. Satisfait, Aerdris regarda ses coéquipiers à tour de rôle.

« Parfait, vous faites la fierté de notre empire. Même s’il n’est plus aux yeux du monde, il restera éternel tant que nous continuerons à nous en montrer dignes. Hilidor et Alvas vous restez avec moi, surveillez les alentours. Léoclide et Avéri vous surveillez le flanc droit, les autres vous gérez le flanc gauche. Bien compris ? »

Ce qui était parfait c’était l’esprit rigoureux des hommes, la troupe était constituée de trois archers et trois épéistes et les soldats avaient formé intelligemment des duos mixtes sans même attendre le moindre ordre. Les impériaux firent un unique signe de tête pour indiquer qu’ils avaient bien enregistré les ordres, bien pas de discussion inutilement longue. La troupe quitta la base en évitant soigneusement les pièges.

Il y avait une bonne heure de marche à travers les marais pour atteindre le village, ce serait une bonne mise en jambe pour les hommes.

***
Une heure plus tard

« Des tentes et plusieurs individus ne ressemblant aucunement à des paysans tout autour du village. D’après le nombre de tentes ils pourraient tout aussi bien être une dizaine ou une quarantaine tout dépend de si certains logent parmi les paysans. Que faisons-nous ? »

Aerdris ne répondit pas tout de suite, il y avait beaucoup à prendre en compte et toute la mission à modifier. Ainsi les bandits étaient si sûrs d’eux qu’ils ne prenaient même plus la peine de se cacher. Ou alors ils étaient tellement habitués aux impériaux qu’ils se pensaient imprenables. Il est vrai que les troupes impériales n’étaient pas connu pour leur discrétion lors de leurs patrouilles cela avait causé beaucoup de torts face aux unités de guérilla. Toutefois l’interrogation devait trouver une réponse et vite.

« Bien, je vais m’infiltrer dans le village. Hilidor et Alvas vous me suivez. » Aerdris commença à retirer son armure, bien trop bruyante pour une mission de ce type. Les deux autres soldats firent de même sans poser de questions. « Les autres vous me surveillez le tout depuis cette position.
Loéclide tu grimpes à cet arbre, le feuillage te camouflera suffisamment. Les autres attendez les ordres. »

Une fois complètement dépourvu de morceau d’amure, Aerdris fit signe aux deux camarades qui le suivent de le faire en gardant un silence total. Le trio contourna largement le village, pour atteindre une grange suffisamment en retrait pour ne pas se trouver proche des tentes, d’ailleurs ces dernières étaient en partie camouflées par une auberge de taille respectable se trouvant dans le champ de vision. D’un signe de la main, le trio gagna cette grange et y pénétra.

Le bâtiment était empli de foins et d’une charrette, qui pouvait être extrêmement utile pour le groupe. Mais alors qu’ils fouillaient la pièce, Aerdris découvrit un individu profondément endormi dans le foin. L’ashenvans sorti un long couteau traditionnel de son pays, et regarda quelques secondes le jeune homme. Finalement il rengaina la lame et fit signe à Alvas de venir. Indiquant l’homme inconnu, Aerdris donna une corde à son subordonné.

Le soldat aux cheveux d’argent attrapa alors violemment le jeune homme qui se réveilla brusquement. Projeté au sol sans comprendre ce qu’il lui arrivait il n’eut guère le temps de s’exprimer.


« Quoi ? Je … »

Tout avait été plutôt bruyant mais trop court pour être particulièrement dangereux, la grange n’était entourée d’aucun hameau et personne ne se trouvait aux alentours.

Aerdris ne se jeta pas moins sur l’inconnu et le plaqua au sol tout en lui infligeant une prise d’étranglement. Une fois assuré que l’homme était hors d’état de nuire, sans l’avoir tué, le serpent blanc laissa Alvas le ligoter et bâillonner. L’individu ne semblait pas être un paysan de par sa tenue, aussi faisait-il sûrement parti des bandits, il pourrait servir plus tard.

Une fois assuré de la sécurité du lieu, et que nul autre bandit ou paysan ne dormait dans la grange, Aerdris fit signe à Alvas de rester sur place. Ils partiraient avec la charrette, s’ils arrivaient à trouver des chevaux sans alerter tout le village bien sûr. Une fois assuré de s’être préparé un point de fuite, le duo quitta la grange laissant leur archer en arrière.

Les deux impériaux gagnèrent l’auberge en restant aussi discret que possible, chose rendu facile par les bandits qui dormaient encore profondément, et les paysans quasiment déjà tous partis pour les champs. Mais alors qu’ils avaient presque atteints la dites auberge, un homme en sortit et tituba difficilement vers les deux compères … Et les dépassa sans prêter la moindre attention aux mystérieux individus.

Il était évident qu’il s’agissait d’un bandit, et saoul comme pas possible. Il semblait galérer pour ne faire que marcher, et se dirigeait vers la grange. Aerdris fit signe à Hilidor de continuer vers l’auberge et se dirigea vers le bandit tout en dégainant son couteau. L’individu était assez massif et dépassait l’impérial d’une bonne tête et était nettement plus large. Un combat au corps à corps était à proscrire.

Approchant de sa future victime, Aerdris se prépara à frapper. La lame bondit à une vitesse telle que personne n’aurait pu la parer … et vint frapper le bras du bandit bourré qui venait juste de se tourner sans aucune logique, sauf celle de l’alcool. Le bandit resta stoïque regardant l’inconnu palot qui l’avait poignardé.

« Tu es … pas … gentil » Et il se retourna emportant la lame avec lui. Aerdris rendu perplexe par la scène irréaliste ne réagit pas tout de suite et laissa l’homme s’éloigner de plusieurs mètres avant de reprendre ses esprits. Il fallait le mettre hors d’état de nuire et d’urgence. Courant rapidement, l’impérial se jeta de toutes ses forces contre le géant saoul et le plaqua violemment au sol.

« Hjduim » Fut à peu près ce que compris Aerdris des propos de son adversaire qui tenta de se relever, avant de s’effondre misérablement au sol, pas tant par le poids ou la force de son assaillant mais plus par les effets néfastes de l’alcool. Le soldat à la crinière d’argent tenta de récupérer sa lame mais, alors qu’il venait enfin de ressortir la lame de la chair ennemie, le géant la fit s’envoler d’un coup de coude particulièrement chanceux.

Désarmé, mais en position de force, Aerdris chercha rapidement une arme alors que le géant commençait à se débattre de plus en plus. La solution vint finalement du sol. Particulièrement boueux, le sol en était presque liquide. Aussi il fallait jouer sur la force, chose que le soldat n’aimait pas particulièrement, lui qui était un escrimeur misant sur l’agilité et la vitesse. Attrapant la tête de son adversaire, Aerdris mit toute sa force pour plaquer le visage du bandit dans la boue.

La lutte fut âpre, et si le géant avait été sobre il n’y aurait eu aucune chance pour qu’elle se termine ainsi, mais la chance était du côté des impériaux en ce jour et le serpent blanc parvint à maintenir la tête de son puissant ennemi dans la boue le forçant à reprendre son souffle, avalant de la boue par pelletée, le bandit se noya dans d’atroces souffrances. Epuisé, Aerdris se laissa tomber sur le sol, personne ne l’avait vu et cela était pour le mieux. Hilidor qui avait tout vu rejoignit la position de son supérieur et ils déplacèrent, difficilement, le corps pour qu’il ne soit pas visible depuis la sortie de l’auberge.

Le duo gagna, non sans avoir récupéré la lame perdue dans la lutte, alors enfin l’entrée du bâtiment et le contournèrent. Une porte arrière était bien présente mais fermée à clef. Hilidor força la porte et brisant la poignée et les deux pénétrèrent sans tarder à l’intérieur. Il s’y trouvait deux bandits complètement endormis affalés à une table, mais aucune autre présence. Aerdris et son acolyte égorgèrent rapidement et sans bruits les deux bandits et se dirigèrent vers les cuisines, d’où un bruit étrange provenait.

Faisant signe à son camarade de surveiller la pièce principale, Aerdris se dirigea à pas de loup de la cuisine et y trouva un vieux et maigre tavernier profondément entaillé et se vidant peu à peu de son sang, le bruit provenait d’une vieille femme qui gémissait à ses côtés, probablement sa femme. Un bandit tournait le dos à toute la scène et était occupé à compter des écus qui s’étalaient sur la table de cuisine.

Aerdris attrapa à nouveau sa lame et se dirigea vers le bandit …

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Merry Palend

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 16:57

"Je suis tellement bien" pensait la jeune femme s'étirant dans le lit. Elle n'avait aucunes envie de se lever et ses muscles courbaturés ne lui disaient pas le contraire. Comme à son habitude, Guéric ronflait bruyamment à côté d'elle. Elle fit parcourir lentement ses doigts le long de son torse, s'empressant de réveiller tendrement son compagnon. Grognon comme chaque matin, elle le frustra en se levant et en s'habillant.

Elle enfila son corset, attacha son baudrier, boucla la ceinture de son pantalon et enfin elle prit son arc et ses flèches. Réflexe ou toc, elle frotta sa jambe pour vérifier que le couteau de chasse ne s'était pas enfuis de son étuis. Un coup d'oeil par la fenêtre indiquait le début de la journée, il devait faire frais dehors à cette heure ci. L'ex soldat se le va à son tour et toisa Merry du regard quelques instants. Elle lui répondit d'un sourire et il retourna se coucher déçus.
Une fois en bas elle vit quelques personnes avachies sur les tables et certains encore debout tournèrent une tête fatiguée vers elle. Nulle trace de l'aubergiste, il devait dormir encore à cette heure ci.

Dehors la fraîcheur matinale cueillit violemment Merry. Elle ne savait pas trop ce qu'elle voulait faire mais le sommeil lui était insupportable ces derniers temps. Elle pensa à rejoindre Aulin dans son foin pour finalement jouer avec lui mais elle se refusa cette idée. Plus intéressant, les tentes des "protecteurs" du village. Elle s'approcha doucement de la plus proche à quelques pas d'une chaumière. Écoutant quelques secondes si quelqu'un était réveillé, elle n'entendis rien d'autres que le bruit de respirations régulières. Elle prit le risque de soulever le pan de tissus. quatre hommes dormaient à l'intérieur. Coffre de voyage au centre et plusieurs lames disposées tout autour. Une arbalète et quelques carreaux trainaient à côté d'un des bandits. Elle s'approcha doucement du plus proche et l'observa. Jeune, assez laids et les cheveux gras, l'exacte opposé de son compagnon, plus âgé, marqué par la vie mais avec des traits dur et terriblement séduisants. Merry ressortie ne trouvant rien à voler qui ne soit pas trop hors de portée. Elle continua son expédition dans le petit camp que formait le groupe de tente. Deux charrettes étaient au centre et deux paires de pieds dépassaient. En s'approchant elle eut un sursaut. Ils étaient mort, un homme et une femme avec un gamin entre les deux qu'elle n'avait pas vue à cause de sa petite taille. Ils étaient nus, dépouillés de tous bien. L'homme avait des marques de coups de fouets sur le torse et des taillades sur le visage. La femme était ensanglantée du bas ventre et avait en partie subit le même sort que son supposé mari. L'enfant quant à lui avait la gorge tranchée.

Ne voulant pas en voir plus elle rebroussa chemin et parti prestement du village. Elle ne s'enfonça pas trop profondément dans les bois. Prenant un petit sac de toile elle commença à cueillir différentes plantes, des arômes pour agrémenter leurs maigre pitance.
Une fois satisfaite elle continua à s'enfoncer encore un peu dans le bois. Oh, la chance lui souriait. Un Daim broutait innocemment l'herbe d'une clairière. Le ventre gargouillant de Merry lui rappela à quel point elle voulait abattre l'animal. Ni une ni deux elle jaugea la distance. Quarante pas environ. Il faudrait sortir l'arc et encocher la flèche sans faire le moindre bruit. abattre l'animal d'un seul trait serait l'idéal pour qu'il ne stress pas et ne rende pas sa viande trop ferme.

L'archère visa l'animal quelques secondes et le trait mortel parti se ficher dans le cou de l'animal tombant à l'a renverse et remuant ses pattes dans tous les sens. Merry sortie rapidement de sa cachette et finit l'animal de son couteau de chasse. Pas assez forte pour porter la dépouille de l'animal, elle mit une vingtaine de minutes à dépecer l'essentiel de la bête laissant le reste aux charognards. Son deuxième sac fut remplis de viande, il faudrait le laver ensuite, ça allait puait si on ne la séchait pas dans la journée. La chasseuse reprit le chemin du village.

En arrivant elle trouva un peu plus d'activité qu'au petit matin. Guéric était sûrement levé maintenant mais elle doutait sérieusement d'Aulin, sans un bon coup de pied au cul cet homme était une larve. Elle décida de s'amusait de lui, elle le réveillerait en frottant une part de viande bien saignante sur son visage, cela le forcerait à se laver une fois dans la semaine à ce sale homme.

Traversant le village, elle dévisagea quelques occupants du campement en se rappelant la famille assassinée mais ne s'attardant pas. Une fois dans la grange elle vit le tas de foin sans trouver Aulin. Une charrette était présente, elle pensa charger directement ses sacs dedans. En s'approchant elle vit un homme qui lui fit signe de ne pas interférer avec l'objet.

-"Pas un bruit, à terre et ne bouge plus" Aucunes émotions ne transpirait chez l'homme.

-"J'aurais dû vous tuer dans votre sommeil. Qu'as tu fais de mon ami ?" Elle ne perdait pas son sang froid. Mais elle imaginait déjà le trait se ficher dans sa gorge. Son visage ne laissait rien transparaître pour autant mais ses yeux n'étaient pas fixés sur l'homme mais sur la pointe de sa flèche.

"Il n'est pas mort, mais si vous désirez qu'il le soit résistez plus avant. Au sol maintenant et plus un mot" .

L'angle qu'avait l'homme lui donnait une possibilité de tir sur la charrette, à travers ses barreaux Merry voyait une forme inerte mais très probablement son compagnon. Si elle bougeait elle pouvait se prendre un trait ou bien il viserait son ami. Mais viser son ami le mettrait en danger et permettrait à Merry de se mettre à couvert et de dégainer son arc. Elle réfléchissait vite mais le temps semblait filer. Inconsciemment elle se baissait doucement. Aulin... Autant ce serait un villageois elle le laisserait mourir pour ne pas avoir la honte de s'être abaissée.. Mais elle ne pouvait pas être responsable de sa mort. sans dire mot elle posa un genoux à terre. Lâcha les deux sacs d'herbes et de viande. Doucement elle leva ses mains et posa son arc et ses flèches devant elle.

-" Et maintenant ?" demanda t'elle honteuse.

Pendant ce temps. Guéric c'était levé en découvrant avec surprise l'absence de Merry. Il fit sa toilette et descendit. L'homme trouva deux hommes morts sur leurs tables le sang s'étant répandu le long des pieds de table.
Un autre homme était présent, debout et avait remarqué sa présence. Un peu nigaud Guéric lui parla.

-" Vous n'avez rien monsieur ? Ces hommes semblaient louche depuis que nous sommes ici."

Guéric était un homme simple, avec des besoins simple. Hier il avait vu des hommes qui ne lui plaisaient pas, et ils étaient mort, alors leur assassin était forcément son allié providentiel.

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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 22:15

Quelques heures plus tôt.

« J’te le dit. Tous ces idiots misent sur le mauvais poulain. » L’aubergiste était particulièrement joyeux, il était persuadé d’avoir tout compris, vu le monde mieux que tous les autres. L’empire avait toujours était une bonne chose, avec elle la sécurité, l’ordre et tout le tatouin. Alors oui les dîmes étaient plus élevées, mais les rois de Haut Le Fort avait toujours étaient des incapables, et ils en faisaient rien de tout cet or, l’empire lui c’était quelque chose.

Les autres du village n’avaient compris cette réalité-là, non de la nation libre par-ci, du règne légitime par-là, comme si les nobles étaient si différents. Non l’aubergiste avait compris que le véritable intérêt c’était l’empire aussi il avait toujours soutenu les petits gars blancs, dénoncer quelques paysans calomnieux, se débarrasser d’une concurrence inutile. Et voilà que tout ce qu’il avait toujours pensé se réalisait. Les bandits avaient fondu sur le village désemparé comme des foutues sauterelles, l’empire il n’y avait vraiment que ça de bon.

« Ah mais non ces abrutis ne veulent plus de la protection, ils payent ces crapules. Une bande de foutus idiots. Qu’ils crèvent tous. »

Ils allaient voir cette bande de traitres lorsque les hommes du fort allaient venir. Oui ils allaient voir. Le regarder de haut, lui celui qui sauvait la vie à ce foutu bled. Il payerait la dîme et les autres n’auraient que ce qu’ils méritent.

Soudain la porte s’ouvrit en grand laissant entre quatre individus particulièrement louches. Encore ces bandits imbéciles.

« J’ai déjà dit que je ne paierais pas. Consommez ou foutez le camp. »

Les bandits ricanèrent et continuèrent leur chemin pour venir s’assoir à la table du fond, juste à côté de la porte de derrière. L’un des quatre était une véritable armoire et semblait empli d’une haine viscérale, son visage idiot ne laissait pas le moindre doute sur sa bestialité. Mais ce ne fut pas l’abruti colossal qui retint l’attention de l’aubergiste mais l’un de ses amis qui se ficha droit devant lui pour le scruter, toujours avec ce petit sourire en coin.

« Ce n’est pas un souci, tu ne payes pas, tu fais ton choix. Sers nous de la bière, nous avons beaucoup d’argent à dépenser, si tu vois ce que je veux dire. »

Le face à face dura quelques minutes, presque infinies, puis l’aubergiste céda enfin. Le propriétaire des lieux se détourna de la misérable crapule qui se croyait si terrifiante. Et puis cela ne le dérangeait nullement de prendre l’argent des autres idiots du village. Mais à peine eu-t-il cesser de faire face à son interlocuteur qu’il se prit un violent coup sur la tête. Sombrant dans l’inconscience, l’aubergiste n’eut pas le temps de se maudire.

« M’dame, maintenant il serait peut-être temps de nous servir, non ? » Le bandit jaugea la femme assez âgée pour être sa mère, « T’es p’tètre plus toute fraiche, mais certains n’ont rien pour s’occuper, alors t’ferais bien de t’dépécher. »

La femme s’empressa d’agir, non sans gémir et pleurer, elle était terrorisée mais encore capable de comprendre la dangerosité de la situation.

« Fsons la fête les amis, c’est l’vieux qui paye. » Et le quatuor éclata de rire.

***

« Bordel, il a vraiment plein d’fric l’vieux. Les autres n’auront rien, hé ils n’avaient qu’à travailler. Bordel je suis riche, héhé. »

Aerdris n’éprouvait que du mépris pour l’idiot qui lui tournait le dos, et pas la moindre once de pitié pour ce qu’il allait faire. Le serpent blanc attrapa vigoureusement sa victime et plaça habilement sa lame contre la gorge.

« Pas un bruit. Le moindre son sort de ta bouche sans que je le demande tu tapisseras le mur de ton sang. Me suis-je bien fait comprendre ? »

Une pression suffit à faire comprendre au bandit qu’il pouvait parler.

« Ou … Oui  … M’sir. J’suis à votre service. »

La lame se rapprocha encore de la gorge, faisant perler quelques gouttes de sang, ce qui figea encore un peu plus le scélérat qui ne souriait plus du tout.

« Tu vas répondre clairement et simplement à mes questions. Le moindre doute que je ressens, tu meurs. » Léger silence pour que l’idiot assimile les ordres. « Combien êtes-vous ? Ou est votre chef ? Qui êtes–vous ? »

La pression diminua et la lame laissa plus d’espace pour respirer.

« Euh, oui oui. N’sommes une p’tite d’zaine, hum,  plus p’tètre quelques autres. Mais pas plus, non non. L’chef c’est Boss, un ancien d’la noblesse. Le seigneur d’un ch’teaux. Nous on était des roturiers, mais ch’teaux il a brûlé par le monstre. L’gros avec des ailes. »

Tout était plus clair, un noble ayant perdu ses terres et cherchant de nouvelles victimes. D’un fin mouvement de main, Aerdris se débarrassa définitivement du problème du bandit, qui s’effondra dans une gerbe de sang. Mais alors que l’impérial s’apprêtait à retourner en arrière une voix s’éleva subitement.


« Vous n'avez rien monsieur ? Ces hommes semblaient louches depuis que nous sommes ici. »

Quel était donc cet individu particulièrement étrange qui venait de surgir. Délaissant l’aubergiste et sa femme, Aerdris regagna la sortie pour trouver Hilidor faire face à un homme d’un certain âge, et au visage ne brillant pas par son intelligence. L’impérial se tourna d’abord vers son compagnon.

« Dans l’autre pièce, il y a une quantité non négligeable d’or. Récupères en une partie. » Il posa sa main sur l’épaule du soldat. « Mais laisse en une partie, nous ne sommes pas des voleurs. » Hilidor acquiesça et partir accomplir sa tâche. S’intéressant enfin à l’homme mystérieux Aerdris fixa son interlocuteur et prit une voix doucereuse. Allant de pair avec son large sourire cela fit son petit effet.

« Ces scélérats n’étaient que de vulgaires bandits. Nous avons jugé opportun de venir porter secours à nos concitoyens. Heureux que vous soyez sain et sauf. Malheureusement nous ne sommes pas encore en sécurité, et nous aurions besoin de votre aide, pouvons-nous compter sur vous ? »

L’individu n’avait pas l’air particulièrement doué avec les mots, ou les complications aussi resta-t-il quelques secondes silencieuses, puis après quelques secondes à regarder le sang s’écouler du corps des deux bandits, l’homme vit son visage s’éclairer comme s’il venait de trouver une idée particulièrement bonne.

« Je vous suis. Il faut retrouver Merry, et Aulin, ils sont peut-être en danger. »

La cause était entendue, Aerdris attendit qu’Hilidor en finisse avec sa mission. Une fois prêt le trio quitta discrètement l’auberge par la même entrée qu’ils avaient empruntée. Ils gagnèrent sans peine la grange servant de point de ralliement et y pénétrèrent sans prendre le temps de vérifier les lieux.

Ils tombèrent alors directement sur une scène qu’ils n’avaient pas prévue. Une jeune femme se tenait face contre terre, tenue en joug par Alvas. Le jeune homme ligoté dans la charrette s’était réveillé et tentait de se défaire de ses liens. Aerdris réagit immédiatement et dégaina son katana qu’il plaça contre le dos de l’homme âgé les accompagnants.

« Alvas, est-ce que tout est sous contrôle ? Hilidor occupe-toi de la femme. Mais qui sont-ils, ces idiots ? »

Envoyant l’homme inconnu rejoindre la jeune femme sur le sol, Aerdris se demandait quoi faire de cette petite troupe étrange. Étaient-ils ces Merry et Aulin ? Il restait à savoir qui ils étaient et cce qu’ils faisaient là, et potentiellement s’en débarrasser …

« Qui diable êtes-vous ? »

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 22:41

La jeune femme fut soulagée en comprenant que Guéric venait d'arriver mais elle n'avait pas encore jugée la nouvelle situation. Tenue par la force d'un nouvel individu, elle se releva. L'archer ne se détendit pas d'un pouce. Par la déesse elle mourrait d'envie de lui crever les yeux. Merry était terriblement nerveuse et tentait d'analyser rapidement la situation. Ce n'était pas des bandits, ou alors ils avaient un passé professionnel bien développé. L'archer n'oscillant pas avait l'air d'attendre un signe de l'homme en tête de cortège. Les autres se taisaient poliment.

Rapidement elle émit l'hypothèse que ces hommes étaient les chiens d'impériaux. Ils ne valaient guère mieux que ces brigands à piller "honnêtement" nos contrées.

-" Je peux me relever seule." Crachat-elle au visage du dénommé Hilidor.

L'homme lui faisant face était armé, tous ces compagnons l'étaient aussi d'ailleurs. Un instant elle voulue porter sa main à son couteau mais c'était ridicule, une flèche dans le dos faisait rarement du bien. Il n'y avait que la discussion pour se sortir de ce mauvais pas. Reprenant un ton plus posé mais non dénué de ressentis elle s'exprima de manière à être audible par tous.

-" Qui diable êtes-vous ? Je vous retourne la question. Nous sommes de simples chasseurs. Constatez mon sac de viande si vous le voulez. Que venez vous faire ici hormis braquer d'honnêtes gens ? "

Au même moment, à force de manoeuvre toujours plus étrange avec sa mâchoire et sa langue, Aulin réussit à se défaire de son entrave buccale.

-" Par tous les dieux ! Je parle !" Instantanément il fut repris pour cible par l'archer et il se tut à nouveau comprenant à présent la situation.

Merry restait stoïque et fixait le regard de l'homme au sabre. Elle lui briserait bien le crâne. Même le meilleur des guerriers ne valait pas grand chose contre une flèche entre les deux yeux. Et cette sensation que les impériaux dont elle avait entendue parler, c'était eux... lui donnait encore plus d'envie de meurtres mais elle se contint. Elle n'avait qu'a faire de pas pour se suicider dans la cas contraire.
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 23:21

Hilidor comprenant mal les ordres de son supérieur se dirigea vers la jeune femme et tenta de l'aider à se relever. Étrange qu'il n'eut pas pensé à la ligoter, mais qu'importe il n'y avait pour ainsi dire aucune chance qu'elle puisse faire quelque chose de dangereux. Par contre, même si elle était soumise à une menace palpable elle ne se laissait pas faire.

" Qui diable êtes-vous ? Je vous retourne la question. Nous sommes de simples chasseurs. Constatez mon sac de viande si vous le voulez. Que venez vous faire ici hormis braquer d'honnêtes gens ? "

D'honnête gens, l'humour était presque capable de faire rire Aerdris, qui arborait toujours son large sourire. Il n'était pas question de jugement de valeur, ni de se défendre d'une quelconque accusation, la jeune femme ne semblait pas avoir conscience dans quel pétrin elle se trouvait. Mais l'impérial n'eut pas le temps de répondre avant que l'homme ligoté de la charrette ne parvienne finalement à se libérer la bouche du bâillon.

" Par tous les dieux ! Je parle !"

Une intervention des plus intéressante. La petite troupe semblait particulièrement inintéressante, et Aerdris n'aurait pas prêté plus attention à ce trio sans la présence de la jeune femme bravache. Elle lui rappelait étrangement une autre personne, son amante qu'il avait abandonné quelques années auparavant. Ce même air rebelle, cette même haine dans le regard, bien qu'elle soit bien moins belle.

"Je déteste que l'on ne réponde pas à mes questions. C'est une manie bien désagréable que ... d'honnêtes gens n'usent guère."
Les paupières closes, Aerdris se rapprocha de la jeune jusqu'à se placer extrêmement près d'elle. "Mais je suis quelqu'un qui respecte ses congénères. Aussi je vais passer outre cette extrême impolitesse et me présenter en premier."

Aerdris entrouvrit les yeux laissa apparaître deux billes d'un bleu pur et envoutant.

"Je suis le sergent Aerdris Daedran, représentant de l'empire, Du moins ce qu'il en reste, et porte parole de Ser Fleurian." L'impérial fixait la femme droit dans les yeux sans ciller. "Enfin c'est ce que je suis censé être." Les paupières se refermèrent et l'impérial s'éloigna rapidement pour se placer dos à la jeune femme, et face au prisonnier de la charrette.

"En vérité, je ne suis plus rien. Si vous voyiez des impériaux, personnellement je vois des survivants. Je ne suis désormais plus qu'un mercenaire, et j'ai une mission, simple et clair. je dois débarrasser ces terres de la racaille qui l'habite. Nous avons déjà commencé l'épuration, mais l'ennemi nous a surpris en s'installant si près du village."


Aucune attaque ne vint, étrangement Aerdris fut surpris. L'impérial se retourna pour faire face à nouveau à son interlocutrice.

"Jugez nous comme vous le désirez, en attendant tout impériaux que nous sommes nous allons protéger ces terres et nous occuper de ces bandits."
Les paupières se rouvrirent. "Dites nous maintenant pourquoi nous aurions intérêt à ne pas vous faire taire ?"

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 15 Sep - 23:57

La jeune femme n'avait quitté du regard l'impérial et ne réagissait pas à ses propos. Pourtant lorsqu'il eut terminée elle s'en retrouva sidérée. C'était bien un soldat, dur de la feuille. Et protéger quoi... Il n'y a personne à protéger sauf nos amis. Tout le monde représente un danger potentiel. On dirait que ces hommes n'avaient pas bien compris ce qu'il était advenus de notre monde. Les capitales étaient des terriers de meurtriers, les routes étaient des coupes-gorges et les villages des proies faciles pour des groupes organisés. Elle réfléchit encore un peu... il se disait donc mercenaire. Certes, mais pourquoi travailler pour un Sir. Elle ne connaissait pas personnellement ce "sir" mais son nom était sortis quelques fois de la bouche des paysans.

Merry répondue sur un ton plus doux, seulement destiné au sergent.

-" Je vous l'ai dis, nous chassons pour manger le soir. a moins que cela soit un crime de se nourrir et de commercer un peu." Malade dans cette situation. La jeune femme poussa une toux qui partie bien vite avant de reprendre.

-" Les honnêtes gens ne posent pas de questions en menaçant leurs interlocuteurs. Si vous connaissez ces principes de civilités, alors nous pourrions discuter entre honnête gens. Je n'ai pas souvenir que l'on apprenait à tuer des civils à l'académie d'Olfren."

Guéric n'était pas un brillant homme mais il n'était pas non plus complètement débile et il comprit enfin que la situation tenait à rien. La tête tournée vers elle il laissa échapper son nom désemparé.

-"Merry..."

Décidément, elle ne comprenait pas la vision des choses du sergent. Comme on dit, vivre et laisser vivre non ? Si nous avions montrés un quelconque signe d’agressivité, ce n'était que de l'auto-défense face aux actes des hommes du froid guerrier.

Pendant ce temps.

-" MERDE ! Les gars. Venez voir ça ! Olenor, un des chefs brigand venait de trouver ses hommes morts dans la taverne. En ressortant avec ses hommes il vit des traces de luttes dans la boue et une multitude de traces de pas menaient vers la grange. Il appela six hommes à lui et se dirigea vers le bâtiment. A porté de vue il aperçus les hommes en armes dont il savait qu'ils n'étaient pas avec lui. Fou de rage en repensant à ses pertes dont son neveu il beugla un "-" Crevez-les !" qui alerta tout le monde.

Lui plus six hommes chargèrent. A l'exception de deux hommes, ils étaient tous équipés d'une armure de cuir et d'épée courtes. Les deux autres soulevaient deux lourdes épées longues. Ces deux là n'avaient rien de brigands, ils s'étaient retrouvés avec eux par simple besoin de survie mais c'était d'excellents combattants. Les deux hommes étaient des anciens lutteurs de l'arène de Haut-le-Fort et ils avaient survécus à dix ans de tournois chacun. Aujourd'hui ils mettaient leur gloire passée au service d'un combat immoral avec plus d'une trentaine d'année dans les pattes chacun.
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mer 16 Sep - 12:46

" Je vous l'ai dit, nous chassons pour manger le soir. À moins que cela soit un crime de se nourrir et de commercer un peu."

La jeune femme était étonnement naïve, ou n’avait réellement pas compris la dangerosité de la situation. Aerdris commençait sincèrement à penser tuer les trois compères pour se débarrasser définitivement de tout danger, ils ne seraient pas une grande perte, et garderaient à tout jamais le silence. Et puis cette discussion ne menait à rien.

" Les honnêtes gens ne posent pas de questions en menaçant leurs interlocuteurs. Si vous connaissez ces principes de civilités, alors nous pourrions discuter entre honnête gens. Je n'ai pas souvenir que l'on apprenait à tuer des civils à l'académie d'Olfren."

Quelle réponse surprenante, la femme connaissait l’académie D’Olfren, étonnante connaissance pour une simple chasseuse. Mais au final cela ne changeait rien, hormis perdre encore plus de temps en discussions inutiles. Toutefois quelque chose poussa Aerdris à répondre.

« Je n’ai jamais été à l’académie d’Olfren mais il doit être évident que vous vous y connaissez bien mieux que moi dans l’entraînement des soldats impériaux, comme tous les simples chasseurs de Haut le Fort je suppose. » L’ironie était claire.

« De plus les principes et commandements de l’ancien temps ne sont plus d’actualité. Notre mission ici est bien plus importante que toute volonté d’être simplement d’honnêtes gens. Ces bandits torturent et volent les gens de ce village, l’aubergiste en a déjà fait les frais, et il est hors de question qu’une seule autre personne subisse la même.


Si je suis obligé de vous faire taire pour m’assurer la réussite de cette mission et sauver les gens de ce village alors je n’aurais aucune hésitation, que cela soit ou non dans votre vision de l’acceptable. »

Soudain une idée traversa l’esprit de l’escrimeur, la petite troupe pouvait être utile. Mais il n’eut pas le temps d’en soumettre la possibilité que déjà une voix grave surgisse des ténèbres.

" MERDE ! Les gars. Venez voir ça !"

Ainsi la situation changeait drastiquement. Les bandits avaient donc décidé qu’il n’était plus l’heure de se dormir, et ils semblaient avoir découvert quelque chose de véritablement néfaste, sûrement l’un des corps. Tout venait de changer du tout au tout. Les autres cris ne laissèrent aucuns doutes, les bandits avaient compris ou ils se cachaient, chose pas si compliquée étant donné les traces des moins discrètes qui devaient y avoir.

« Bien nous avons deux choix maintenant, prendre la fuite et vous laisser là subir le courroux de ces animaux. Ou bien nous mettons de côté toutes ces énergies négatives et débarrassons le village des parasites qui s’y trouvent. Que choisissez-vous ? »

Aerdris avait déjà son katana de dégainé et il était largement prêt à se battre, il avait déjà suffisamment récupéré de la lutte contre le géant, il avait hâte de se servir de sa lame pour cette fois. Mais la fuite n’était pas une mauvaise idée non plus, ils étaient au mieux six contre possiblement une dizaine d’adversaires.

L’impérial se retourna vers le jeune homme encore ligoté dans la charrette et sectionna les liens. Il était maintenant à la jeune femme de prendre sa décision, et vite.

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Dernière édition par Aerdris Daedran le Jeu 17 Sep - 10:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Jeu 17 Sep - 0:51

Elle allait exploser. Elle allait vraiment exploser si il continuait à lui parler comme ça. Le bruit provoqué par les brigands fut une délivrance. Cette délivrance, Aulin s'en accommodat lorsque ses liens furent coupés.
L'homme finit par la laisser faire un choix. C'était étonnant vu ce qu'il montrait de lui jusqu'ici.

-" Fuir ! Non ce n'est pas possible. Il n'y a pas de chevaux prêt pour le chariot et ils sont là dans deux secondes ! On se bat !"

Merry dégaina son couteau de chasse et le lança à Aulin qui n'avait pas d'armes. Elle en profita pour ramasser son arc à terre et prit une flèche dans le carquois au sol qu'elle encocha immédiatement. Les hommes du sergent étaient prêts à encaisser la charge et il y avait assez d'espace pour tirer entre eux. Ce qu'elle fit. Le trait fila droit et il vint se planter dans le torse du premier assaillant poursuivant encore son assaut tout en perdant de la vitesse et de la motivation. Guéric dégaina son arme et se plaça au côté des soldats.

Les premiers brigands tombèrent facilement contre la brutalité de son ami et l'expertise des Impériaux. Ce n'était que de la piétaille. Malgré tout, deux hommes bien armés étaient arrivés au corps à corps avec les défenseurs. Ils portaient tous deux une épée à deux mains et le bruit de l'acier s'entre choquant se fit entendre. Au même moment une flèche vint se planter dans l'une des poutres de l'entrée. Le tireur tomba presque instantanément sous le trait de l'impérial à l'étage. Encore trois hommes étaient au loin et visaient la compagnie.
Merry attrapa son carquois à la volée et monta l'échelle pour rejoindre l'autre tireur tout en faisant tomber trois flèches.
Les deux guerriers maintenant appuyés de tireurs prirent un avantage de confiance et ils se savaient soutenus. Trois hommes supplémentaires arrivèrent et s'éparpillèrent autour de la grange avec des torches et des jarres. Il ne fallut que quelques secondes à l'huile pour prendre feu. La grange commençait à s'embraser de l'extérieur. La chaleur n'était pas encore perceptible dans l'enceinte du bâtiment. La lame de l'un des guerriers glissa sur la parade de Guéric qui se fit tailler l'épaule. au même moment deux des trois pyromanes rejoignirent l'entrée et prêtaient main forte à leurs alliés de qualité.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Jeu 17 Sep - 17:02

" Fuir ! Non ce n'est pas possible. Il n'y a pas de chevaux prêt pour le chariot et ils sont là dans deux secondes ! On se bat !"

Enfin. Enfin la jeune femme choisissait d'agir logiquement et non comme une adolescente en pleine rébellion contre l'autorité. Il était tellement plus d'actualité de maintenir cette haine envers l'empire ou ses anciens représentants, tout avait changé, le dragon avait balayé cette réalité.

Bon après il n'était pas non plus totalement incompréhensible que la femme haïsse les anciens dirigeants, mais les simples soldats ne portaient en eux aucun fardeau de ce qui était avant. Aerdris lui même avait balayé de son esprit toutes les erreurs, et horreurs qu'il avait réalisé, tout comme les points positifs. Le monde avait changé du tout au tout et la jeune devait l'accepter au lieu de se maintenir dans une posture de haine inutile.

Toutefois il n'était plus temps de pinailler ou de philosopher, les bandits venaient de pénétrer sans aucune gène dans la grange et déjà trois combattants fondaient sur la troupe temporairement unie. Aerdris, qui avait déjà dégainé son katana, intercepta un bandit équipé d'une hache. Plutôt massif, le combattant n'était pas très rapide mais portait des coups extrêmement puissant ... qui était aussi assez facile d'esquiver. L'ennemi, passablement enragé par le meurtre de ses petits camarades, frappait avec une rage et une constance admirable, mais idiote. Très vite le bandit ralentit et commença à haleter, il était fatigué dès le départ, une erreur de débutant. Alors seulement Aerdris porta son premier coup, qui perfora net la trachée adverse.

A peine le bandit s'effondra qu'un autre débarqua. Équipé d'une claymore, le bandit trahit son expérience nettement supérieure en quelques passes, il ne s'agissait plus du tout du même ennemi, celui-ci était mortellement dangereux. Il n'était pas non plus question de parer les frappes ennemies, le katana n'y résisterais pas longtemps. Aussi les deux ennemis se tournèrent autour, portant les coups avec rapidité, mais bien vite une évidence fit son apparition, le duel était difficilement gagnable par le combattant à la claymore, qui, même s'il avait une allonge bien supérieure, se fatiguait bien vite de par le poids de l'arme. Et l'impérial forçait son ennemi à porter d'incessantes attaques.

Mais l'ennemi n'était pas idiot, il avait des alliés, et supérieurs en nombre. Aussi usa-t-il de son avantage, avec logique, en laissant un allié s'adjoindre au combat. C'est alors que le serpent blanc remarqua l'état de son environnement, en effet la grange avait pris feu et menaçait assez logiquement de s'effondrer sur les combattants.  La situation était critique, il était évident que la troupe risquait de mourir de manière toute bête, mais très bien réalisée par les bandits. Aerdris ne pouvait se permettre de mourir maintenant, pas alors qu'il n'avait toujours pas trouvé le futur empereur qui ramènerait le calme et l'ordre sur le continent, non il fallait agir.

L'impérial courut très vite, et sans crier garde, vers le combattant à la claymore qui, surprit, n'eut guère le temps de réfléchir plus avant. Frappant pour décapiter son adversaire, le bandit y employa toute sa force. Aerdris fut plus réfléchit, et effectua une roulade évitant la lame avec agilité, et termina son mouvement d'un unique coup d'estoc qui perfora l'ennemi de part en part. Surpris, et agonisant, la brute s'effondra au sol, emportant la lame avec lui. Le second adversaire, qui avait porté secours à son allié peu de temps auparavant, profita de ce moment précis pour se jeter sur un impérial complètement à sa merci.

Guéric surgit alors et planta profondément sa lame dans le torse du bandit. Ce dernier, dérangé alors qu'il allait vaincre, fut prit d'une rage folle et frappa violemment l'homme au visage l'envoya rouler et sol. Aerdris se releva alors et frappa du plat de la main contre le manche de l'arme qui trônait encore là ou Guéric l'avait enfoncé auparavant. Envoyant Le bandit s'effondrer à son tour, l’impérial s'empressa alors de récupérer son arme encore enfoncée dans la victime précédente.

C'est alors que surgit un nouvel assaillant. Armé d'une torche et d'une épée, le bandit hurlait sa rage et chargea sans prendre le temps d'observer. Mais soudain, il tomba net, mort. Une flèche fichée en plein dans le dos, le bandit était mort sur le coup. C'est alors  que deux soldats en armure, impériale, surgirent à leur tour pour prendre les bandits à revers. Aerdris, soulagé de voir les renforts enfin sur place, récupéra sa lame et observa le reste du champ de bataille. La plupart des bandits étaient morts, mais certains avaient réussi à prendre la fuite, mais pas plus de deux ou trois. Guéric gémissait au sol, mais ne semblait pas mortellement touché, le mercenaire ashenvans gagna sa position et l'aida à se relever, il lui devait la vie alors ce geste n'était qu'un maigre retour.

"Il faut quitter la grange. Vite."

C'est en criant ça qu'Aerdris découvrit Hilidor, enfin ce qu'il lui était advenu. En effet le soldat gisait, gravement blessé au sol. Un violent coup lui avait ouvert le ventre et ses tripes s'étalait dans le foin. Le pauvre devait souffrir atrocement, et sans magiciens, il était condamné. Le serpent blanc se maudit intérieurement et gagna la position du courageux soldat.

"Mon frère, tu as vaillement accompli ton devoir. Tu es le premier à rejoindre l'empire, sache que j'honorerais ta mort, et ainsi j'accomplirais ta dernière volonté."

Hilirod souffrait mais réussit temporairement à reprendre le contrôle, il regarda son supérieur droit dans les yeux.

"Le gros Fleurian, ce noble porc ..., il n'est pas digne. Désormais je le sais, ... L'empire doit survivre, prends sa place." Un râle de souffrance le fit se cabrer, la grange l'accompagna d'un craquement menaçant. "J'ai tout perdu, femme, enfant, je n'ai aucune crainte dans la mort ... " Le reste ne fut qu'une série de râles et de mots incompréhensibles.

Aerdris attrapa sa lame, il était hors de question de laisser un homme aussi fidèle souffrir plus que de raison. D'un coup net, il enfonça la lame dans le cœur du soldat, qui s’éteignit alors paisiblement. De son côté, la grange était méchamment entamée et déjà de larges fissures apparaissaient tout le long de la bâtisse. Il était plus que temps de partir, aussi Aerdris quitta le bâtiment sans un regard en arrière, ce serait de belles funérailles pour un soldat de cette trempe.

Il ne fallut pas plus longtemps pour que la grange s'effondre à son tour, ensevelissant tous les corps la jonchant. L'impérial à la chevelure d'argent ne perdit pas plus de temps.

"Alvas, Léoclide et Edéus occupez vous des corps. Récupérez ce qui est utile et jetez dans les flammes ce qui reste. Homéric et Avéri, vous me suivez on va faire un tour au campement des bandits. Il y reste peut être de quoi nous intéresser."


Aerdris était profondément déçu, il désirait récupérer la charrette mais le feu l'avait emporté avec lui, une perte tragique. Toutefois il y avait encore largement des chances qu'une autre charrette soit utilisable dans le village. L'impérial se tourna alors vers les trois inconnus individus qui avaient survécu, même si Guéric était plutôt amoché.

"Je te remercie chasseur. Toutefois nous ne pouvons en reste là. J'aimerais en effet connaître le nom de l'homme qui m'a sauvé la vie. Et si possible rendre un service en retour. Que désires-tu ? Ton prix sera le mien."

L'homme d'une quarantaine d'année, n'était certes pas particulièrement intelligent mais ses compétences de combat n'était pas si mauvaises. Il pouvait trouver sa place aux côtés d'Aerdris.

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Merry Palend

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Jeu 17 Sep - 23:28

Le vacarme du combat se faisait à présent bien sentir en bas. L'archer du sergent jeta un oeil à la femme le temps de comprendre que c'était une alliée. Elle se plaqua contre la paroi et laissa tirer l'impérial. Elle prit sa place le temps qu'il encoche un nouveau trait. Les deux loupèrent leurs cibles qui étaient à une bonne soixantaine de pas. Les tireurs ennemis étaient la priorités. Manquant de coordinations, les deux se bousculèrent pour un nouveau tir mais un trait se fichant dans la paroi les calma et ils se mirent à couvert quelques secondes de plus. Un autre choc leur indiqua que l'arbalétrier avait tenté de prévoir leur réapparition à la fenêtre. L'impact avait été plus sec et plus violent, différenciant le projectile d'une flèche.

Les cris d'un brigand se firent entendre, le genre de cris qu'un homme peut pousser au moment de sa mort. Merry se montra à la fenêtre, elle ajusta son arc et tira. Le trait parti plus droit que prévus et se ficha dans la jambe de l'archer adverse. Même si les tireurs ennemis s'occupaient exclusivement ou presque de Merry et l'impérial, cela avait pour mérite de couvrir leurs hommes au corps à corps qui n'étaient pas pris pour cible pendant ce temps.
Un trait passa dans la cadre de la fenêtre et alla se ficher sur le mur du fond.
Tout s'enchaîna très vite lorsque les deux archers virent des flammes à travers les planches de la grange. Ils étaient bloqués en haut pour le moment, chacun tenta un dernier tir. Etrangement, les tireurs ennemis firent de même. Un drôle de hasard. Les flèches et carreaux se croisèrent. Trois personnes tombèrent. Le premier brigand avait reçu le tir de l'impérial en dessous des yeux, il était tombé raide mort. Le deuxième gisait au sol une flèche entre les deux poumons. Merry à moitié dissimulée lors du tir avait un carreau planté juste au dessus de l'aisselle. Sans avoir le temps de réagir. La paroi du mur s'effondra à cause du feu entrainant avec elle le promontoire où se tenaient les deux tireurs. Ils tombèrent dans une gerbe de débris bouillant. Au sol ils se débattaient vaillamment contre les poutres incandescentes. Ils restèrent assez de temps pour se voir infliger quelques brûlures légères. Le sergent donna rapidement quelques ordres. L'archer se nommait ainsi Alvas. La grange quant à elle été rapidement tombée après l'effondrement de la paroi.

Ce n'est qu'une fois ce petit moment de calme atteint que l'archère se rendit compte de sa blessure. La douleur se fit alors instantanément sentir. Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle n'avait jamais été blessée de cette manière. "Merde" pensa elle en regardant son état. Son arc avait tenu le choc, sa main l'avait tellement serré pendant la chute que ses doigts en souffraient. Son carquois été resté dans la grange en flamme... de si bonnes têtes perdues...
Aulin vint à elle. Il l'aida à se lever et sa mine se grisa en voyant le carreau.

-" Quelle saloperie. Je suis désolé, je n'ai pas su être utile..." s'excusa le garçon. Il est vrai que son implication dans le combat était douteuse, mais elle s'en fichait pour l'instant. C'était peut être un couard, mais il n'avait jamais été un combattant. Il était à l'instar de Guéric, un poète, un homme qui en temps normal sait séduire et raconter des histoires. Pas un guerrier malgré son désire de montrer qu'il était un homme.

-" Ce n'est pas grave, tu nous est utile ailleurs et ta compagnie sait être agréable. Je préfère que tu sois un lâche raconteur de bobards plutôt qu'un cadavre téméraire." Elle avait été plus froide qu'elle ne l'aurait voulu. C'était la mine de Guéric qui l'inquiétait, malgré son mauvais coup et son entaille à l'épaule il avait le visage clair et il prenait l'impérial à la bonne, elle le sentait d'ici qu'il avait envie d'offrir une bière au sergent.

Guéric regardait le sergent avec un air enjoué. Il était content de ce petit combat, l'ex soldat qu'il était jubilait au fond de lui.

-"Je suis Guéric l'ami ! Je n'ai pas combattu aux côté de bretteurs aussi talentueux que vous depuis au moins dix ans."Il eu un rire nigaud et reprit. -" Ahah ! Mon prix ! Je souhaiterai qu'il n'arrive plus rien au gamin et à la femme. Aulin a dû faire dans ses culottes !"

Au même moment Merry arrivait à hauteur des deux hommes pendant que les impériaux partaient explorer le camp des bandits.
-"Tout va bien Guéric ? Tu ressembles à un boeuf comme ça. Je te nettoierai tout ça plus tard. " dit-elle avant de se tourner vers le sergent. -"Je suis désolée pour votre homme."

Un corbeau de perdit pas de temps et alla se poser sur le cadavre de l'arbalétrier plus loin. Ce genre d'animal était répugnant. Il faudrait au moins entasser tout ça et épargner ce spectacle aux villageois.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Ven 18 Sep - 16:05

"Je suis Guéric l'ami ! Je n'ai pas combattu aux côté de bretteurs aussi talentueux que vous depuis au moins dix ans." Le visage de l’homme ne brillait pas par son intelligence, mais du sincérité attachante.. -" Ahah ! Mon prix ! Je souhaiterai qu'il n'arrive plus rien au gamin et à la femme. Aulin a dû faire dans ses culottes !"

Aerdris ne pouvait pas faire grand-chose pour rendre l’homme heureux et assurer que son rêve se réalise. Du moins pas si tout se déroulait comme il le supposait.

« Et bien enchanté Guéric. C’est un plaisir aussi que de combattre aux côtés d’un homme ayant tant de courage et qui soutien ses alliés. » C’était vrai, Guéric était un bretteur plutôt compétent, et sacrément doué pour couvrir les arrières de ses amis. « Tu aurais ta place dans une armée, et non ici à trainer pour chasser. »

C’est alors que la jeune femme, prénommée Merry, réapparut. Aerdris repéra immédiatement la flèche qui s’était fichée juste au-dessus de son aisselle. La blessure n’était pas mortelle mais pouvait vite gangréner et devenir nettement plus dangereuse.

« Tout soldat sait que son jour arrivera sur le terrain. Mais c’est toujours aussi bête de perdre un homme de talent, surtout maintenant que le monde a changé. » Aerdris s’approcha de la femme en rangeant son arme. « Il faut s’occuper rapidement de cette blessure. Vous ne trouverez toutefois pas un médecin de qualité ni un mage  dan ce trou perdu. »

Aerdris approcha ses mains et attendit un assentiment de Merry, qui se laissa, contre toute surprise, faire. L’impérial sentit tout de même qu’il n’avait pas l’amitié de la jeune femme, loin de là même. Le soldat argenté brisa la hampe de la flèche et sa tête. Puis attrapa un pansement qu’il tendit à Merry.

« Tant que vous ne pourrez voir quelqu’un de compétent il n’y a aucun intérêt à retirer la flèche. J’ai juste brisé les côtés pour qu’ils ne gênent pas les mouvements ou ne se prennent pas dans une branche. » Aerdris attrapa alors une petite gourde qu’il gardait attaché à sa ceinture. « Il faut désinfecter la plaie. Puis-je ? »

La jeune femme fixa son regard sur celui de son interlocuteur. Il n’y avait pas plus de questions à poser, elle faisait preuve d’un courage étonnant, et d’une volonté de fer. Aerdris porta donc la gourde jusqu’à la plaie et y versa de petites rasades d’un alcool particulièrement corsé. Il était traditionnel parmi l’armée impériale de conserver ces réserves d’alcool sur les champs de bataille.
Cela pouvait toujours servir, pour atténuer une douleur ou désinfecter une plaie.

« Mes hommes vont s’occuper des corps gisant par ici. Aussi il n’est plus utile que vous vous mettiez en danger. Je vais m’occuper personnellement des bandits restants. Leur chef n’étant pas sur place il doit encore se trouver dans les tentes ou avoir pris la fuite.


Si Guéric le veut il peut nous accompagner. Un guerrier en plus ne serait pas un mal. Est-ce que cela t’intéresse ? »

Aerdris regardait désormais l’homme qui hésitait largement. Son regard basculait rapidement entre la femme et l’impérial. Son esprit semblait analyser la part de plaisir qu’il pouvait gagner en fonction de sa réponse.

« Au fait. Je suis sincèrement désolé que la situation ait si mal tourné. Nous n’oublierons pas que vous avez combattu à nos côtés. Il est évident que vous éliminer aurait été une erreur. En espérant que tout soit oublié.


Maintenant je vais terminer de nettoyer le village. Ensuite je discuterais avec les habitants. Peut-être que mon intervention vous intéresserez, et vous ferez changer d’avis sur notre manière d’agir ou d’être. »

Aerdris avait déjà prévu ce qu’il allait faire après cette mission. Il avait une autre mission à accomplir, et rien ne pourrait l’empêcher de la réaliser. Sûrement pas un pathétique noble reconverti en chef bandit.

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Dim 20 Sep - 21:48

Guéric était enchanté et encore fiévreux du combat. D'autres pillards pouvaient arriver qu'il irait volontiers leur briser le crâne. L'archère n'avait pas entendus toute leur conversation mais le sergent semblait plus enclin à la communication à présent, tout comme elle. Elle ne le montrait pas mais elle était livide. La blessure ne l'inquièterait que dans quelques dizaines d'heures si elle ne trouvait aucunes solutions pour se guérir. Pour l'instant elle imaginer les douleurs qui s'approchaient en même temps que le bras du sergent. Lorsqu'il brisa la hampe elle se mordit la langue presque au sang pour ne laisser rien paraître. Ce n'était pas la première fois qu'elle était taillée dans sa chair, mais cela restait une épreuve à chaque occasion.

Merry ne disait plus rien et laissait faire l'homme qui semblait avoir l'habitude des blessures de combats. Rien d'étonnant cela dit. Guéric était aussi compétent que lui, il l'avait déjà aidée mais pour cette fois, elle sentait un poil plus de professionnalisme dans les gestes de l'impérial et cela était rassurant. L'alcool était brûlant et la femme n'osait plus bouger le bras, sentant que cela aggravait les picotements inévitables. Sa main se serrait et se desserrait frénétiquement.

Rapidement l'impérial fit part de son désirs d'éléminer les survivants. Guéric me regarda avec une expression nouvelle. Un petit sourire lui suffit à comprendre que je n'allais pas mourir dans la minute et qu'il pouvait aller se tâcher un peu plus de sang humain si il le voulait. Il répondit avec entrain à l'impérial et se dirigea dans la même direction que les autres soldats en empoignant avec envie le pommeau de son épée.

la jeune femme se concentra sur les mots de son interlocuteur.

-" Tout est oublié... Non on ne peut pas dire ça. Vous n'êtes plus un ennemi, mais... Rha non, laissez moi du temps. Je ne sais pas comment vous faites pour changer aussi vite d'émotions vous autres. Tout oublié... et puis quoi encore. Comme elle l'avait dit, elle avait besoin de temps, au moins une petite nuit, le lendemain serait un nouveau jour avec de nouvelles idées. Cette nuit là était bien loin quand le soleil n'avait même pas atteint son zénith encore.

-" Finissez ce que vous avez à faire. Je vais rassembler mes affaires dans à l'auberge. Je vous écouterais quand vous serez libre. Aerdris c'est ça ? Cette courtoisie est préférable à la menace d'une flèche." finit-elle un petit sourire aux lèvres avant d'entamer sa route vers la taverne. Aulin s'empressa de lui emboîter le pas.

La taverne offrit le spectacle de deux cadavres supplémentaires à Merry qui ne les avaient pas encore vus. Elle n'en fit pas cas et monta directement dans sa chambre ou elle se posa quelques secondes sur le lit. Après un moment de réfléxion elle se leva et emballa les affaires qu'elle avait rangée dans une commode. Le tout rentrait facilement dans un petit sac de toile. D'ailleurs, elle repensa qu'elle avait perdu son stock d'herbes et de viandes dans l'incendie... Elle avait besoin de l'aide de l'impérial. Ils ne pouvaient pas voyager seuls sans ses talents d'archères et avec un Guéric fatigué par le combat du jour. Aulin ne comptait pas comme un combattant. Les routes étaient trop dangereuse pour trois personnes avec une capacité défensive si basse.
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Lun 21 Sep - 21:45

" Tout est oublié... Non on ne peut pas dire ça. Vous n'êtes plus un ennemi, mais... Rha non, laissez-moi du temps. Je ne sais pas comment vous faites pour changer aussi vite d'émotions vous autres.

Aerdrais était fidèle à lui-même, seul un large et inusable sourire animait son visage.  La jeune femme semblait avoir du mal à pardonner, à passer à autre chose. Ce devait être profondément handicapant dans ce nouveau monde. Pourtant l’impérial n’arrivait pas à lui en vouloir, ni à la juger, malgré tout elle lui était étrangement sympathique, encore ce rapprochement douteux avec la femme qu’il avait abandonné.

« Je ne change pas. Il n’y a jamais rien eu contre vous depuis le départ, je ne réagissais qu’en prévision d’une possible menace. Aussi j’espère que cela sera finalement et définitivement oublié. Je n’ai aucun intérêt à me garder une rancune tenace avec les habitants de la région. »

Le serpent blanc espérait que tout cela se tasserait de lui-même. Il avait d’autres chats à fouetter que de combattre tous les rancuniers du coin à cause de son origine ou de sa volonté de ramener le calme et l’ordre.

-" Finissez ce que vous avez à faire. Je vais rassembler mes affaires dans à l'auberge. Je vous écouterais quand vous serez libre. Aerdris c'est ça ? Cette courtoisie est préférable à la menace d'une flèche."

Ainsi la situation semblait redevenir saine pour tous, enfin particulièrement pour les trois chasseurs. Il aurait été idiot de laisser partir trois individus montrant une haine tenace à leur encontre.

« C’est cela même. Aerdris Daedran, roturier de son état et soldat de l’armée impériale. Enfin ce qu’il en reste. Nous vous laissons vous préparer, nous avons encore du travail. Guéric tu deviens membre honoraire de la troupe, je te laisse la charge de me couvrir.


Homéric tu couvres le flanc gauche, Avéri nos arrières. Les autres, vous avez vos ordres. En avant. »

La troupe se ressera et parti sans perdre une seconde de plus pour le campement des bandits. La marche ne dura pas plus de trois minutes, et ils arrivèrent sur place sans être plus embêté. Pourtant quelque chose allait se passer, il semblait que le village dans son entièreté avait eu le temps de se regrouper devant une tente, largement plus massive que les autres. Des pleurs et des disputes éclataient et une bagarre pouvait dégénérer à tout moment.

Heureusement l’arrivée de plusieurs soldats en armure impériale calmant immédiatement la foule qui ne se dispersa pas pour autant. Les visages des villageois étaient durs et emplis de colère, pour certains, ou exprimaient la peur, pour d’autre. Pourtant ils restèrent là, stoïques. Ils semblaient attendre quelque chose. Soudain une voix s’éleva, un horrible accent noble de Haut le Fort, raisonna et un individu svelte et richement vêtu apparut.

« Je vous le dis, gueux. Votre argent vous achète la protection que ma glorieuse personne peut offrir. Mes … hum troupes, sont là et protèges vos propriétés de la roublardise impériale. Ces scélérats ne seront aucunement une menace tant que nous garderons ces terres. Je suis catégorique.


Cessez donc de m’importuner et allez agiter vos chausses puantes plus loin. Cette odeur m’indispose et diminue mon envie de protéger vos pathétiques personnes.»

La voix était insupportable et puait la supériorité et le mépris.  Aerdris ressentit d’instinct une joie puissante à l’idée de mettre à mort cet immonde personnage. Puis le noble aperçut enfin la troupe qui se trouvait toute proche de sa « personne », sans doute aidé par le silence pesant et les mines entièrement tournée vers les nouveaux arrivants.

« Mais qu’est-ce donc que cela. Mes hommes auraient-ils laissé passer une meute de vermines. Scélérats, ces terres ne sont plus la propriété de l’empire. Ce dernier n’existant plus, je me suis porté garant comme protecteur de ces terres.


Si vous daignez vous agenouiller devant ma sérénissime personne, je serais peut être assez bon prince pour ne pas demander vos têtes. Mais que faites-vous ? Ne posez pas vos sales mains sur ma personne, gueux vous désirez réellement la mort. Vous paierez cette vilenie.

Vous ne savez pas qui je suis. Léopold Archibald De vigéris seigneur des terres frontalières et baronnet du bon roi de Haut le Fort. Vous n’êtes rien. Vous m’entend… »

Il n’eut pas le temps de prononcer un mot de plus. Sa voix insupportable avait déjà atteint le seuil de tolérance chez Aerdris qui décida de la lui ôter de la manière la plus définitive qui soit.  La lame perfora le cœur du noble qui eut tout de même le temps de cracher son lot de sang. Ainsi mourut l’individu au nom exagérément long, et sa misérable existence.

Les paysans n’eurent pas le moindre geste pour sauver l’idiot, toutefois ils resserrèrent les liens et firent face sans céder un pouce de terrain. La situatio n’était pas réglé avec la mort de l’imbécile commandant des bandits.

« Restez ici, je rentre dans la tente. Ne poussez pas la foule à agir, nous n’aurions aucune chance. Guéric, détache la famille morte, avec douceur. »

Aerdris entra sans perdre un instant dans la tente et y découvrit ce qu’il en attendait. Le noble logeait dans le luxe. Un large lit prenait la majorité de l’espace et deux jeunes femmes qui attendaient servilement. Elles étaient attachées et portaient encore les stigmates de coups, anciens et plus récents. Le soldat approcha d’elles et découpa leurs liens, de simples cordes.

« Vous êtes libres. Mais avant je veux savoir, ou le noble cachait-il sa fortune ? »

L’une des deux jeunes femmes tomba à genoux et se mit à sangloter, la seconde posa son regard sans ciller dans celui de l’homme à la chevelure d’argent. Aerdris remarqua alors seulement que la femme était une citoyenne d’Ashenwall.

« Je suis heureuse de trouver un autre soldat. Je suis le sergent Celeng. Membre de la troisième cohorte de pacification. J’étais stationné à Haut le Fort. »

Si l’impérial était surpris de trouver une impériale esclave, qui plus es plus gradée que lui, d’un noble fou, il n’en montra rien. Il était toujours intéressant de gonfler les rangs de la troupe réduite.

« Enchanté sergent. Je suis Aerdris Daedran, membre de l’armée impérial de la neuvième cohorte de pacification en stationnement à Ellès. Je suis ici mandé par un survivant de la noblesse impériale. Il serait glorieux que vous rejoignez l’expédition. Mais il est important de mettre la main sur la fortune du noble auparavant. »

La femme resta quelques instants silencieurs puis montra finalement une armoire qui se trouvait juste à côté du massif lit. Aerdris remercia l’impériale et gagna le meuble. En ouvrant le deuxième tiroir, le serpent blanc y trouva un coffre de taille respectable, une fois ouvert une fortune conséquente s’y révéla.

« Quelle quantité provient de ce village ? Il semble évident que des paysans ne peuvent avoir amassés une telle fortune. »

L’impériale resta encore silencieuse quelques instants qui s’éternisèrent. Finalement des voix commencèrent à s’élever au dehors. La femme comprit alors que le temps pressait.

« Pas plus du tiers de la fortune. Sûrement moins. Il dépouillait les habitants de toute leur richesse, il y a là toutes les économies de maints familles. »

Aerdris n’avait pas besoin d’en apprendre plus, aussi il ne perdit pas de temps et regagna l’extérieur. Il y trouva Guéric occupait à transporter le corps sans vie d’un enfant, celui de la famille exécuté, sûrement pour l’exemple. Une vieille femme lui apportait son aide, sous les mécontentements évidents de la foule.

L’impérial apparut alors devant la foule, tout en cachant l’intérieur du coffre à la foule. Ainsi équipé, Aerdris capta l’attention de tout le village. Le silence se fit naturellement.

« J’ai ici l’ensemble des biens que ces bandits ont extorqué au village. » La foule garda le silence mais la colère grondait. « Il est évident, que vous avez payé ces malandrins pour vous esquivez à la dîme, légitime que l’empire demande à ces terres. Vous avez tenté de vous éloigner de la glorieuse parole impériale, et à votre devoir le plus élémentaire.


Pourtant il est aussi évident, que le représentant impérial a outrepassé ses droits et a bafoué ses devoirs élémentaires envers son peuple. Aussi l’ensemble des biens extorqués par le bandit vous serons rendu sans que l’empire n’en réclame quoi que soit. »

Les villageois perdirent peu à peu leurs velléités belliqueuses et les sourire revinrent. L’argent était leur principale préoccupation. Toutefois quelques réticents pouvaient encore faire basculer la situation. Aussi il était important de tuer tout risque à sa source.

« L’empire ne cédera jamais à des bandits ou tout autres parasites qui décideraient de soudoyer ou menacer ces terres. Nous assurerons la sécurité de ces lieux, et cela doit être évident pour tous. Vous avez vu en personne ce que donne la soit disant sécurité provenant de groupes criminels. Ou même de la noblesse Fortais. Nous ne laisserons plus aucune famille souffrir comme celle qui a péri atrocement ici même. »

Les paroles furent encore renforcées par Guéric transportant le corps de l’enfant. La plupart des villageois baissèrent les yeux.

« Ces terres sont celles de l’empire. Mais il est tout aussi inenvisageable qu’un autre tyran provenant de la noblesse vienne une nouvelle fois mettre ce village en danger. Aussi Sir Fleurian devra répondre de ses actes devant vous et sa sentence sera aussi impitoyable que sa vilénie.

Je veux que trois représentants du village soient nommés et viennent prendre place dans la taverne. Les biens y seront rendus et les méfaits du tyran Fleurian décrit. La justice impériale est éternelle et impitoyable prenez exemple de ce perfide criminel et de sa pathétique troupe. »

Là tout le village perdit toute envie de se battre et se dispersa. Les villageois n’allaient pas mettre  longtemps à revenir réclamer leurs sous, aussi il était important d’agir prestement. Aerdris aperçut alors la dénommée Merry et son acolyte Aulin qui observait la scène quelques mètres plus loin. L’impérial se tourna vers sa troupe du moment, augmentée de la dénommée Celend.

« Allons à la taverne, là nous pourrons discuter plus sérieusement de la marche à suivre. »

Puis le commandant nommé pour l’occasion gagna la position de l’archère.

« Alors, est-il toujours aussi évident de nous en vouloir ? N’y-at-il pas raisons et moyens de s’entendre ? »

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Merry Palend

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 22 Sep - 1:18

Trouvant le temps long, la jeune femme et le poète sortirent à nouveau pour voir si tout allait bien avec les villageois. Ils virent l'attroupement au niveau des tentes de bandits. Elle n'entendait pas ce que disait le sergent mais elle reconnut la petite silhouette inerte du gamin dans les bras de Guéric. Aux pieds de l'impérial gisait le corps de ce qui semblait être un riche homme, un noble probablement. L'archère n'avait aucuns mal à comprendre ce qu'il s'était passé. Elle trouvait la haine des villageois presque moins justifiée que la sienne envers les impériaux. Autant elle avait faillie mourir pour rien, autant là, les impériaux avaient aidés les villageois sans contre partie et sans altercations au préalable. Enfin... la populace était rarement plus intelligente qu'un élevage de vaches.

Cet élevage finit par se disperser. Aerdris avait aperçus la jeune femme et se dirigeait à présent vers elle suivit un peu plus loin par ses hommes et une femme pauvrement et salement vêtue. Elle avait tout d'une prisonnière.. une esclave et son teint était assombris de noirceurs dû à plusieurs paires de coups.

Le sergent lui posa une question toute simple mais qui activa l'esprit tordus de la femme. "Absolument" était sa pensée. Elle lui avait déjà dit qu'il lui fallait un peu de temps, ou alors elle l'avait pensée très fort sans lui en faire part.

-" Il n'y a pas de raisons sans moyens je suppose. Je ne peux pas vous cacher que dans cet état, j'ai besoin de vous que cela me plaise ou non." Elle fit volte face et fit comprendre a son interlocuteur qu'ils pouvaient parler en marchant. Volontairement elle mit un peu de distance entre eux et le reste du groupe pour finir sa phrase.

-" Vous avez compris je suppose, que votre nation m'est insupportable. Que cela soit ridicule ou non à vos yeux cela m'est égal. J'ai appris à vous haïr enfant, pourtant cela ne m'a pas empêchée de grandir chez vous. J'ai été recueillie par un dénommé Ser Ector. Je devrais être de la noblesse Ashenvan si je n'avais pas été idiote." L'archère stoppa sa phrase quelques instants le temps de rassembler ses idées et de respirer un coup.

-" Pourquoi je vous raconte ça hein ? Pour vous dire que je comprends votre dévotion, alors comprenez mon ressentis. J'ai vue la naissance de votre empire tailler dans la chair de ma famille. J'ai grandis chez ceux dont j'avais jurée la perte. Aujourd'hui cela ne vaut plus rien. Mais cela reste présent dans mon coeur. Trouvez ça idiot si vous le souhaitez. Considérez moi sous vos ordres, je n'ai jamais obtenue de grades digne de ce nom." Elle avait finie au moment ou ils arrivaient sur le seuil de la porte. Les deux bandits en décomposition étaient toujours présent pourtant... ça ne dérangeait pas la jeune femme. Il était tôt mais les évènements l'avait épuisée et la blessure en était une des causes principales.

L'auberge vide de propriétaire à présent s'offrait à eux.
Sans dire mot, Merry alla se placer derrière le comptoir. Longtemps elle avait travaillée officiellement dans une Taverne, elle savait servir de la bière et un bon hydromel. Elle prépara quelques pintes qu'elle déposa sur la table où s'étaient assis les convives. Enfin convives...

-"Mademoiselle ?" Lança Merry à l'adresse de la jeune femme.

-" Je vais vous donner quelques habits adéquat. Je sais qu'il y a un bain que vous pourrez utiliser à l'étage, je vous laisse quelques affaires sur un tabouret en haut des escaliers." Sans dires un mot de plus elle s'en alla dans sa chambre loupant le début de la conversation. Elle prépara un pourpoint et un pantalon en lin blanc qu'elle déposa où elle l'avait dit. Elle se trouverait bien d'autres habits de rechanges. En attendant elle ne pouvait la laisser dans cet état de dépravation. Elles faisaient à peu près la même corpulence. Déjà que Merry était mince avec la nourriture irrégulière, l'autre femme était squelettique à cause de la maltraitance et, du manque de nourriture. Elle redescendit.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 22 Sep - 20:43

La jeune Merry était toujours aussi perdu dans ses pensées et son visage reflétait clairement son état d’esprit. Elle devait être profondément troublée de devoir ainsi partager sa vie, même si ce n’était au final qu’une courte page, avec des êtres qu’autrefois elle haïssait ardemment. Après tout Aerdris avait aussi un mal fou à supporter les nobles et leurs manières, d’autres pouvaient bien ressentir ce rejet pour les impériaux ou tout autre communauté.

" Il n'y a pas de raisons sans moyens je suppose. Je ne peux pas vous cacher que dans cet état, j'ai besoin de vous que cela me plaise ou non."

Ainsi à défaut d’une entente cordiale, une nécessité ferait force de loi. A priori rien n’entrait en conflit avec cette approche particulière de l’entraide. Aussi Aerdris s’en accommoda-t-il aisément.

" Vous avez compris je suppose, que votre nation m'est insupportable. Que cela soit ridicule ou non à vos yeux cela m'est égal. J'ai appris à vous haïr enfant, pourtant cela ne m'a pas empêchée de grandir chez vous. J'ai été recueillie par un dénommé Ser Ector. Je devrais être de la noblesse Ashenvan si je n'avais pas été idiote.

Pourquoi je vous raconte ça hein ? Pour vous dire que je comprends votre dévotion, alors comprenez mon ressentis. J'ai vu la naissance de votre empire tailler dans la chair de ma famille. J'ai grandis chez ceux dont j'avais juré la perte. Aujourd'hui cela ne vaut plus rien. Mais cela reste présent dans mon cœur. Trouvez ça idiot si vous le souhaitez. Considérez moi sous vos ordres, je n'ai jamais obtenue de grades digne de ce nom."

Ainsi la vérité sortait invariablement de la bouche des honnêtes gens. Finalement la jeune femme n’avait pas tant menti lors de la première rencontre. Mais il était inutile de lui dire cela, il n’était plus utile de chercher l’amitié, ou à défaut l’entente, l’alliance était forgé le reste pouvait venir de lui-même.

Aerdris avançait quelques pas derrières Merry, laissant la jeune femme choisir la distance qu’elle ressentait comme nécessaire. Il n’avait aucune envie de la brusquer, ou de détruire la maigre confiance qui régnait.

« Je ne trouve ça aucunement idiot. Il est évident que l’empire a détruit des vies, un nombre non négligeable il est vrai. Pourtant l’idéal qui se trouve derrière n’en est nullement responsable. Je sais que ce n’est d’aucun réconfort, mais les impériaux ne désiraient nullement la mort de votre famille en particulier.


Ils sont les victimes collatérales d’une guerre qui n’en méritait aucunes. Je pense honnêtement que l’empire a amélioré la vie de milliers de personnes en apportant sa culture et sa science. L’ordre et le mérite pouvait enfin régner. Malheureusement la noblesse n’a que faire de ces mots, et la corruption a pris la place.


Galdion a créé un monstre et il en a payé le prix. Maintenant je pense qu’il est l’heure de ramener l’ordre dans ce monde en cendre. Si l’on pouvait effacer les haines du passé alors rien ne pourrait plus nous détruire. C’est cela aussi que je vois dans l’empire, un monde de promesses. Mais cessons la philosophie pour ce jour. »

Ils atteignirent enfin la taverne, qui était désormais totalement silencieuse, si ce n’est les mouches qui commençaient à s’agglutiner autour des deux cadavres restants. La jeune archère proposa alors à Celend de se changer après un bain, chose que l’impériale accepta avec une joie difficilement dissimulable. Toutefois la femme gardait en elle un esprit purement militaire, aussi se tourna-t-elle vers son supérieur du moment. Le regard plein d’espoir arracha un léger rire à Aerdris qui ne laissa pas de doute quant à la réponse.

Le serpent blanc fit signe aux hommes de débarrasser les cadavres, et aida Homéric à transporter l’un d’eux à l’extérieur. Une fois la place sommairement nettoyée, la troupe se posa enfin. Les autres soldats impériaux restés à la grange pour brûler et fouiller les corps entra alors à son tour et gagna dans une franche joie la tablée.

Alvas et Léoclide attrapèrent les pintes servies par Merry et entreprirent d’en faire le service. En simulant les déplacements traditionnels des serveuses de la lande nord d’Ashenwall, et leurs danses étonnantes, les deux soldats firent rire toute l’assemblée et la bonne humeur s’installa pour de bon. Les blagues fusèrent et les impériaux burent avec délectation leurs boissons. Guéric n’était pas en reste et se lança dans une blague particulièrement grivoise lorsque sa compagne de chasse redescendit.

« Quel est le point commun entre une femme enceinte et une mouche écrasée sur le dos d’une vache ?
Elles ont toutes les deux reçu un coup de queue ! »


La tablée commençait à être éméchée, et la bière coulait à flot. Alvas et léoclide se relayant à tour de rôle pour resservir toute la troupe. Seul Aerdris évitait de boire plus que de raison, et les deux serveurs trop occupés à tenir leurs rôles.

C’est alors que trois individus, facilement indentifiables comme des habitants du village,
débarquèrent, aussi discrètement que possible. Ils étaient menés par une femme d’un âge avancé, qui dirigeait un puissant gaillard et un homme d’une corpulence certaine. Le trio devait être les représentants demandés. Aerdris se leva et fit signe à la troupe de faire silence.

« Soyez assuré qu’aucun mal ne vous sera fait. L’ensemble des biens que nous consommerons seront dûment rémunérés et aucun bien ne sera pris dans ce village sans le consentement de toutes les parties.

Maintenant asseyez-vous avec nous, place va vous être fait. »

Et la troupe s’assura que la chose soit bien faite. Trois places furent libérées juste en face d’Aerdris, qui était entouré de Guéric et Homéric. La vieille femme prit place sans un regard pour l’alcool qui jonchait la table, ni les hommes ivres. Elle gardait ses yeux figés sur celui qui dirigeait la discussion. Le malabar et le gros homme prirent place à leur tour après quelques hésitations et attaquèrent chacun une pinte sans propriétaire.

« L’est évident qul’argent ira pas au bougre t’vernier. L’a clamsé y’a peu. J’suis le n’ouveau proprio comme qu’on dirait. » Cracha le musculeux idiot. Il était évident que la lecture n’était pour lui qu’une lointaine occupation et l’éducation un gros mot.

Aerdris ne se laissa pas intimider et répondit calmement mais avec une certaine froideur, atténuée par le large sourire qu’il laissait paraitre.

« L’argent ira donc à la veuve. L’empire ne laissera nullement passer un quelconque tyran désireux d’exproprier les honnêtes gens. Il en ira de même dans le fonctionnement du village. Est-ce bien clair ? »

Le malabar grogna et termina le semblant de phrase dans sa pinte ne laissant personne en comprendre le moindre mot.

« Toutefois, il est tout aussi évident que la taverne aura besoin d’une nouvelle personne pour en tenir les rênes. » Il était évident que la veuve n’avait pas le caractère pour gérer l’endroit. « Aussi l’empire financera la reconstruction et le nettoyage des lieux, et désire un propriétaire digne qui saura agir et entretenir l’argent que nous pourrions placer. »

La brute stoppa net la descente de sa bière et laissa son visage réapparaitre tout sourire.

« A condition que la veuve du tavernier soit logée et employée sur place. Et traitée correctement. »

L’homme acquiesça vivement et reprit sa boisson avant de lâcher un rot tonitruant. Affligeant.

« J’suis votre homme. » Fut sa seule et simple réponse. Aerdris n’avait que peu d’intérêt à choisir si idiot mais il avait été choisi dans le village pour en être un représentant aussi il fallait en faire un allié, son poids serait utile.

Maintenant il restait à répondre correctement aux deux autres représentants, et quelque chose laissait entendre à l’impériale que la lutte serait nettement plus compliquée avec la vieille femme. Ce fut d’ailleurs cette dernière qui prit alors la parole.

« Pourquoi devrions nous nous soumettre encore aux restes de l’empire ? Il y a bien des requins en ces terres. Aussi pourquoi ne pas nous attacher à quelques nobles Fortais pour notre protection ? »

Voilà la discussion entrait dans le cœur du sujet. Aerdris remercia intérieurement la vieille pour sa question.

« Parce que nous vous offrons bien plus que tout ce qu’ils peuvent vous offrir. Je vous offre la liberté. Réfléchissez-y, en échange d’une protection et simplement de protection, nous ne demandons rien de plus que des vivres. Nous n’influerons aucunement dans la politique du village ou dans ces traditions, tant que la loi impériale y est respectée vous en êtes les seuls maîtres. Les nobles de ces terres ne vous offrirons que la soumission et l’impôt, nous proposons un échange dans le respect mutuel.


Il n’y a plus aucun intérêt à ce que ces terres se soumettent une nouvelle fois à la noblesse, ils ne nous sont plus supérieurs, le dragon a balayé leur domination. Nous bâtirons, avec l’aide des habitants, une caserne en ce lieu et maintiendrons une légère garnison. Vous élirez un conseil qui prendra les décisions du village et nos relations s’en tiendrons là. Une offre honnête. »

Le reste de la discussion fut longue et tumultueuse, particulièrement entre les trois représentants du village. La vieille femme était attachée à la noblesse de son pays, et assimilait obéissance à une caste et défense de sa patrie natale. Les deux autres étaient profondément attachés à la proposition impériale. Le fossé des générations.

Finalement la nuit pointa son nez, et Celend refit enfin surface, son bain et un court repos lui avait été particulièrement profitable. Aerdris remarqua alors que la jeune militaire était malgré tout ce qu’il lui était arrivé une magnifique femme. Le trio quant à lui quitta enfin la taverne en arguant qu’ils devaient désormais présenter la chose au reste du village. Les impériaux en profitèrent pour transmettre l’argent qu’ils avaient promis à la petite troupe qui s’éclipsa rapidement par la suite.

Le serpent blanc remarqua alors Guéric qui gisait complètement ivre, a tête reposait à même la table et ses ronflements la faisaient vibrer. La plupart des autres soldats partageaient le même sort que l’homme à l’âge incertain aussi il ne restait plus debout que Léoclide, Alvas, Merry, Celend et Aerdris.


« Je pense qu’il est plus que temps de prendre un repos mérité. Demain commencera une longue route. Merry, si je puis me permettre de vous appeler ainsi, y-a-t-il une chambre encore inutilisée ? »

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Lun 28 Sep - 4:05

Merry passa une dizaine de minutes à discuter avec la femme lui expliquant brièvement son passé et ce qu'elle avait vécue. Évidemment elle était plus qu'heureuse de sortir de tout ce pétrin. Avant de redescendre, elle lui dit de laisser l'eau, plus tard elle viendrait probablement prendre un bain elle aussi. Depuis l'escalier la jeune femme entendait la conversation devenir plus tumultueuse.
Finalement, elle et l'ex soldate avaient dû parler plus que dix minutes, le soir c'était abattus sur le village, les représentants étaient là et.. le reste des hommes présents dans la salle dont le bon vieux Guéric étaient... bien entamés.

Merry écouta toute la conversation après avoir prit place, sans dire mot. Elle se fichait un peu du sort du village à vrai dire et regardait le sergent agir. L'inactivité et l'heure progressive l’assommait, plusieurs fois elle piqua du nez mais tin bon. C'est lorsque la doyenne parla que l'archère retrouva un peu d'attention au sein de la discussion. Elle comprenait ses positions vis à vis des Fortais et du royaume. C'était une femme qui aimaient sa patrie de Jadis et Merry n'avait pas besoin d'être plus âgée pour penser en partie comme elle. Elle s'abstint de toute remarque pouvant mettre à mal l'argumentaire de l'impérial. La main retenant sa tête et le coude appuyé sur la table elle regardait la scène et observait le profil du soldat. Un homme solide à n'en pas douter. La brève pensée de se demander si il était si "solide" que ça la fit sourire mais sans plus. C'était le genre d'homme qu'elle imaginait coincé par ses principes et avec un balais dans le cul. Guéric lui n'avait pas de principes et il savait manier le sien, de balais.

C'est lorsqu'elle faillit tomber de son tabouret vers la fin de la discussion qu'elle comprit qu'elle aussi, avait en fait bien bue contrairement à ces souvenirs. Cette sensation de légèreté faisait du bien au fond, la nuit effacerait les effets de l'alcool. Elle se sentait dans une bulle et une curieuse et agréable sensation de chaleur se mélangeait à de curieux frissons le long de ses bras. De la même manière la curieuse envie d'enlacer l'un des hommes du sergent la tenaillait sévèrement, encore plus lorsqu'elle vit Guéric raid mort sur le sol. Enfin.. a moitié sur le sol, la tête sur son siège.

Le sergent s'adressa à elle. Rapidement elle pensa qu'il avait perçut que... l'archère n'était plus dans son état normal.
Involontairement, elle le tutoya sans vergogne.

-" Bien sûr que... elle se prit la tête dans les mains étouffant sa phrase, quelques secondes passèrent et sa tête arrêta de sonner comme un cor de chasse. "Appel moi comme tu veux mon sergent.. ah ! Je crois oui, qu'il reste quelques chambres. Guéric restera la je pense. Vous croyez qu'Alvas sait mieux bander autre chose que son arc ?" sourit elle fier de sa bêtise inconsciente. Au fond d'elle, la réaction du sergent était importante en cet instant précis à ses yeux. C'était inutile, mais complètement ivre, elle avait cet objectif en tête, oubliant tous les évènements de la journée le temps d'une soirée. La luminosité ambiante n'aidait pas à la concentration, tamisée par le manque de flammes dans la cheminée alimentée de bois mourants. Quelques râle de respiration bruyante indiquant la survie de Guéric à l'alcool mais sa reddition face au sommeil. Les hommes du sergent tenaient mieux, ou alors ils avaient juste moins bus. Sauf certains remarque, dans le même état que le colosse.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Lun 28 Sep - 14:14

" Bien sûr que... La jeune femme se perdit quelques secondes. Elle semblait souffrir d’un violent mal de tête. Avait-elle abusé de l’alcool comme son compère plus âgé ? "Appel moi comme tu veux mon sergent.. ah ! Je crois oui, qu'il reste quelques chambres. Guéric restera là je pense. Vous croyez qu'Alvas sait mieux bander autre chose que son arc ?"

Il était maintenant évident que Merry était saoul. Pourtant la situation était cocasse, la belliqueuse jeune femme semblait métamorphosée et particulièrement volontaire. Toutefois il était quelque peu décevant qu’elle se rabatte  sur l’archer. Le sergent, qui n’avait guère bu, continua pourtant à sourire à pleines dents.

« Alvas seul peut répondre à cela. Mais tout impérial possède une maîtrise excellente de toutes ses armes. » Aerdris se laissa aller à quelques menues blagues. En vérité il n’était pas aussi inhumain qu’on pouvait le penser. « Je peux toutefois l’appeler pour que la chose soit vérifiée. »

Aussitôt dit, aussitôt fait.

« Alvas, viens ici. » L’archer n’était pas le plus éméché des soldats, pourtant il galéra quelques secondes pour réussir à quitter la table. Au passage il bouscula plusieurs de ses camarades qui ne comprirent même pas ce qu’il se passait. L’impérial gagna finalement, au prix d’un effort de concentration exceptionnelle, sa destination.

« Je… Je suis … paré commandant. » Alvas avait un large sourire mais titubait assez régulièrement pour dévoiler l’ampleur de son alcoolisation.

Aerdris avait envie d’éclater de rire mais, comme toujours, quelque chose noyait cette volonté, une tristesse sourde qui reprenait vite le dessus.

« La dame veut savoir si vous maîtrisez toutes les armes du bon soldat. » Le serpent blanc espérait que l’individu saoul comprenait encore les allusions, il n’avait pas envie de partir plus avant dans la vulgarité. Toutefois il n’eut pas à s’inquiéter, l’archer avait déjà les idées bien en place, et le regard bien attiré par les attributs de la jeune femme.

« Je suis le meilleur… euh … sabreur … Je crois que c’est ça… . Je peux aider la dame si elle le désire. »

Aerdris ne pouvait s’empêcher de sourire, sincèrement cette fois-ci, en voyant les deux archers complètement saouls et sexuellement éveillés.

« Eh bien, je vais  vous laisser à vos techniques de combats. Je vais me chercher une chambre désormais. Soyez en forme pour demain, nous partons tôt. »

Le soldat à la chevelure d’argent laissa alors les deux ivrognes à leur petit jeu, et déambula dans la taverne pour chercher une chambre de libre, heureusement il ne fut pas compliqué d’en trouver une. Une fois seul, le sergent se dévêtit rapidement pour ne se trouver qu’en pagne. Méthodiquement, il commença à nettoyer sa lame et ses couteaux. Il remarqua alors qu’il avait oublié de récupérer son armure, les hommes l’avaient sûrement avec eux.

Aerdris tenait à son armure, mais décida de laisser la nuit à ses hommes, il n’y avait que peu de chances qu’ils l’avaient laissé trainer à la vue de tous, et les bandits ne trainaient plus dans le coin. C’est alors qu’une personne frappa à la porte de la chambre. Deux petits coups faibles et mal assurés. Curieux, mais prudent, Aerdris ouvrit la porte, non sans garder un couteau caché dans son dos. Mais ce n’était que Celend, la prisonnière du noble bandit.

« Je suis désolé de vous déranger si tard. Mais je n’arrive pas à me sentir en sécurité seule. »

Il n’y avait aucune demande dans la voix, si ce n’est qu’une présence amicale. Ce qui ne dérangeait pas outre mesure l’impérial. De toute manière il n’avait besoin que de peu de sommeil, et dormir sur le sol n’était pas une si terrible sinécure après tout ce temps sur les routes.

« Entrez. »

Il n’eut besoin d’aucunes paroles, la jeune femme s’endormit très vite laissant à nouveau le mercenaire seul avec ses pensées, et à nettoyer sa lame. La nuit passerait bien vite.

***

Il n’était même pas l’aube que déjà Aerdris n’éveilla et quitta la chambre, non sans réveiller la femme qui prenait le lit. Ils allaient quitter rapidement le village, et discrètement. Dans la taverne, la plupart des soldats étaient déjà réveillés et s’assuraient de ne faire que le minimum de bruit, le reste fut rapidement mis sur pied et la troupe se prépara prestement au départ.

Guéric fut plus compliqué à réveiller et resta encore quelques minutes après à gémir sur le sol, il avait clairement abusé de l’alcool la veille et en souffrait désormais des conséquences. Rassuré de l’état de ses camarades, et de leur preste préparation, Aerdris quitta la taverne pour gagner les maisons plus rapprochées du village.

Sur place se trouvait déjà une dizaine de badauds, dont les trois représentants de la veille, et deux charrettes de qualité. Chacune était tirée par un cheval massif, plus habitué au labour des champs qu’à une vie de commerce. Mais les bêtes étaient robustes et endurantes, ils correspondaient parfaitement à la situation.

« Je remercie le village pour la décision qu’il a pris. Je sais que la chose a dû être compliquée pour plusieurs d’entre vous. Je représente un empire que beaucoup ont hait, mais ce dernier est mort anéanti par le dragon. Je suis le visage d’un nouveau monde, d’un nouvel empire différent et plus juste.


Aussi je demande au village une décision importante de plus. Je veux qu’un représentant nous suive pour s’assurer du jugement équitable et juste du noble Fleurian. Il répondra de ses crimes, j’en fais le serment, et l’un de vous s’assurera que tout cela soit fait en respect des accords. Qui veut être ce témoin particulier de l’histoire ? »

Les villageois restèrent quelques instants silencieux puis s’animèrent aussi soudainement que vigoureusement dans une discussion virulente. Quelques minutes de plus furent nécessaires et une jeune femme s’approcha alors de l’impériale.

« Je ne suis qu’une modeste bergère, mais je serais celle qui portera la parole du village. Que mon mari soit témoin de mon courage et qu’il se satisfasse de la vengeance. »

La chose était entendue. L’impérial se tourna vers la troupe qui se formait derrière lui.

« Que tous ceux qui désirent me suivre embarquent dans la charrette. Nous partons sur le champ. »

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 29 Sep - 4:26

Les mots n'avaient guère d'importances que les actes ce soir. La jeune femme se fichait pas mal de ce qu'il pouvait se passer, elle se laissait diriger par ses sens et son instinct. Elle n'avait pas bien le choix avec un cerveau et une capacité de réflexion réduite à néant par une consommation abusive d'alcool en l'espace de quelques heures.

Le sergent et sa froideur apparente l'avait assez marquée pour que même sous l'emprise de l'alcool, elle soit surprise de sa réaction étonnamment... permissive. Elle pensait qu'il allait dire quelque chose tout au plus, de drôle, ce qu'il fit. La suite l'intrigua un peu plus, il alla lui même appeler son subordonné, les mots du sergent firent sourire la jeune femme qui s'animait d'un drôle de sentiment. La façon dont était présentée la chose donnait l'impression que Merry était une mission à accomplir pour Alvas. Il semblait bien enchanté de partir au combat et cette impression d'être l'objectif du soldat amusait Merry qui prévoyait déjà de jouer un peu avec l'archer. Autant que sa volonté d'emmerder le monde le lui permettrait dans son état, elle taquinerai son compagnon d'un soir jusqu'à lui donner satisfaction. Maladroitement, l'homme et la femme prirent la direction des escaliers. Si quelqu'un se demandait pourquoi, il était probablement l'incarnation de l'innocence, ou un saint.

Merry s'appuyait d'un côté puis de l'autre de l'escalier à chaque pas, à en juger par leurs craquements, l'homme à sa suite faisait de même. Il fit une remarque quelque peu grivoise tranchant avec son impartialité militaire de la journée. En guise de réponse, la femme l'attendit en haut des escaliers appuyée contre le mur. Arrivé à sa hauteur, elle le tira contre lui et l'embrassa avec énergie. A ce moment là, entre les deux, un point de non retour était franchit pour la nuit. Ce petit mal de crâne provoqué par l'alcool servait presque de guide à Merry dans ses actions. Embrasser l'homme, sentir ses mains tenter maladroitement de passer sous ses vêtements et les quelques compliments de circonstances lancés par le soldat lui provoquait une sensation de plaisir qu'elle n'avait pas eu depuis longtemps. Guéric était un bon amant, mais il manquait de finesse et de folie, c'était idiot peut être, mais il n'embrassait quasiment jamais et ce petit détail était important aux yeux de l'archère. Avançant par étapes et s'arrêtant plusieurs fois contre le mur, ils finirent par trouver la porte de la chambre et il ne fallut pas longtemps aux deux pour apprendre à faire connaissance. Il prit soin d'elle, usant d'idées et de ruse pour rendre l'acte confortable à la femme blessée. Les efforts du soldat combinés aux miracles de l'alcool lui permirent de prendre assez de plaisir pour contre balancer avec la douleur de son épaule.

La jeune femme garderait un agréable souvenir de cette nuit avec un homme de trempe et plein de jeunesse. Dans leur alcool ils réussirent quand même a discuter un peu sur l'oreiller et à plaisanter sur l'épisode de la grange. Emportée par la fatigue elle finit par trouver un repos mérité dans le creux des bras du franc-tireur.

C'est un coq qui tira Merry de sa torpeur. Le soldat était toujours allongé à côté d'elle. Son dos lui faisait mal, elle avait dû probablement passer la nuit dans une position inconfortable pour son corps. Après quelques minutes éveillée dans le lit et quelques câlins sans grande prétentions, elle tira les rideaux pour constater que le jour se levait doucement. Elle enfila la même tenue que la veille, ne disposant plus de rechanges après avoir donnée ce qu'elle pouvait à l'impériale prisonnière. Sa tête bourdonnait mais son esprit était assez clair.

Une fois en bas elle trouva le petit monde déjà en activité. Guéric semblait lui aussi avoir emergé il y a peu de temps.

-" Bien dormis ?" Lança-t-il à la femme.

-" J'ai testé un autre oreiller cette nuit, tu as du boulot mon gros." se moqua la jeune femme.

Guéric râlait au fond mais il savait que rien ne les liaient et il accepta sans dire mot. Avec le temps il s'était mis à penser que Merry lui "appartenait" en quelque sorte, sur le plan "amical". Ses pensées n'allant pas plus loin, il retrouva vite le sourire et pensa à la prochaine fois tout en se mettant à l’œuvre à aider les hommes du sergent.

Une petite demi-heure plus tard, un pseudo conseil avait été réunis pour décider de quel membre du village viendrait avec nous jugeait Fleurian, une bergère avait été choisie, étonnant.
Il était entendus que Merry allait suivre pour l'instant le sergent et son équipe. Guéric y était favorable et Aulin n'avait aucunes raisons de s'opposer à l'idée, il était en sécurité, nourrit et abrité, parfait pour lui.

Ces péripéties ne permirent pas à Merry et au sergent de discuter un peu plus. Ce n'est que plus tard sur le chemin que la femme s'approcha à hauteur de la charrette dirigée par le sergent.

-" Je peux monter avec vous ?"

Guéric lui, marchait derrière la troupe tout en ramassant des cailloux par poignées pour ensuite les jeter un par un au hasard dans la nature en visant des objectifs imaginaires. Aulin lui écrivait quelque chose sur un bout de parchemin semblant déjà bien entamé.

De son côté, Merry observait de manière inconsciente le jeune archer par moment mais en tâchant de rester concentrée avec le sergent. Elle était éreintée pour être sincère.
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Mar 29 Sep - 14:43

Le voyage se lança rapidement. La troupe impériale était entrainée, et surtout disciplinée, elle fut prête avant même que le départ soit donné. Les deux charrettes se déplaçaient à la queue leu leu, sur celle de tête, Aerdrsi et Celend tenait les rênes, tandis qu’Alvas et Léoclide se tenait à l’arrière. Sur la seconde, se trouvait le reste des impériaux.

Le trio de chasseurs fortais suivait la cadence, mais à pied pour la plupart. Guéric était fortement occupé à attaquer avec des cailloux les arbres et arbustes environnent, quant au jeune homme il se contentait d’écrire quelque chose, assis à côté d’Homéric et d’Edéus qui semblaient complètement inintéressés par ses écrits. Pour finir, Merry marchait silencieusement entre les deux charrettes.
Ce ne fut qu’après un petit quart d’heure de voyage, que la jeune femme quitta sa torpeur et s’approcha rapidement de la charrette de tête. Elle se stabilisa au niveau d’Aerdris qui ne remarqua sa présence que lorsque la voix le surprit dans ses rêveries.

-" Je peux monter avec vous ?"


L’impérial ne répondit pas de suite, jaugea la femme qui semblait être devenu une personne complètement différente. Après la haine, la bienveillance. Ou alors ce n’était qu’une impression, un désir d’endormir la méfiance. Puis le serpent blanc tendit sa main pour permettre à Merry de s’assoir à côté de lui. Retrouvé entre Celend et l’archère, Aerdris ne put s’empêcher de trouver la situation agréable malgré tout.

« Alors Merry, bien remise de la soirée ? » Une question pernicieuse, surtout qu’Alvas entendait l’ensemble de la discussion. Toutefois l’archer n’en montra aucune gêne et se permit même un petit sourire. « Vous êtes bien plus aimable lorsque l’alcool vous prends. Il est amusant de voir que la boisson rend la collaboration bien plus, hum, intime dirons-nous. »

Aerdris taquinait la jeune femme, il avait compris que cette dernière avait une dent contre l’empire et ses citoyens. Pourtant il n’agissait nullement par méchanceté ou cruauté, il n’avait jamais apprécié ces haines raciales ou ce rejet pour l’appartenance à une culture.

« Mais je suis heureux que vous fassiez le chemin avec nous. J’espère de tout cœur que tout cela servira à effacer la haine qu’il peut exister, je vous monterais que seul la justice nous anime, et que nous ne sommes pas pire que le reste de ce monde. » Un sourire franc vint transfigurer le visage du serpent blanc. « Mais baste, passons à des discussions bien plus triviales et amicales. Comment se passe la vie à Haut le Fort ? Qui dirige la ville ? Je n’ai jamais eu la chance de visiter la capitale de la région avant-guerre et j’aimerais mettre fin à cette erreur. »

En vérité le soldat n’avait que peu voir pas d’intérêt pour la ville en elle-même, non il était intéressé par bien autre chose. Qui pouvait bien diriger la citée, et avec quel talent, Aerdris souhaitait connaître le nouveau seigneur des lieux avant d’en faire la rencontre.

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Dim 4 Oct - 3:59

Fermement, Merry attrapa la main de l'impérial et se fit hissa rapidement sur le chariot. L'homme s'écartant un peu elle trouva place à côté de lui. La femme dont elle ne connaissait toujours pas le nom était assise à sa droite. Quelques instants l'archère regarda le cheval tirant son fardeau. C'est une bête de bonne carrure et elle avait déjà en voir des belles et des pas mûres.

La discussion ne se fit pas attendre et c'est le sergent qui prit la parole. Il ne perdit pas le nord et ne manqua pas de souligner les évènements de la veille. Quand bien même elle se contenta de sourire au sergent. Sans parler elle répondit à la question qui n'attendait aucunes réponses en se mordillant la lèvre inférieure.

-" Sergent... Je ne sais pas où en est notre collaboration. Je sais juste où en est ma collaboration avec Alvas.." répondit elle pour jouer sur les mots et rappeler que cette histoire ne signifiait pas grand chose vis à vis de son point de vue. Elle ne fut pas plus crédible que cela finalement. Qu'elle le veuille où non elle était emphatique et avoir passé un moment agréable avec le bel archer lui donnait une bonne impression du reste du groupe.

Décidément il avait le mot justice assez bien accroché à sa langue. Il fallait être juste, mais l'impression que cet homme ne voyait que sa propre justice inquiétait Merry. Il semblait assez impartial et juger le monde qu'a travers ses idéaux. Pour avoir failli se retrouver avec une flèche en pleine poitrine, elle en comprenait quelque chose. Pourtant cet homme froid laissait transparaître une petite lueur de chaleur ce matin. C'était étonnant et cela ramenait Merry à la réalité, que l'on ne pouvait pas juger en regard. Ce que lui comme elle avait fait la veille.

" je ne doute pas que la justice guide vos pas. Tant que vous veillez à ne pas faire d'erreur de jugement." Tout ne étant sérieux, elle lui avait encore répondu sur le même ton taquin que le sergent avait utilisé au début de leur conversation. Merry avait l'habitude de toujours vouloir dédramatiser une conversation et de l'amener sur le terrain de la rigolade, même si à ses yeux la conversation restait sérieuse.

La vie à Haut-Le-Fort ?
la jeune femme se frotta les jambes quelques secondes tout en réfléchissant, son corps lui fit remarquer la fraîcheur matinale qui se confirmait lorsqu'elle regarda l'herbe sur le bas côté qui se paraient d'éclats lumineux dû à la rosée du matin. Quelques secondes elle réfléchit, la vie à Haut-le-Fort... Elle pouvait lui parler de sa vie passée la bas.

-"Je préfère vous raconter la vie au vrai Haut-Le-Fort. Aujourd'hui c'est la même vie que partout ailleurs, la survie. Il n'y a rien à ajouter et il n'y a pas de dirigeant connus et respecté en ce moment, pas à ma connaissance. J'ai cru comprendre qu'une héritière du trône avait survécu mais où ? Si on le savait...

Non, la vie la bas, on s'organise pour vivre, j'étais en chasse avec mon groupe pour ramener du gibier, vendre le surplus à des marchands et continuer comme ça. Nous vivons et dirigeons une petite communauté de survivants dans les faux-bourgs, vivre dans l'enceinte même des murs est trop dangereux. Il y a trop d'endroits pour dissimuler des coupes-gorges et autres pièges à pigeons. Je les connais bien ces endroits depuis le temps. Grâce à l'empire d'ailleurs ! Après son magnifique siège j'ai appris à dormir conjointement avec les rats des bas quartier. Je m'éloigne. Je pense que la vie la bas, c'est comme Olfren sauf qu'il fait moins froid. Je parle beaucoup désolé, je sais bien que vous personnellement n'y êtes pour rien, vous être trop jeune de toute manière pour avoir participé aux maux qui animent mes ressentiments. Pensez-ce que vous voulez de ma façon de voir les choses, on ne change pas les idiots, et je suis idiote si on regarde ce qu'il s'est passé hier. Aha !"
Quoi de mieux que de parler, parler et encore parler sans s'arrêter ? C'était un des problèmes de la jeune femme, lancée elle ne s'arrêtait plus et elle ne se gênait pas non plus pour dire exactement ce qu'elle pensait. Si elle avait pensée que le sergent était un connard elle le lui aurait dit, probablement en s'échappant du Chariot au même moment.

-" Mais ça reste une belle ruine aujourd'hui. Je suis prête à parier qu'elle est plus jolie qu'Olfren malgré leurs états respectifs. Vous pensez vraiment que l'on va trouver un chirurgien ?" la douleur c'était éveillée d'un coup dans le bras de l'archère qui se retenait de bouger. Son imagination était telle qu'elle imaginait sa blessure de la plus horrible manière possible jusqu'à ce que son teint devienne presque livide d'appréhension.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Dim 4 Oct - 12:34

" Sergent... Je ne sais pas où en est notre collaboration. Je sais juste où en est ma collaboration avec Alvas.."
Le sourire déjà joyeux du sergent, s'élargit et gagna encore en sincérité avec ces paroles, et Aerdris commença à ressentir une pointe d'amitié pour cette jeune femme étonnement franche et drôle. De prime à bord, l'impérial n'aurait pas imaginé qu'une femme aussi têtu serait finalement quelqu'un de touchant et amusant.

"Ma foi, j'espère qu'elle sera agréable tout de même. Bien que j'imagine qu'Alvas y a prit bien plus de plaisir dans l'histoire." Le soldat qui se trouvait à l'arrière eut un petit rire rapidement accompagné par son compère assis face à lui. Le rire était gras mais sans aucun manque de respect envers Merry, les soldats étaient ainsi, fiers de leurs conquêtes, quelles qu'elles soient. 
" je ne doute pas que la justice guide vos pas. Tant que vous veillez à ne pas faire d'erreur de jugement."
Une bonne question, finalement elle pouvait être aussi philosophe. Une simple chasseuse, il n'en était rien.

"Mais tout le monde fait une erreur un jour. Nous pensons tous à un moment être parfaitement dans le droit chemin, être les juges impartiaux que nous aspirons devenir. Mais nous ne le sommes et ne le serons jamais. C'est pour cela que je demande l'aide de ceux qui m'entourent, c'est ainsi que la jeune bergère est avec nous.

Je n'ai pas la démesure de me prétendre parfait ou impartial, ma justice pourrait se transformer en punition et mes jugements en vengeance, c'est pour cela que je cherche tant des gens capables de pallier mes manquements. Des gens comme vous ou Guéric, des gens capables de voir le passé et le futur tels qu'ils sont et non tels que j'aimerais qu'ils soient."

Aerdris avait été parfaitement honnête, bien qu'il soit sûr de ses valeurs et de ses idéaux, il se savait impuissant à résorber ses démons personnels et sa volonté à devenir le glaive tout puissant de la justice.

La situation était diablement sérieuse, et malgré la volonté évidente de Merry de la dédramatiser, le serpent blanc restait lui même et répondait avec toujours trop de sérieux lorsqu'il était question de justice ou d'aspiration à un futur idéal. Au final l'impérial restait lui même et était incapable de se contenir à ce propos. Heureusement la discussion porta sur un autre sujet.

"Non Merry. Vous n'êtes nullement une idiote. Vos pensez sont celles de la mémoire collective de l'humanité. Je ne suis guère mieux que vous à ce sujet. Je bous d'une rage féroce envers le dragon qui a détruit l'Empire que je vénérais, je bous d'une haine incommensurable pour la noblesse qui a asservit le monde et transformé un idéal parfait en décadence misérable.

Merry, Haut le Fort n'est pas une histoire du passé, loin de là. En vérité son histoire a juste été effacée, une page blanche, certes peu reluisante à l'heure actuelle. mais c'est à nous de prendre la plume du destin et d'en écrire le destin. Il n'y a personne capable de ramener l'ordre ? Faites le vous même. Il n'y a nul besoin de trouver la descendante d'une famille ayant dominé, soumis le peuple fortais pour rebâtir un avenir.

Non la meilleure des fin serait que le peuple lui même prenne son destin en main, nous sommes à l'âge du renouveau. Les soldats, les mages, nous seront les véritables créateur du futur, les nobles eux ne seront qu'un triste retour à un passé qui n'a jamais été ce que nous désirions. Les nobles qui participeront à la reconstruction de ce monde feront partis des guerriers ou des mages je peux le parier, ceux qui useront simplement de leur naissance seront balayés.

Je compte démontrer au monde que nulle naissance ne transmet la grandeur, que seule la volonté sera porteur du nouveau monde."
Aerdris avait divergé du sujet initial et espérait qu'il n'avait pas trop barbé la femme. Après tout il avait toujours eut du mal à se contenir lorsqu'il partait dans ses envolées philosophiques.


" Mais ça reste une belle ruine aujourd'hui. Je suis prête à parier qu'elle est plus jolie qu'Olfren malgré leurs états respectifs. Vous pensez vraiment que l'on va trouver un chirurgien ?"


L'impérial voyait la tristesse dans le regard de Merry et ne pouvait pas grand chose pour soutenir la femme, et un contacte physique était étrange à envisager, peut être Aerdris avait-il peur qu'il soit mal perçu. Au final, l'impérial déposa tout de même une main sur l'épaule, non endolorie, de sa camarade de voyage.

"Un chirurgien, j'en doute. Mais nous arriverons sous peu à notre campement. Nous avions emporté avec nous quantité non négligeable de matériel. Nous avons sûrement de quoi retirer le reste du carreau et recoudre le tout sans trop abimer la peau. Une vilaine cicatrice restera c'est sûr." Puis ajoutant d'une voix malicieuse. "Cela ira bien avec le reste du paysage, une ruine de plus. Et puis je suis sûr que vous resterez plus jolie qu'Olfren"


La troupe arriva enfin au campement que les impériaux avaient laissé sur place. Après une courte inspection, et la levée des pièges, les soldats découvrirent avec bonheur deux lapins qui avait été pigés récemment. Le repas du jour était tout trouvé. Une fois que tout le monde fut installé en cercle autour d'un feu, Aerdris fit signe à Merry et Celend de le suivre.

"Léoclide s'y connait légèrement en opération de ce genre. Bien sûr il n'a reçu aucune formation, mais il a déjà retiré et recousu plusieurs plaies de ce type. Il va faire cela ici, nous faisons bouillir de l'eau en ce moment, et Alvas s'occupe des plantes médicinales. Il était chasseur auparavant.

Une fois que tout est terminé nous mangerons et dans une heure maximum nous quittons les lieux. Nous n'avons réalisés qu'un seul tiers du voyage aussi nous ne pouvons pas perdre trop de temps. Celend t'assistera dans l'opération, je préviens Guéric et Aulin s'ils désirent rester avec.

Normalement tu ne devrais pas mourir. Mais bon avec les idiots on ne sait jamais comment ils réagissent."


Aerdris laissa échapper un léger rire et lâcha un clin d'oeil avant de disparaître réaliser ce qu'il avait promis. Le reste était entre les mains de Léoclide et Merry. La caravane attendrait pour le moment.

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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Dim 4 Oct - 18:04

L'homme s'ouvrait un peu lui aussi. Un pas vers l'autre, c'était déjà bien vu l'état des relations entre les deux protagonistes la veille. Aerdris se laissa emporté dans un discours remplit de justice, de choix et de conséquences mais un détail plut à la jeune femme. Il n'était pas obstinément fou. Il savait très bien qu'il n'était pas omniscient, c'était le défaut de beaucoup de "justicier" que de croire en sa seule raison. Ce groupe d'impériaux formaient à eux seul une entité particulière et en symbiose. Les deux discutants, elle écoutait poliment après avoir elle même que trop parler.

Ce n'était pas le genre de l'archère, mais lorsque le bras du guerrier passa autour d'elle, bien que ce geste ne soit empreint que de compassion ou de réconfort, elle ne pu retenir une petite gêne se traduisant par un raidissement de sa posture. Elle n'osait pas bouger pour ne pas être plus en contact avec lui que ce qu'elle était déjà. Il n'était pas si froids que ça, se laissant même aller à une petite vanne supplémentaire.

-" C'est agréable à entendre mais je commence à me transformer peu à peu en une gigantesque cicatrice.. J'ai une profonde balafre sur ma cuisse." Dit elle en caressant sa jambe gauche. -" Un loup quand j'étais gamine. Je ne me souviens plus exactement pourquoi il n'a pas eu le temps de refermer sa mâchoire autour de mon cou."

Le groupe arriva au campement des impériaux. "Les enfoirés" pensa elle. Sans animosité. Elle imaginait ce qu'elle aurait fait si pendant une chasse elle était tombée sur eux ou seulement le campement vide. Elle se serait probablement servie dans les pièges à lapin. Ces créatures manquaient cruellement d'intellect.. C'était l'un des animaux les plus simples à piéger.

Aerdris amena Merry et l'autre femme n peu à l'écart. Lorsque il lui fit part de son projet elle n'eut pas le temps de répliquer qu'il partait déjà. Elle ne voulait pas embêter tout ce monde. Seul une personne suffirait. Soudain.. elle imagina le carreau bien... bien installé dans son épaule depuis une journée et elle y trouva une vision d'horreur. ça allait faire mal.. bien plus que si on avait pu la soigner dans l'heure de la blessure. Le sans coagulé serait... une plaît pour retirer le carreau.

"-Non att..." L'homme était parti. Elle n'avait pas besoin de Guéric ou Aulin.

-" Ah ! C'est une grande fille ! J'irai la voir une fois toute cette histoire terminée ! beuglait le géant lorsque le sergent lui proposa de venir voir sa comparse.

Peut être plus de chances avec Aulin ?

-"Je euh.. " La vue du sang lui était dure malgré son envie de prouver sa valeur au combat, il n'aimait pas ça. Alors voir quelqu'un se faire retirer un carreau ancré dans sa chair, non merci. -"Je lui ferai la conversation plus tard. Je ne peux.. pas voir ça. Et puis il vaut mieux ne pas être trop, on va s'encombrer inutilement. Tenez. Il tendit néanmoins un foulard à Aerdris, il était fait d'un tissus spongieux et Aulin en avait prit grand soin. Il gardait ça sur lui pour l'appliquer sur une eventuelle blessure. Le tissu était propre du mieux qu'il pouvait l'être. Froissé avec les bonne herbes il permettrait d'essuyer le sang et de nettoyer la plaie sans infecter l'épaule de Merry. En tout cas les risques en étaient diminués.
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MessageSujet: Re: Le pire diable chasse le moindre   Dim 4 Oct - 19:54

Aerdris rejoignit rapidement le reste de la troupe qui s'occupait tranquillement. Homéric s'occupait des lapins, tandis que Edéus se lançait sur de grands débats sur la manière de cuisiner le lapin.

"Ils sont jeunes, ils sont beaux, mangeons les mangeons les ! Au fait comment vous voulez qu'on les cuisines ?"


Homéric qui dépeçait les bêtes se tourna d'un coup vers son compère et lança d'une voix légèrement supérieure.


"Il n'y a qu'une manière de manger ces lapins. Bon ils n'ont presque pas de viandes. Ce qu'il nous faudrait ce serait de bonnes patates, en bouillies en purée en rondelles dans un ragoût. Des bonnes grosses frites dans de l'huile. Personne ici n'y résisterait."

Edéus salivait en pensant à ces goûts perdus avec la guerre. La troupe regagna un peu de joie en s'imaginant ces repas succulents, et tout le monde se mit à rire et discuter joyeusement. Aerdris lui passa voir Guéric et Aulin qui se désistèrent à l'idée d'assister à l'opération. Sans être étonné, l'impérial ne s'attarda guère et récupéra le linge que le jeune homme lui transmit.

Ainsi équipé, Le soldat regagna l'emplacement de Merry et lui donna le linge propre. Il était hésitant sur le reste, devait-il rester ou non ? Aerdris avait senti une gène profonde chez la femme lorsqu'il avait tenté de la réconforter plus tôt, aussi décida-t-il de laisser le temps à Merry pour pardonner et accepter l'amitié, il ne servait à rien de la brusquer maintenant. Ainsi décidé, le sodlat à la chevelure d'argent laissa l'opération se faire et regagna le reste de la troupe qui discutait bruyamment.

Le reste du temps s'écoula relativement rapidement pour la troupe chargée de préparer la nourriture et lever le camp. Les tentes et pièges furent chargés dans les charrettes, et Aerdris en profita pour récupérer et équiper son armure qu'il avait laissé en arrière. Finalement c'est une Merry livide et mal assurée qui rejoignit le groupe, rapidement suivit de Celend et d'un Léoclide non moins pâle, et surtout taché de sang.

Aerdris, qui était en pleine discussion avec la bergère du village, tachant de lui expliquer ce qu'ils attendaient d'elle, accueillit le retour du trio avec une joie sincère.

"Et bien Merry, une victoire contre la mort de plus. Tu vas souffrir encore quelques temps alors je propose le plus puissant des remèdes." Les mots étant suivi d'actes, une choppe d'hydromel atterit dans les mains de la femme. "Maintenant mangeons, je suis sûr que nous sommes tous affamés."

Guéric approuva joyeusement l'annonce et Homéric entreprit de découper les carcasses de lapin afin que tous et toutes furent servi équitablement. L'alcool suivit et sans économies de ressources. De toute manière la route était encore longue. Aerdris veilla juste qu'Avéri, Alvas et Celend ne consommèrent aucune boisson, ils ne serait pas trop de quatre pour veiller et guider les charrettes.

Le repas se déroula dans la joie, et un alcoolisme poussé. Finalement la surprise vint de Guéric qui ne but pas une seule goutte, sûrement poussé par son désir de garder l'esprit clair et empêcher Merry de vadrouiller ailleurs. L'idée fit sourire Aerdris. Puis l'ordre de reprendre la route fut donné et toute la troupe grimpa à nouveau sur les deux charrettes. Merry fut installé avec douceur sur celle de tête, ou se trouvait Aerdris, Celend, Guéric et Léoclide, ce dernier dormait d'ailleurs à poing fermé comme la plupart des autres. Alvas et Avéri eux conduisaient la seconde charrette.

La troupe reprit sa route et parcourut plusieurs kilomètres avant de rejoindre une route habituellement boueuse, heureusement pour eux il n'avait pas plus depuis plusieurs jours aussi elle restait praticable. Au bout de la deuxième heure, un croisement fut atteint. Pourtant Aerdris ralentit l'allure. En effet il venait d'apercevoir la carcasse d'une charrette à toit fermé gisant sur le bord du chemin. Même si aucunes traces de flèches n'étaient visibles, la sécurité était de mise.

Ralentissant l'allure, Aerdris se tourna vers Celend.

"Préviens discrètement la seconde charrette, ensuite reviens prendre les rênes du véhicule. Nous ne restons pas longtemps. Avec Guéric je vais vérifier la situation."

Le soldat descendit alors sans attendre de réponse et fit signe à Guéric de le suivre. Ce dernier resta étonnement discret et suivit le commandant sans la moindre question. Les deux compères atteignirent rapidement la carcasse de la charrette et la découvrirent relativement intacte. In le manquait qu'une roue, et elle s'était brisée net d'après les marques. Nul traces d’impacts.

Soudain un bruit violent provint de la charrette, et Guéric émit un grognement de surprise. L'homme frappa alors violemment les battants du véhicule, qui se brisèrent bruyamment dévoilant alors un homme de petite taille et possédant un ventre impressionnant. L'individu sentait fortement l'alcool et tenait un tonnelet de bière qu'il dégustait. Ivre, le gras bonhomme se redressa, difficilement et après quatre essais, et posa pied à terre pour scruter les deux manants qui avaient osé le déranger.

"Qu'est-ce que foutez" L'homme beuglait et était devenu tout rouge. "Quoique, attendez." Il semblait réfléchir férocement à quelque chose. "En fait non, vous êtes mes sauveurs. Des amis de l'homme libre. Je me présente Adelbert De Confiniaque, humble marchand. Et voici ma ... euh Boutique."

Aerdris était perplexe devant cet homme si étrange. Puis il aperçut un détail qui le frappa particulièrement. Deux longues chaines partaient de la charrette et trainaient au sol, il n'y avait qu'un seul type de marchands usant de pareils artifices, les esclavagistes. Toute trace de sourire disparut du visage de l'impérial qui attrapa, sans aucune discrétion, le manche de son katana. Le gros homme, trop occupé à déblatérer sur sa mauvaise fortune, n'aperçut rien et continua sur sa lancée.

Le serpent blanc bouillonnait, et sentait qu'il allait perdre tout contrôle. Pourtant il avait bien des questions à poser à l'esclavagiste.

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