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 La fuite [Aerdris]

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An Hyi
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MessageSujet: La fuite [Aerdris]   Ven 29 Jan - 0:22



Pour des raisons toutes plus mystérieuses qu'insolites, je ne peux vraiment quitter les lieux. Ainsi me voici contrains de rester à Haut-le-Fort ou du moins ce qu'il en reste : à savoir pas grand-chose. Pour d'obscures raisons toutes aussi étonnantes et déroutantes que les précédentes, la populace m'apprécie. Malgré mon charisme d'insecte, mes mots ont su faire mouche. Et puis … Soyons franc, cela arrange bien les hommes d'ici de me laisser être une sorte de « leader ». Pour cause, si jamais le gouvernement souhaite faire taire les rebelles, le premier à se faire tuer ce sera moi et pas eux, pour sûr. Pour des payous, ces Fortais ne sont pas si bêtes que ça ! Moi en revanche … C'est une toute autre histoire. En effet, je sens les soucis arriver gros comme une maison et pourtant je ne fuis pas. À croire que j'aime entendre ces gueux flatter ma sacro-sainte personne.

Alors que j'étais tranquillement en train de ranger mes vêtements, on frappe à la « porte » de mon habitat de fortune. Trois hommes essoufflés s'empressent de me conter une histoire effrayante à propos de bestioles en tout genre qui peuplent la zone est du marais.
▬  Et alors ? Personne vit dans le Bourbier, qui se soucie de ce qu'il y a là-bas ?
▬  Si le marais n'est plus sûr, les gens ne pourront pas venir afin de peupler le campement. Et comment ferons-nous pour chasser ?
C'est la blague de l'année. Depuis quand ils chassent ? S'ils savaient ne serait-ce que cueillir des loutres, ils ne crèveraient pas de faim actuellement. Je regarde ces trois mauvais menteur d'un air malicieux :
▬ Vous savez chasser vous maintenant ? Si c'est le cas, vous n'avez qu'à aller trucider ces bêtes tout seul.
▬ On sait chasser le sanglier, oui. Mais ce qu'il y a là-bas n'a rien à voir avec ce type de bête. Le gouvernement ne fera pas grand-chose avant longtemps et vous aviez dit que vous étiez allé à l'académie, n'est-ce pas ?
… Bizarrement je sens l'arnaque arriver à grands pas.
▬ Oui mais …
▬ Dans ce cas allez-y grand âne. Avec votre éducation militaire vous réussirez à nettoyer la zone, nous en sommes persuadés !
J'aimerais en être aussi sûr qu'eux. Dans tous les cas, je n'ai pas le choix puisque l'on me traîne de force à l'orée de cet endroit que les gens appellent « Le Bourbier ». Quelle bête dois-je éradiquer ? Je n'en sais trop rien. Ils n'ont pas été très précis sur ce point. Une chose est certaine, c'est voué à l'échec. Pour cause, je suis le pire combattant que la terre ait porté. En soi je connais quelques tours de magie et là n'est pas le problème. Le souci réside dans le fait qu'au moindre danger, je panique et fuis.

Je marche seul dans le marais et lâche un flot de jurons afin de m'occuper l'esprit. Certains me feront remarquer que pour arriver jusqu'à Haut-le-Fort, j'ai bien dû emprunter la route du Bourbier. Et à ceux-ci je répondrais qu'à ce moment-là, il n'y avait aucune « bête féroce » et que si ce fut le cas, alors j'eus la chance de n'en croiser aucune.
▬ Mh. Soyons habile dans notre fuite.
Qu'on soit bien clair, je n'irai pas chercher et encore moins combattre ces animaux. À l'heure qu'il est, je songe simplement à décamper. Avec un peu de chance je rejoindrai un vrai pays, avec un vrai campement et un vrai gouvernement ! VOILA. Les fortais me croiront probablement mort si je ne reviens pas et je serais ainsi à jamais un héros de la nation. Quoiqu'il en soit, je continue vers l'est et m'imagine déjà à Ashenwall ou aux Ellès, assis tranquillement à siroter un thé. Gorah est immense. Je suis sûr de pouvoir trouver ma place quelqu'un part.

▬ Et mince.
Je viens de me vautrer en trébuchant sur je ne sais quoi. Du coup me voilà tout mouiller. Je me relève, m'essuie et constate que la chose sur laquelle j'ai trébuché n'est autre qu'un serpent un poil plus gros que la moyenne. Et il n' a pas l'air content. Mince de mince.
▬ Doucement l'ami. Je ne l'ai pas exprès.
L'animal se met à siffler. Ce n'est pas bon signe. Vite, repli défensif : FUYONS.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: La fuite [Aerdris]   Sam 30 Jan - 15:45

Combien de temps cela faisait-il depuis son départ précipité de Haut Le Fort ? Tout cela devait se compter en semaines voir en mois, en vérité Aerdris n'avait jamais eu la moindre notion du temps qui passe, se contentant de vivre tout au long de sa vie au jour le jour. De toute manière, dans ce monde âpre, la plupart des gens ne connaissent même la véritable date, se contentant d'observer le changement des saisons, et de s'organiser autour d'une agriculture prenant une place prépondérante dans leur vie.

De toute manière, depuis le Grand Cataclysme, aucune chose avait assez d'importance pour vraiment s'intéresser à un quelconque calendrier, plus d'évènements exceptionnels, plus de grandes parades, plus de beaux discours organisés des mois à l'avance. Désormais les orateurs se révèlent être des artistes de rue lâches mais beaux parleurs, des démagogues ne désirant qu'une chose, que la haine prédomine, ou tout individu capable d'attirer à lui une communauté quelconque.

Aujourd'hui plus de grands dirigeants capable de fédérer un continent, plus d'armées capables de mener à bien cette vision grandiose d'un avenir unifié. Et c'est cela qui avait poussé un Aerdris las à arpenter les chemins boueux du Bourbier, à monnayer ses capacités dans le nouveau royaume sous perfusion de Vesperia, et surtout à quitter Beau Château, qui n'était qu'un havre pour les parasites de tous bords. Mais c'est aussi cela qui avait fait revenir l'ashenvan, lui désirait plus que tout au monde aider à bâtir un royaume capable de transcender toutes ces pathétiques histoires égoïstes et enfin fonder un monde plus juste.

En vérité, le serpent blanc pensait de plus en plus qu'il faisait une erreur en revenant sur les terres de Haut Le Fort. En effet, à Vesperia, Aerdris avait trouvé plus qu'un royaume défait, il avait trouvé le bourgeon d'un avenir. Quelque chose de tangible, ne dépendant nullement d'un gouvernement capricieux et incapable d'agir, toutefois le royaume nouveau-né se trouvait étrangement fragile, ne se reposant que sur une seule personne, sa reine. Le reste du royaume n'étant qu'une représentation d'un homme accros à une quelconque drogue et dépendant d'elle pour se maintenir à flot.

Si la reine venait à mourir, son royaume suivrait aussi vite qu'il s'était bâtit.

"Doucement, je n'ai pas fait exprès."

Cette voix. Immédiatement Aerdris effaça ses pensées, redevenant le guerrier qu'il était. Ainsi le mercenaire dégaina son katana et rua vers la voix apeurée qui résonnait quelques mètres plus loin, tout en étant sûr qu'il faisait une erreur en essayant de porter secours à l'individu auquelle elle appartenait. Pourtant impossible de définir de qui elle venait.

Mais alors qu'il écartait le dernier buisson pour parvenir jusqu'à l'embranchement de l'individu, la mémoire revint. L'orateur guignol, le "représentant du peuple" que s'était choisi une partie de la population locale. Un couard ne connaissant pas le moins du monde le sens du mot abnégation. Pourtant, l'homme avait réussi l'exploit d'intriguer l'ashenvan en parvenant à devenir le porte-parole de toute une frange de la population sans jamais produire quoi que ce soit, sans jamais prouver sa valeur, à ce niveau cela relevait du génie.

Sauf que cette fois-ci, le génie semblait avoir trouvé un public extrêmement peu réceptif. L'homme faisait face à un serpent d'une taille respectable qui semblait sur le point de le mordre au visage. De son côté, l'orateur semblait tenter de s'enfuir, ignorant qu'un serpent pouvait frapper nettement plus vite que lui courir.

Alors Aerdris tenta quelque chose, sauvant du même coup un homme qu'il n'appréciait guère. Et pourtant, alors qu’il bondissait pour atterrir le plus lourdement possible, et le plus proche possible du serpent, le mercenaire ne parvint même pas à le regretter. De toute manière, le plus grand plaisir serait de mettre à morte en personne cet individu aussi insupportable.

Heureusement, la technique fonctionna parfaitement, les serpents craignant instinctivement les vibrations trop fortes, aussi l’animal, aussi gros pouvait-il être recula immédiatement devant les nouvelles vibrations terrifiantes émise par l’arrivée surprise du nouveau protagoniste. Toutefois, les vibrations cessèrent aussi rapidement qu’elles furent produites aussi la peur s’estompa promptement et la bête se retourna vers la nouvelle proie.

Néanmoins, les serpents avaient une deuxième faiblesse, ils sont excessivement lâches, abandonnant généralement le combat au moindre risque de se voir blesser sérieusement, aussi Aerdris ne tenta nullement de fuir, et se planta devant l’animal qui commençait à siffler, menaçant de frapper à tout moment. Mais le mercenaire n’avait aucunement l’intention de laisser cela arriver, aussi le katana fusa alors même que la bouche du serpent s’entrouvrait, dévoilant les formidables crocs dégoulinants de poison qu’il possédait, et la pointe de l’arme s’enfonça sans pitié dans la mâchoire de la bête, qui recula immédiatement.

Le serpent devait être étonnement surpris de se faire piquer par sa proie, assimilant sûrement dans son cerveau reptilien une telle chose comme dangereuse, et l’animal s’effondra en arrière, gesticulant dans tous les sens comme pour se débarrasser d’un assaillant, puis s’enfuit prestement en rampant à toute vitesse vers les fourrées, sifflant de rage tout du long.

Alors enfin Aerdris se détourna de son adversaire, qui disparaissait déjà dans les buissons, pour revenir sur l’homme qui avait maintenant totalement disparut. Il fallut alors quelques secondes pour suivre les traces de course du guignol, qui ne s’était finalement guère éloigné, se contentant de se planquer derrière d’épais feuillages pour scruter la situation, et sûrement le nouveau venu.

« Alors, artiste. » Le mot était plus ironique que respectueux dans la bouche du serpent blanc. « Je vois que tu es aussi doué pour t’enfuir que pour manipuler le peuple. » Au fur et à mesure que le mercenaire parlait, son ton se durcissait, mais son sourire s’agrandissait, jusqu’au point de devenir étonnement large. « Mais que fait le grand héros de la volonté populaire dans les marais, une tentative de convaincre la faune de venir assister à tes pitreries ? »

Alors l’homme se dévoila entièrement, montrant sa belle tenue tachée de boue, son visage pâle comme la mort et le regard d’un homme qui avait manqué de peu de la rejoindre. Aussitôt la colère et le mépris que pouvait ressentir l’asehnvan à son égard se réduit fortement et le mercenaire effaça son sourire pour redevenir plus sérieux.

« Il n’est pas sage de voyager seul sur ces terres orateur, encore moins en ces saisons ou la nourriture manque pour les grands prédateurs. »

L’homme avait eu une chance folle de croiser ainsi Aerdris alors que les marais forment un labyrinthe naturel rendant compliqué toute rencontre fortuite.

« Que fais-tu donc ici ? »

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An Hyi
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MessageSujet: Re: La fuite [Aerdris]   Dim 31 Jan - 16:27


Je suis dans de beaux draps. Ce serpent est bien décidé à faire de moi son déjeuner. Fort heureusement, un voyageur qui passait par là vient m'aider. Il affronte le serpent, me laissant ainsi le temps de fuir. Je m'en vais donc vers la direction opposée sans même essayer d'aider le sabreur. Il peut bien mourir à ma place, ça ne me dérange pas le moins du monde ! Je n'ai pas le moindre à remord à le laisser se débrouiller seul. Et puis bon ; contrairement à moi, il a une épée, il devrait donc pouvoir s'en sortir ! Je cours sans trop regarder où je vais jusqu'à essoufflement.
▬ Ça devrait être bon là. Je suis hors de danger.  
J'essaie de me repérer tant bien que mal en observant la flore du Bourbier quand l'homme de tout à l'heure me trouve et m'interpelle. Oups. J'ai certes échappé au serpent mais je crains d'avoir désormais affaire à un tout autre type de reptilien, pas moins dangereux que le précédent. Je n'avais pas remarqué ce détail mais l'homme qui m'a sauvé n'est autre qu'Aerdris. Le capitaine d'un ordre pseudo révolutionnaire dont les membres ont des goûts vestimentaire aussi douteux que déviants. Le soldat n'a pas l'air d'avoir apprécié mon acte de fuite.  

▬ Fuir ? Pas du tout, voyons ! Je cherchais simplement à ne pas te déranger dans ton combat, voyons. Je suis quelqu'un de civilisé, je n'interromps pas les gens en pleine bagarre épique !
Et il devrait me remercier pour cela ! En ce qui concerne mes talents de manipulateur du peuple, je pense qu'il y a là une immense méprise. Je me contrefiche de ces clochards de Fortois et ne souhaite absolument pas être leader de leur révolution sans queue ni tête ! J'irai même plus : pour le coup, c'est moi qui suis la victime de cette affaire ! Le ton de mon interlocuteur change légèrement, vrillant de l'ironique au sérieux.
▬ On m'a envoyé pour vaincre je ne sais trop quoi. Une soi disant bête féroce apparue il y a peu. S'il s'agit du serpent, tu as réglé la question à ma place, mes félicitations, on peut quitter les lieux. Mais j'avoue que l'idée de rallier la faune me plaît. Je suis bon cracheur de feu jongleur et comique, si je pouvais ajouter à mon panel de compétences le domptage d'animaux, ce serait fantastique, je pourrais ouvrir un cirque à moi tout seul et me faire tout un paquet de …  
Je lève les yeux et vois à la figure d'Aerdris qu'il n'a que faire de mes élucubrations.
▬ Bref.  

Un léger silence s'installe. Je l'observe, il fait de même. Je prends mon air le plus innocent et lâche un :
▬ Du coup, je suppose qu'on peut rentrer ? Toi dans ton coin, avec tes soldats et moi dans le mien bien sûr. Une idée formidable tu ne trouves pas ? À l'occasion, on pourra se faire un thé ou je ne sais trop quoi et bien sûr je te revaudrai ce que tu as fait aujourd'hui et paierai ma dette un autre jour ou dans une autre vie.
Je serais lui, je n'y compterais pas trop. Je tourne les talons et m'apprête à partir quand j'entends un rugissement. Ce dernier me glace le sang et me fait m'arrête sur place … Je crois que la « bête féroce » dont parlait les villageois n'était pas ce serpent mais plutôt cette chose qui vient à l'instant de crier. Je me retourne à nouveau et en bon clown sourit à Aerdris :

▬ Ton compte-fait, camarade, je pense que nous devrions rester ensemble. Je suis de bonne compagnie et tu n'allais pas me laisser m'enfuir à si bon compte hein ? Oui ? Non ? Peut-être ?
Je ne sais pas ce qui le retient de me trancher la gorge avec son arme … Si j'étais à sa place, je l'aurais probablement fait cent fois déjà. Heureusement ce bon Aerdris est un preux chevalier aimable et gentil, il ne s'abaisserait pas à ça ! Du moins c'est ce que je crois … Plus j'y pense, plus je l'imagine, le sourire aux lèvres, à me couper en rondelles. Il lui suffirait de raconter aux habitants de la nouvelle Haut-le-Fort que je suis mort en combattant cette bête et bingo, il serait débarrassé de moi à jamais et aurais les mains libres pour mener sa révolution. Mh. Voyons An, il n'oserait pas faire ça. Il faut que je m'ôte ces idées noires de la tête.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: La fuite [Aerdris]   Lun 1 Fév - 17:56

Peut-on respecter un être et le haïr, dans des proportions égales ? Jamais auparavant cette question n’avait effleuré l’esprit d’Aerdris. En vérité, le serpent blanc était un être plutôt simple, se contentant de détruire ce qu’il considère comme nocif au progrès humain, de protéger ce qui ne peut ne se défendre et apporter la justice à ceux qui l’ignorent. Pourtant en cette occasion, le mercenaire ne pouvait ranger l’homme qui lui faisait face dans la moindre case qu’il utilisait habituellement.

A la fois parasite et bénéfique, le pitre couard peinturlurait de boue représentait une dualité excessive. Capable de bâtir comme de détruire, l’homme était incapable de réaliser son propre potentiel et préférait se poser en victime éternelle d’un monde trop cruel pour sa personne. Parangon d’égoïsme poussant les hommes à se sacrifier pour lui, créant à son insu une mécanique fédératrice et cruciale pour bâtir une société stable.

L’homme était un joyau qui lentement s’érodait sous ses propres imperfections, créant une pierre sans valeur, nocive et hideuse. Etait-il encore possible de réaliser quelque chose avec lui ? Aerdris en doutait fortement tandis que l’artiste itinérant continuait à déblatérer ses excuses et pitreries habituelles, menaçant lentement mais sûrement de ruiner la patience immense du mercenaire ashenvan.

Mais alors que l’homme aux grands airs s’apprêtait à tenter de s’enfuir, un rugissement sonore et agressif résonna dans l’air, figeant immédiatement le fuyard dans sa tentative.

Ton compte-fait, camarade, je pense que nous devrions rester ensemble. Je suis de bonne compagnie et tu n'allais pas me laisser m'enfuir à si bon compte hein ? Oui ? Non ? Peut-être ?
La dernière réplique du guignol était si pleine de bon sens, et d’humour qu’elle réussit l’exploit d’amuser le serpent blanc. Evidemment ce ne fut pas par une franche rigolade que l’homme réagit, mais par un sourire plus franc, en vérité complètement indissociable de son sourire habituel. Toutefois, le pitre pouvait réussir à percevoir ce changement dans le regard nettement moins mauvais de son interlocuteur, ou pas s’il n’y avait pas fait attention.

« Il semblerait que la soi-disant bête féroce attende son héros pour la vaincre. » Evidemment l’amusement passager avait réduit fortement la colère qu’éprouvait Aerdris pour cet homme qui gâchait sans la moindre hésitation son talent. « Que dirais-tu de commencer à entrainer tes talents de dompteur avec celle-ci ? Je suis persuadé qu’elle serait extraordinairement réceptive devant un tel talent d’orateur. »

Les rugissements furent alors soudain plus proches et puissants, faisant sursauter l’artiste.

« Je te propose quelque chose, une technique de combat imparable. Mais pour ça je vais avoir besoin de toi. » Et soudain le mercenaire dégaina sa lame et la ficha à quelques centimètres seulement de la gorge de son compagnon de survie. « Maintenant adosse toi contre l’arbre qui se trouve juste derrière toi et tais toi. »

L’homme obéit assez rapidement et une fois cela fait, Aerdris sortit une corde d’une longueur respectable et entreprit de ligoter l’artiste au tronc.

« Maintenant tu as la vraie allure du héros qui te correspond. Ne t’en fais pas, le monstre te dévorera rapidement, tu ne souffriras pas trop. » Et la phrase se conclut d’un clin d’œil fort peu discret. « Enfin ça dépend de la nature de l’animal évidemment, certaines aiment maintenir leur proie en vie le plus longtemps possible. »

Et le serpent blanc entreprit alors de grimper à l’arbre même qui servait de prison au beau parleur. Une fois sur une branche suffisamment solide, le mercenaire s’accroupit dessus en gardant son katana à la main, l’attente pouvait commencer …

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An Hyi
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MessageSujet: Re: La fuite [Aerdris]   Mar 2 Fév - 22:44


Dompter cette bête ? A-t-on entendu la même chose lui et moi ? Si oui, je présume qu'il se moque de ma pomme car cette chose, à en juger par le son émis, n'a pas l'air très sujette à être mon associée ou amie. Soit dit en passant, je n'étais pas très studieux en cours mais je crois me rappeler que plus un cri d'animal est puissant plus ce dernier est gros. Pour cause, la plupart des bestioles de ce bas monde ne dispose pas de cordes vocales. À ce titre, la seule chose leur permettant de produire un son de haute intensité est leur caisse de résonance, à savoir leur cage thoracique, autrement dit leur corpulence.
▬ Très bonne idée l'ami. Mais je suis légèrement beaucoup très très très fatigué. Du coup on va oublier.
La chose qui émet ses bruits approche, je peux l'entendre et cela me fout la frousse à tel point que j'en perds mes mots.

Aerdris me propose d'apprendre une nouvelle technique de combat permettant de vaincre pareille bête. Qu'il veuille m'enseigner un truc ou non, je n'en ai que faire ! Je veux rentrer chez moi personnellement. Malheureusement le gueux chevalier n'est pas prêt à me laisser tranquillement partir. Il pointe son arme sur moi et m'oblige à m'adosser à l'arbre derrière moi.
▬ ...
Si je l'ouvre, vous croyez qu'il va me couper la tête ? C'est une possibilité. C'est pourquoi, pour une fois dans ma vie, je n'ouvre pas ma grande bouche et obéis sans faire de vague … En tout cas pour l'instant.
Après m'avoir attaché et s'être moqué de moi, Aerdris monte à l'arbre. Le sagouin ! Il veut me voir mourir ! Ce sadique ! Cette fripouille !
▬ Hey, tu veux sérieusement me regarder mourir ? Tu sais, paraît que j'ai une dextrocardie et des organes internes en très mauvais état, c'est pas beau à voir. Je t'assure, je suis plus beau de l'extérieur que de l'intérieur. Enfin en supposant que je suis beau. Mais ma maman me disait que j'étais beau quand j'étais enfant. Qu'importe ! Tu ferais mieux de te barrer. Enfin non te barre pas, aide moi. Et après barre-toi. Je ferai tout ce que tu voudras, je te donnerai tout mon argent. Argent que j'ai pas mais quand j'en aurai, peut-être que par le plus grand des hasards hasardeux …
Plus le temps passe et plus je panique. Et comme vous l'aurez remarqué, plus je panique, plus je raconte n'importe quoi. Les bruits sont de plus en plus importants en intensité.
▬ Il arrive. HEY DÉESSE. AIDE-MOI !


Évidemment la sainte Déesse ne vient pas m'aider. C'est bien connu, c'est toujours quand on a besoin d'elle qu'elle est occupée à manger des raisins ou faire je ne sais trop quoi. On ne peut compter que sur soi ici ! Si je ne veux pas attirer la bête plus qu'il n'en faut, je ferais mieux d'arrêter de crier. Trêve de bouffonneries, si je veux m'en sortir, je dois absolument réussir à défaire mes liens ou à attraper mon bâton. Ce dernier se trouve accolé à mon dos. Aerdris ne le sait peut-être pas mais j'ai quelques bases en magie et je peux donc brûler ces liens si jamais mon catalyseur est à portée de main. J'essaie donc de me saisir du bâton sans grand succès.
Quelques dizaines de tentatives plus tard, je parviens à toucher du bout du doigt l'item en bois. Petit problème je risque d'avoir du mal à lancer un sort uniquement sur les cordes sans me brûler moi-même. En outre, si je brûle mes liens, le sabreur s'en rendra compte et s'empressera de me ligoter à nouveau. Je dois faire preuve de ruse si je veux me sortir de ce mauvais pas.

A peine ai-je eu le temps de réfléchir à un plan que la bête pointe le bout de son nez. Il s'agit d'une étrange sorte d'ours, plus gros et plus laid que la normale.
▬ Depuis quand ça existe les ours dans un marais ? C'est une blague.
Selon toute logique, la faune d'un marais est composée de loutres, d'araignées et éventuellement de quelques loups mais c'est bien tout. Que vient faire ce truc hideux ici ? Le monstre renifle le sol et s'approche doucement vers moi. Le corps de la bête est recouvert de cicatrices et de la même façon, ses deux yeux semblent fermer. Il serait donc aveugle ? C'est ce qu'il faut croire, oui. Je me tais et essaie de ne pas respirer. Avec un peu de chance, il fera demi-tour. Dans le cas contraire, je serais contrains d'utiliser ma magie pour briser ces liens. Qu'importe que je me brûle les bras ou le corps, je préfère encore ça à la mort. De son côté, j'espère qu'Aerdris apprécie le spectacle.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: La fuite [Aerdris]   Lun 8 Fév - 18:02

Les gesticulations d’un homme alors qu’il sent que la mort est la seule chose qui l’attend au bout du chemin sont une chose extrêmement amusante. Evidemment, Aerdris trouvait nul plaisir à faire souffrir autrui, toutefois porter la mort chez ses ennemis est une chose que rien n’égal. Hormis peut-être la fierté d’avoir fait vaincre la justice, même si dans la plupart des cas les deux choses arrivaient à se regrouper pour devenir le plus parfait des mets.

Toutefois, dans cette situation, quelque chose gênait le serpent blanc. Pour une quelconque raison, le chevalier prenait pitié de l’artiste itinérant, l’être n’était en vérité pas un homme profondément mauvais, juste un individu perdu par sa faiblesse morale, un homme que l’égoïsme avait vaincu en prenant les traits le commun chez l’homme sans ayant perdu sa boussole morale, la cupidité. Un trait habituel chez ceux désirant masquer l’inutilité de leur propre vie en comblant le vide par les possessions matérielles, une surévaluation de sa propre valeur, et dans la plupart des cas de sa propre vie.

Malgré tous ces défauts, l’homme n‘était pas encore perdu, même si sa paresse intellectuelle semblait l’emmener toujours plus profondément dans les affres de la déchéance. Pourtant Aerdris avait envie de le sauver, de lui-même et de cette folie autodestructrice, mais la noirceur qui existait dans le cœur du serpent blanc reprenait le dessus, poussant le chevalier à désirer voir cet homme sans intérêt se faire tailler en pièce par cette bête qui s’approchait.

Et alors que la bête jaillissait enfin des fourrées, dévoilant ainsi toute la monstruosité qu’ils dissimulaient, Aerdris prit enfin sa décision. Et même si elle faillit disparaître immédiatement devant l’ours qui ne possédait plus guère de fourrure sur son corps, et son visage semblait comme avoir partiellement fondu comme une bougie, déplaçant un œil plus bas que la normal. L’ours était proprement immonde mais aussi foutrement gros. Les bestioles de ces marais étaient vraiment de la connerie bourrée aux hormones.

Aussitôt la décision prise, le serpent blanc décida d’utiliser le paysage au mieux pour mener à bien son choix. Et très vite la réponse se fit évidente, contre un tel monstre la meilleure chose à faire était de porter un coup menant sans douter à la victoire et une seule chose pouvait assurer une telle chose, dame nature.

ET alors que l’ours s’approchait inexorablement de sa proie offerte sur un plateau d’argent, Aerdris bondit et se mit à courir de la manière la plus dangereuse qu’il avait réalisé de sa vie, le long d’une branche se raccourcissant sans cesse. Puis, alors que la branche semblait bien trop fine pour accueillir pareille masse, le serpent blanc bondit littéralement et tenant fermement son katana, le chevalier atterrit directement sur l’ours, son katana frappant pile entre la tête et le corps, perforant la colonne vertébrale de la bête.

Toutefois le choc fut plus violent qu’escompté, la bête ne possédant que peu de graisse l’arrivée fut rude et Aerdris ressentit l’onde de choc se réverbérer dans tout son corps, l’envoyant voler avec maints roulées boulées se terminant dans une belle flaque de boue. La lame elle resta figée dans le corps de l’animal qui, contre toute attente ne s’effondra nullement.

Incapable de se déplacer, étant encore sous le choc de sa chute mal amortie, et sentant ses jambes complètement flageolantes, le serpent blanc ne put qu’observer la bête faire un pas de plus vers son futur gueuleton. Mais même un si formidable animal, en dépit de sa laideur extrême, ne pouvait vaincre la mort et le second pas fut celui de trop tandis que sa colonne se scindait net achevant son œuvre de mort. Alors seulement l’ours s’effondra, tombant sur le côté, fracassant au passage la lame du katana en deux.

« Tu vois l’artiste, tu as complètement hypnotisé la bête, maintenant elle est toute à tes pieds. »

S’exclama ironiquement Aerdris tandis qu’il peinait à se remettre sur pied tant ses jambes ressentaient encore le contre coup de la chute. Toutefois le rire s’arrêta net lorsque le chevalier retrouva sa lame ainsi brisée. Désormais le katana n’avait plus guère d’utilité avec seulement une dizaine de centimètre de lame encore intacte.

« Et ma technique de chasse se révèle bien moins intéressante que je l’imaginais. »

Néanmoins, le serpent blanc n’était pas homme à se laisser abattre si aisément par le mauvais sort, aussi se reprit-il rapidement sans pouvoir espérer que le saltimbanque ait ignoré le chagrin causé par cette perte.

« Et les ours dans les marais est une chose rare en effet, sûrement cherchait-elle un artiste pour le divertir. Je crains malheureusement que ta prestation ne soit à mourir d’ennuis. »

Aerdris tentait de masquer son chagrin soudain par l’humour et y parvenait à merveille, du moins en surface. En vérité la perte était terrible pour le chevalier qui tenait cette lame de son ascension au rang de soldat de l’armée impériale. Maintenant le serpent blanc commençait sérieusement à regretter d’être venu en aide à cet homme. Foutu journée.


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La fuite [Aerdris]
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