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 L'avenir n'est interdit à personne

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Aerdris Daedran
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MessageSujet: L'avenir n'est interdit à personne   Mar 12 Jan - 20:47

Cela faisait maintenant plusieurs semaines que le désormais célèbre discours de la princesse Thémis avait été prononcé, et de nombreux espoirs avaient depuis lors éclot, rassemblant toujours plus de simples citoyens avides d'un avenir. Ainsi, chaque jour se ressemblait maintenant, avec son lot de réfugiés les yeux brillants d'espoir et de rêves toujours plus fous s'amassant aux portes des ruines de l'ancienne capitale.

Seulement le monde n'avait pas avancé aussi vite que les mots, et le royaume avait connu une stagnation bien involontaire alors que les réfugiés augmentaient plus vite que la reconstruction pouvait suivre. Alors très vite la faim suivit, ainsi que les maladies et avec ces deux fléaux les plus dévastateur existants, vint la désillusion. En vérité, la princesse faisait tout ce qu'elle pouvait pour arranger un avenir à ce flot de survivants rêveurs, mais elle n'était qu'une seule personne face à la multitude.

Mais sa plus terrible erreur avait été de croire ses proches suffisamment formés pour réussir à gérer une telle masse, et désormais tout le monde en payait le prix fort. Les vieillards conseillant la princesse était d'antiques seigneurs qui avait servis son père alors qu'il régnait encore, mais ils s'étaient vu dépouillés de leurs terres lors de la conquête impériale, et depuis lors ils avaient oublié la manière de gérer le monde. Une myriade d'incapables décrépits, mais aussi son lot de jeunes sots ne rêvant que d'une chose, s'attirer les faveurs d'une princesse encore dépourvue d'un compagnon. Une clique incapable de faire la seule chose dont ils avaient la charge, gérer correctement la foule et la reconstruction.

Ces mauvais conseillers, firent l'erreur habituelle de mépriser les gens du peuple, dédaignant leurs doléances, laissant la princesse seule pour gérer un royaume anarchique, avec pour seul police une milice plus occupée à protéger les siens qu'à arranger une distribution honnête des denrées maigrement produites par une économie exsangue et des fermes assaillis par les affamés. Peu à peu le rêve devenait cauchemar, et avec lui, la désobéissance civile.

La seule capable d'agir perdit alors son pouvoir, accaparé par les démagogues et les contrebandiers, mais aussi par les conseillers se livrant une guère sans merci pour les faveurs de celle la même qu'ils trahissaient en sabotant ses efforts. C'est dans ces mois compliqués que l'hiver arriva, et avec lui les pires jours que connurent les citoyens de Haut Le Fort depuis le grand cataclysme. La famine frappa, emportant maintes vies. Heureusement l'hiver fut l'un des plus doux connus de mémoire d'homme, permettant d'éviter un grand nombre de pertes habituellement dû au froid.

***

"Moi je dis. Faut aller débusquer la petite princesse de son domaine, je suis sûr qu'ils cachent des tas de bouffes là dedans."

De nombreuses voix s'élevèrent pour acquiescer devant cette assertion forcément pleine de bon sens. Cela faisait déjà plusieurs jours que le quartier était en pénurie alimentaire et les enfants dépérissaient à vue d’œil, déjà une dizaine qu'ils enterraient dans les bois, la situation devenait critique pour les nombreux réfugiés provenant du bourbier.

"Je suis sûr qu'elle s'empiffre dans des orgies avec ses mignons. Elle rigole devant nos souffrances. Je me demande si c'est vraiment la fille du roi, si ça se trouve c'est une bâtarde de Galdion."

La colère des gens était palpable, la situation pouvait dégénérer à tout moment. Le démagogue local, un maigrichon de grande taille haranguait la foule depuis une caisse en bois, il lui manquait l'avant bras gauche, ainsi que la plupart de ses dents, et sa rage se remarquait de quiconque.

"Combien de temps allons nous attendre ? Combien d'enfants allons nous enterrer avant que cette catin ne soit mise à bas ? Elle tue nos enfants, dévore la nourriture qui nous revient, qu'attendons nous pour mettre fin à cette abomination ?"

Les gens beuglèrent leur assentiment, et plusieurs mains se saisirent d'armes improvisées. De nombreux "assez" fusèrent, tandis que de maigres "C'est faux" étaient rapidement soumis au silence par quelques coups bien placés.

"La Déesse elle même nous demande de mettre un terme à tout ceci. Une femme n'est pas vouée à diriger, elles sont sur terre pour porter les enfants, et servir la Déesse en laissant le pouvoir à ceux qui sont capables de le tenir."

De nombreux hommes ricanèrent, tandis que quelques femmes priaient la Déesse tout en acquiesçant à ses immondes propos.

"Elle se vautre dans la luxure et le péché, dédaignant nos souffrances. Est-ce un nouveau Galdion que vous désirez ? Est-ce une nouvelle punition divine que vous appelez de vos rêves ?"

Cette fois-ci, le message était passé, la crainte d'un nouveau cataclysme éclipsait toute pensée cohérente, et de nombreuses voix s'élevèrent tandis que les armes étaient distribuées.

"Marchons pour purger ces terres de l'ignom ... Outch."

Et le manipulateur haineux s'effondra soudain au sol alors qu'une large poutre en bois vint s'abattre à l'arrière de son crâne, envoyant méchamment mordre la poussière au charismatique démagogue. Dévoilant à la foule en colère trois soldats tout armurés, l'un tenant une claymore, le second observant sa victime, et enfin le troisième qui se présentait avec un très bel arc long, une flèche en main mais non encochée.

Les nouveaux venus arboraient un sigle majestueux sur le torse, un serpent qui s'apprête à se dévorer la queue, et en son centre un triangle ou chaque sommet se termine en escargot. Indéniablement, les trois individus font parties de la même congrégation militaire. Toutefois les citoyens ne se désarment aucunement et la rage qui habite la foule ne désemplit pas alors qu'ils encerclent lentement les nouveaux venus.

Toutefois, l'attitude générale changea du tout au tout lorsqu'une vingtaine d'autres guerriers arborant la même tenue, débarquèrent avec une dizaine de chariots, néanmoins sans que cela ne disperse les belliqueux citoyens. Alors, un guerrier se présenta à la foule, dans la même armure que ses semblables mais en sus deux longues et belles plumes, le désignant de facto comme le chef de la troupe. Une fois assuré que tous et toutes l'eussent remarqué, le soldat, à la peau aussi pâle que la mort, grimpa sur la même caisse qu'avait utilisé l'orateur gisant désormais au sol.

"Je comprends votre rage, et sachez tous que je la partage." L'incompréhension gagna la foule alors que les mots parvenaient à leur esprit embrumé par la colère et la faim. "Je sais que la gestion actuelle est catastrophique. Que des gens meurent chaque jours, et que la noblesse se vautre dans sa médiocrité profitant de votre labeur. Et la justice doit être accomplit."

Les paysans et anciens citadins beuglèrent leur soudaine joie de voir de vrais combattants se joindre à eux. Qu'importe que la plupart d'entre eux arborent les traits typiques des ashenvans, en cette heure sombre les anciennes haine trouvent alors la paix dans une nouvelle haine commune.

"Mais la princesse Thémis n'est nullement en cause dans cette affaire. La faute se trouve dans les vautours immondes et décadents qui la suivent en meute avide. Ce sont les conseillers nobles qui l'entourent et lui masquent la réalité de ce monde. Ce sont eux les véritables ennemis.

Et en ce jour, l'ordre d'Ouroboros vous jure que nous purifierons ces terres de leur ignoble présence. En ce jour, nous briserons le cercle de la soumission."


Peu à peu, la foule se mit à geindre, puis à vociférer, en vérité, elle n'avait aucune envie d'abandonner aussi aisément un bouc émissaire si pratique. De plus, l'orateur venait de reprendre conscience, le coup ne devait pas avoir été si rude que cela finalement. Pire, l'homme semblait avoir entendu la plus grande partie de l’assertion des soldats.

"La catin princière, elle se moque bien de ce qu'il peut se passer ici. Que fait-elle donc pour nous ? Rien hormis de belles paroles, mais ces dernières ne nous remplissent nullement la panse, chevalier."

Rien que pour l'insulte, le capitaine eut une envie violente de lui décoller la tête du tronc, mais cela était la dernière chose à accomplir en cet instant dangereux, les martyres devenant souvent les premières pierres d'un éboulement inarrêtable.

"Au contraire citoyens. La princesse Thémis a demandé expressément l'aide des chevaliers d'Ouroboros pour rétablir la justice et l'ordre sur ces terres. Mais bien plus que cela peuple fortais, nous menons avec nous dix chariots de nourriture. De quoi sauver les nouveaux nés et blessés de l'horrible famine qui vous accable."

En vérité, Thémis n'avait nulle connaissance de l'ordre, mais la vérité ne servait parfois nullement la justice en certaines occasions. De son côté, l'orateur sentant le vent tourner contre lui commença à se chercher une porte de sortie.

"Évidemment, si nous voyons un jour réellement toute cette nourriture parvenir jusqu'à nos bols. Il est ..."

Alors le guerrier qui avait déjà frappé l'orateur attrapa brusquement le démagogue à la gorge et le fit taire, en maintenant sa poigne de fer suffisamment fort pour l'y contraindre.

"La nourriture va être partagée immédiatement. Mes chevaliers vont se charger de nommer des hommes et des femmes chargés de veiller au bon partage des denrées. Maintenant dispersez vous, et allez annoncer la nouvelle partout. La justice est à nouveau reine de ces terres."

Il fallut quelques instants, qui auraient pu complètement changer au moindre éclatement de rage, pour que la foule daigne enfin lâcher ses armes, puis commence lentement à se disperser. Le déchainement de violence venait d'être jugulé, mais pour combien de temps ? La réponse à cette question se trouverait dans les actions qu'allaient entreprendre l'ordre.

***

Plusieurs heures furent nécessaires pour organiser le comité de partage chargé alors de la distribution de nourriture. Durant ce temps, le chef de l'ordre s'occupa tant bien que mal en veillant à se présenter aux différentes milices parcourant les ruines. Ces dernières étaient séparées en trois groupes principaux et une myriades de plus petits, le plus grand d'entre eux, la milice officielle de la princesse Thémis était complètement surchargée et avait toutes les peines du monde à maintenir l'ordre. Sans compter les problèmes de corruption et d'incapacité dû à des postes de naissance et non lié au mérite.

Le second groupe, formé de fanatiques religieux faisait régner la terreur dans plusieurs quartiers en prenant pour quartier général une église miraculeusement intacte. Et enfin le troisième était un groupe de volontaires mené par une jeune femme qui était extrêmement appréciée des citoyens locaux d'après les dires. Aussi ce fut celui-ci que se décida de contacter le grand maître d'Ouroboros, toutefois l'attente se prolongeait alors que la leader du groupement de défense civile tardait à revenir de la chasse.

Néanmoins, toute attente trouve invariablement sa fin, et celle-ci ne fit pas exception alors qu'un jeune homme à peine sortie de l'enfance arrivait à bout de souffle auprès de l'ashenvan qui s'occupait en organisant le tour de garde de ses hommes et d'autres menues occupations. Assis à une table aménagée pour lui, au milieu de nul part mais non loin des chariots ou le va et vient bruyant des membres du comité était clairement audible.

"La chef arrivera sous peu." Indéniablement, le jeune milicien était admiratif devant la discipline et l'armement des soldats de l'ordre. Aussi bégayait-il en observant avec frénésie les différents soldats qui défilaient devant lui. Amusé, le chef de l'ordre tarda quelque peu à répondre alors qu'il s'occupait de terminer l'écriture de sa lettre.

"Bien, très bien. Tu peux disposer. Toutefois si rien ne t'occupe, ton aide pourrait être fort appréciable. Mes hommes sont complètement surchargé par tout ce qu'il y a à faire, si tu pouvais nous donner un coup de main."

Il ne fut nullement utile d'en dire plus, les yeux brillants du jeune homme parlait tout aussi clairement que milles mots. Aussi nulle réponse ne fut nécessaire, et le milicien chargea presque pour rejoindre le flots de combattants et civiles transitant plus loin.

C'est alors qu'une autre personne vint se rappeler au bon souvenir du capitaine. L'individu, qui était aussi une sublime femme, apparut directement à la gauche du guerrier et lui déposa un petit sac juste devant, sur la table.

"Les doses distribuées par personne. Ils ne tiendront pas deux jours avec ça."

Le grand maître de l'ordre ne cessa même pas d'écrire, il savait pertinemment ce que voulait sa partenaire.

"Je sais très bien tout cela Celend. Mais qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? Le plus important est d'empêcher une émeute. Alors de ces deux jours nous profiterons pour changer un minimum les choses ici. Hors de question que tout soit détruit par quelques démagogues délirants."

L'orateur qui avait été calmé quelques heures auparavant flottait désormais au vent sous la branche épaisse d'un chêne. Tout cela largement à l'abri des curieux. Et Celend n'eut nullement le temps de répondre alors qu'une petite délégation déboula soudain à l'orée du campement des chevaliers de l'ordre. La petite troupe était menée par une femme énergique qui rappela immédiatement quelqu'un au chef de l'ordre.

Il fallut néanmoins que la femme atteigne la table de l'ashenvan pour que le trouble disparaisse complètement.

"Merry ! Par les couilles des chevaliers, tu n'imagines même pas à quel point je suis heureux que ce soit toi qui dirige cette milice. Maintenant il faut que tu m'expliques le bordel qui règne ici."

Et Aerdris se leva enfin et contourna la table pour se dresser directement devant son interlocutrice.

"Il faut que l'on fasse quelque chose ma vieille."

L'apparence des chevaliers de l'ordre
Spoiler:
 

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An Hyi
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mer 27 Jan - 16:32


Nous autres, artistes de rues, vivons au dépens du peuple et de son humeur. Il est évident que des hommes et des femmes prospères sont généralement plus enclin à être généreux qu'une horde de nécessiteux. Oui mais voilà, ces derniers temps les gens prospèrent ne courent pas les rues et c'est le moins qu'on puisse dire ! S'il est vrai que les affaires n'étaient déjà pas très bonnes du temps de Galdion, il n'est pas exagéré de dire qu'elles sont tout bonnement désastreuses actuellement. J'en suis réduis à brader mes performances, à vendre mes services contre une nuit à l'auberge et j'en passe. En clair, j'ai touché le fond. Heureusement il y a encore quelques naïfs en ce bas monde à qui extorquer quelques écus ! Depuis le cataclysme, ma première source de revenu n'est plus mon agilité ou ma capacité à faire rire mais mon talent de baratineur : Triste monde.

Cependant les choses vont changer, croyez moi. Comme le dit l'autre : « La roue tourne et va tourner ». En effet il y a quelques semaines j'ai entendu parler d'une princesse et de son désir de recréer un royaume à Haut-le-Fort. Étant natif dudit pays, cela a attisé ma curiosité. J'ai donc décidé de me rendre sur place afin de voir de quoi il en retourne. Avec un peu de chance, les nobles auront rebâtit la ville et je pourrais me voir offrir une place de choix à la cour. Après tout il est de notoriété publique que les nobles ont besoin d'hommes de cirque pour se divertir ! Je n'ai pas été engagé la dernière fois mais qu'importe ; c'est peut-être ma chance ! Qui dit nouveau monde dit nouveaux dirigeants ! Et puis bon, le nombre de jongleurs et de bouffons a dû drastiquement chuter depuis l'apparition du dragon. Je n'ai donc pas à craindre la concurrence.

Après quelques semaines de voyage, me voici enfin arrivé à Haut-le-Fort. Ou du moins ce qu'il en reste. Je dois avouer être un peu déçu. On m'avait affirmé que la reconstruction du pays était en cours et pourtant, il n'y a ni château, ni fontaine, ni port, ni quartiers décemment dessinés. Ce royaume n'est qu'en somme une série de tentes et de chapiteaux plus ou moins grands. Bien sûr il y a parfois quelques maisons mais rien de transcendant. Je crois bien qu'on m'a menti sur la marchandise. En même temps, quelle idée de croire les dires de deux hommes à moitié saoul dans un bar ?

Qu'à cela ne tienne, je suis venu alors autant rester un peu. Je demande mon chemin aux locaux et tente de rencontrer cette princesse dont on m'a fait mention. Si elle voit mes talents, elle me prendra comme bouffon, c'est sûr ! Malheureusement les choses ne sont pas aussi simples que ça. Effectivement, je ne sais trop comment ni pourquoi mais je me retrouve nez à nez avec un vieil homme en armure. Il affirme être un des conseiller de dame Thémis et m'ordonne de décamper sur le champs sous peine de finir au cachot. Vaillant comme je suis, je m'empresse de quitter les lieux.
▬ Eh bah. Ils sont pas fichus de refaire un château, une académie et des maisons correctes mais ils ont déjà un cachot. Ils devraient revoir leurs priorités ici ! 
Bougonnant dans mon coin, je me dirige vers les quartiers populaires et constate la misère.
▬ Je suis un artiste de rue, pas de sentier, non de la déesse ! Regardez moi ça, c'est même pas correctement pavé ! 
Moi, An Hyi Sang Hook, je conteste l'autorité de ce gouvernement en papier mâché ! Non seulement ils ne veulent pas de moi en bouffon mais en plus, ils sont incompétents !
Je vois deux jeunes femmes rentrer « chez elle » – en supposant qu'on puisse appeler cela un habitat – un sac de riz à la main. Il s'agit probablement de leur rationnement journalier. Leurs enfants sont maigres à un point tel que j'en ai presque pitié. Si je n'étais pas aussi radin, j'aurais probablement cédé une ou deux pièces à ces pauvres gens. Mais à défaut de leur offrir une aide pécuniaire, je leur demande :
▬ Vous attendez quoi pour vous révolter ? Au moins sous le règne de Galdion, vous ne mourriez pas de faim ! Ils font des cachots pour enfermer les braves gens mais sont pas fichus de reconstruire l'académie où j'ai étudié ! C'est honteux.
Pour être tout à fait franc, je ne sais même pas ce que je fais encore là. Il n'y a pas d'argent à gagner ici, pour sûr. Je ferais mieux de quitter le pays avant d'être envoyé au cachot pour je ne sais trop quel motif. On pourrait m'accuser de vouloir monter le peuple contre le gouvernement pour pareil propos. D'ailleurs, voilà qu'un homme se met à reprendre mes dires :
▬ Des cachots ? Ce clown a raison … Il faut faire quelque chose. On ne peut pas attendre indéfiniment que d'autres personnes se chargent des affaires du pays pour nous !
▬ Hey ! Je suis pas un clown sale gueux, je suis un artiste polyvalent qui sait jongler, cracher du feu et …
Ils s'en fichent. Plusieurs hommes se mettent à parler et à fomenter des plans tous plus foireux les uns que les autres pour destituer celle qu'ils appellent « la catin princière ». Allez savoir pourquoi, ils se mettent même à vouloir de moi que je les aide et mène la rébellion … Dans quelle merde me suis-je mis moi.

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Merry Palend

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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mar 2 Fév - 4:00

Han... Je suis lessivée, complètement. Cela fait plus de trois jours que je vie dans les bois pour dégager une meute de loup qui harcèle un groupe de fermes. Les tuer ne fut pas compliqué avec l'aide de quelques compères mais les traquer....

Merry se faisait un petit monologue tout en rentrant à Beau-Château. Les choses avaient évoluées depuis plusieurs mois, depuis le discours de la princesse Thémis à vrai dire. Avec ses compagnons elle avait bénéficier de soutient, elle avait su s'imposer et faire la différence en ville pour prendre toujours plus de gens sous sa tutelle. Avec l'évolution des reconstructions elle avait montée avec l'aide de Guéric et plusieurs hommes une compagnie de miliciens veillant sur la ville.

La garde de nuit.

Cette garde avait officié dans toute la ville pendant deux semaines mais rapidement des citadins s'y étaient opposés, surtout un certain groupe religieux chassant finalement la garde de leur quartier après plusieurs meurtres et affrontements de rues.
Bien que la garde fut organisée, elle restait sous équipée, mal nourrit et peu aimé des bandits encore trop présents en ville.

En y repensant, quasiment une année s'était écoulée depuis le discours de Thémis... Il faut avouer que la situation avait peu évoluée. Plusieurs fois elle s'était faite entendre au palais mais on lui avait toujours refusée l'accès à la princesse. Trouvant toujours prétextes et excuses quand ce n'était pas des menaces directes.

Merry fut même interdite d'entrer dans le palais après avoir tapée le chambellan trop mielleux et dédaigneux envers celle qu'il surnommée "La mange-pain des rues". Pour lui et ses compères l'archère n'était qu'une vulgaire prolétaire un peu trop grande gueule qui ne cherchait qu'a défier l'autorité. Elle savait juste ce qui se tramait au palais encerclé de ses vautours mais elle n'avait pas su trouver les mots pour le faire comprendre au peuple.
Sa milice d'ailleurs perdait de jours en jours, de l'influence. Se faisant traiter de chiens de princesses ou autres, la haine se levaient contre eux et la garde recrutait de moins en moins à cause de ça, en plus des dangers assez nombreux qui attendaient ses membres.

Quelques heures de marches plus tard, la blonde arrivait en ville. Avec l'aide de Guéric, elle avait, avec son temps libre, retapée la maison de ses parents qu'elle habitait plus jeune. Par chance elle n'avait pas réellement était touchée. Elle manquait juste de mobilier et seul le strict nécessaire était présent dans l'habitation. Les précédents propriétaires n'avaient rien modifiés depuis son départ à l'âge de 8 ans. Morts pendant le cataclysme et ne voyant personne réclamer la bâtisse, elle l'avait récupérée.

Au sein de la ville, elle alla puiser un peu d'eau dans le puits au centre du quartier et elle partie se laver. Nue devant la glace elle se regarda quelques secondes jaugeant son état physique. Sa vieille blessure à l'épaule n'était plus qu'une vilaine tâche rosâtre, elle restait maigre et sans même se pencher en arrière on voyait le dessin de ses côtes. La chasse lui permettait de manger plus à sa guise que certains, mais cela ne restait pas suffisant.
Ses jambes portaient quelques bleus et son visage avait l'air fatigué. Tout en réfléchissant elle se trempait les cheveux afin de leur redonner un semblant de vie après avoir frôlés le statut de "brins de pailles".

Enfin, emplissant à peine une bassine d'eau, elle se lava avec afin d'essayer de passer le reste de la journée dans un état d'hygiène acceptable et supportable pour elle même déjà.
Depuis tout ce temps elle n'avait pas arrêtée de voyager, et lorsqu'elle était rentrée, elle s'était démenée à faire marcher cette milice.. le temps l'usait très rapidement en ce moment et plus que jamais elle se sentait le besoin d'avoir une épaule sur laquelle s'appuyer.

Rhabillée avec un pantalon finement tissé qu'elle avait trouvé dans les vieilles commodes il y a quelques temps et un pourpoint qui lui donnait l'air d'une forgeronne sans son tablier, elle s'assit à terre contre le mur. Ce fut suffisant pour invoquer comme par magie, une personne frappant à sa porte.
C'est non sans râler qu'elle se dirigea vers l'entrée ouvrir à l'inconnu.

- Merry ! Vient !

- Qu'est ce qu'il y a Devan ? T'es tout essoufflé, respire bon sang.

- Des chevaliers sur la grande place, j'pas bien compris qui c'est mais... ils ont demandés à voir la "chef" de ce quartier. Ahaha, Merry la "chef". ça te va bien faut croire.

- Tu n'as pas plus d'informations l'ami ?

- ils ont amenés de la bouffe pour tout le monde et ils parlent bien. En même temps.. j'ai vu leurs armures elles sont magnifiques, on dirait des professionnels eux. Rien à voir avec tes hommes !

- Oui c'est sûr qu'ils ne doivent rien à voir avec toi. Merci, je vais arriver, préviens Guéric, Vedel et Isila qu'ils me rejoignent là bas.

Sur ce, Devan repartit et l'archère partie s'équiper. Passant son couteau de chasse à la ceinture et embarquant son arc et ses flèches. Un réflexe plus qu'autre chose.

Une vingtaine de minutes plus tard elle retrouvait ses plus fidèles alliés du moment au commencement de la grande rue menant à la place centrale de la ville.
Guéric c'était bha... Guéric ! Vedel était un autre chasseur qu'elle avait rencontré durant son périple en Ashenwall et ils s'étaient liés d'amitiés et de convictions communes. Isila était une ancienne forgeronne de la capitale qui n'avait pas sa langue dans la poche et que Merry avait empêchée de se faire sauvagement brûlée en plein milieu du quartier des fanatiques.
Elle était inestimable comme amie et comme forgeronne, bien que le matériel lui manquait cruellement pour forger ce dont avait besoin la milice.

En se rapprochant du petit bivouac de chevaliers sur la place, Merry était pleine de questions. Qui étaient ces putains de nouveaux venus et que ce passait il ici ? Nombre de personnes s'affairaient à distribuer des vivres, ça parlait et hurlait dans tous les coins. Elle avait loupée quelque chose d'important et ça l'enervait.

Avec ses compères elle s'approcha du chevalier semblant l'attendre. Et sa surprise fut des plus grandes mais ce fut l'homme armuré qui parla le premier.
Aerdris. Elle n'en revenait pas.
L'expression qu'il choisit fut la plus appropriée.

- Aerdris, c'est un plaisir. Cela fait longtemps à présent. Te voir ainsi accoutré ne me surprends guère.

Comprenant qui étaient les chevaliers, la blonde se détendit presque complètement.
Au même moment Guéric et les autres arrivèrent derrière elle. Guéric tiqua d'un sourcil et serra d'une poigne forte la main du chevalier.

- Par les nichons d'Astia sa fait plaisir ma carne ! V'la que vous avez de belles armures aujourd'hui !

Laissant Guéric discuter quelques minutes, Merry revint aux interrogations première de son vieil ami.

- Nous ne pouvons en parler en détail debout au milieu de tout ce bordel. Mais en résumé, le palais fait n'importe quoi et Thémis est bloquée. Complètement bloquée. Mes hommes perdent de l'influence jour après jours, surtout à cause des fanatiques qui prônent un culte de terreur post cataclysme et qui rends complètement fou les gens.

Elle aussi avait pleins de questions à lui poser. Où avait il dégoté tout ça et.. que foutait il là en fait ! Ils étaient restés au fortin capturé au gros noble il y a quelque mois ? Peut être après tout, de souvenir c'était l'hypothèse qu'il avait émit.
Pendant sa réflexion et tout en écoutant Aerdris ses yeux se baladaient sur ses hommes et elle reconnue très facilement le duo Homéric/Alvas. Plus un souvenir qu'une réelle émotion sûrement, et avec un peu de gêne vis à vis de sa vie privée, elle se sentie quand même rougir en l'apercevant, non sans sentir un petit pincement au coeur.

La brouhaha général la ramena quand même à la réalité et elle sourit franchement à l'impérial, heureuse de croiser une personne de sa connaissance par le plus grand des hasards.
Se rendant compte de son impolitesse, elle prit le temps de présenter ses compagnons qui étaient inconnus aux yeux de l'ex sergent.
Le petit groupe parti s'installer vers le bivouac Impérial, Aerdris et Merry s'isolant quelques peu pour planifier quelque chose vis à vis de cette situation.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mar 2 Fév - 14:52

L'essentiel de la vie sont les êtres que l'on rencontre sur son chemin.

Qui donc avait déclaré une telle chose, cela Aerdris aurait été incapable de le dire, pourtant cette phrase collait à la perfection dans cette situation. Une rencontre passé, que l’ashenvan pensait ne jamais revoir ressurgissait ainsi tel un avatar de la chance pour lui venir en aide. Si la chef de la milice locale avait été n’importe qui d’autre, la discussion aurait été houleuse, compliquée et sûrement conflictuelle, mais pas avec Merry, pas comme ça ni pour une telle chose.

Non la présence de Merry était une véritable bénédiction pour l’ordre, mais aussi évidemment celle de Guéric, cet homme simple mais au courage et à la force indéniable.

« Cela me fait tout aussi plaisir, je souffrais déjà de tout le travail à accomplir, mais maintenant que je sais qui sera là pour me soutenir une partie du poids s’allège. »

Puis le serpent blanc invita la milicienne à le suivre pour s’éloigner du vacarme ambiant, suivit par les lieutenants de la jeune femme ainsi que de Celend, qui profita de la situation pour saluer à son tour la connaissance commune.

« Merry, ça me fait plaisir de voir une autre femme. Tu pourrais m’aider à gérer Aer avant qu’il ne décide de mener l’assaut du palais. » Le sourire de Celend était franc et amical, tout comme celui qui naquit sur le visage de son chef en entendant ces mots.

« Peut-être est-ce qu’il faut pour sauver ces terres. Mais voilà nous sommes à l’abri des oreilles indiscrètes. Je suis au courant pour le palais, les orateurs déblatèrent sur tout ça à longueur de journée. Je crains qu’une révolte n’éclate sous peu si rien ne change par ici.

Je vais avoir besoin du soutien de toutes vos troupes, tant pis pour la gestion des crimes et conflits pour le moment. Nous interviendrons sur ça une fois que la situation se sera améliorée. Pour ces fanatiques je n’étais pas au courant, dans le coin ils sont extrêmement prudents, aussi concentrons-nous sur les nobles du palais, les fanatiques suivront. »


Alors un jeune garçon apparut, ne devant pas avoir plus de douze ans il était d’une maigreur affolante.

« Y a des gens qui causent de faire des trucs au palais. Pa dit que c’est des trucs pas gentils, et qu’on peut avoir de la bouffe contre cte info. »

Aussitôt terminé sa phrase, Aerdris lui lança le sac de nourriture que lui avait déposé Celend sur la table quelques minutes auparavant et l’enfant dévoila un large sourire qui montra sa dentition ravagée, ne lui laissant que quelques dents, ce qui assombrit l’humeur du mercenaire.

« Bien Merry, je pense que l’on devrait commencer par ceci. Si nous parvenons à éviter un délitement de la société ce sera déjà un exploit, car ça ne sert à rien de renverser les nobles si le peuple se met à s’entretuer et revenir au pillage des plus faibles.

J’y vais. »


Et le serpent blanc fit comme à son habitude et réalisa ce qu’il déclarait dans l’instant, quittant la petite troupe pour suivre l’enfant anorexique qui dansait presque tant sa récompense lui était importante. Celend n’hésita guère non plus et vint se placer à la gauche de son chef. Le reste de la marche se fit dans le silence le plus complet, Aerdris broyant sa colère, entièrement tournée vers la noblesse qui affame le peuple par son incompétence et son mépris.

Finalement, la petite troupe parvint jusqu’à l’emplacement indiqué par le gosse, qui repartit chez lui avec son trophée, qui se trouvait n’être qu’une ancienne taverne d’où les nombreuses voix de citoyens en colère résonnaient jusqu’à l’extérieur laissant comprendre la situation ou se trouvaient les différents participants. La moindre action irréfléchie pouvait déclencher une bagarre, restait à espérer que les esprits réussiraient à se calmer.

Toutefois cela ne fit nullement hésiter Aerdris qui pénétra les lieux sans hésitations, amenant dans le même temps le silence le plus complet dans l’assemblée citoyenne en pleine séance. Celle-ci était en très grande majorité constituée d’hommes adultes, avec quelques rares femmes plutôt âgées, mais contenaient un membre étonnant dans ses rangs, un jeune homme en tenue aussi étrange que différentes des celles l’entourant. Tout chez lui indiquait l’artiste itinérant, l’homme d’art plus habitué aux cours de châteaux qu’à la vie en pleine air, ou les assemblées clandestines.

Cet homme était au plein milieu de l’attroupement et lorsque le serpent blanc pénétra les lieux, puis s’avança presque à portée du premier participants de l’assemblée, les autres hommes le propulsèrent en avant, le proclamant de fait porte-parole de leur mouvement contestataire.

« Je suis Aerdris Daedran, chevalier de l’ordre d’Ouroboros, et je me présente à vous en tant que représentant de la justice et de l’ordre. » Le ton était froid et dur, alors même qu’un large sourire emplissait le visage du chevalier autoproclamé, et avec ses paupières closes, son air semblait étrangement menaçant. « Je suis ici pour ramener l’ordre sur ces terres, et j’aurais donc besoin de votre aide pour réaliser ceci. »

Plusieurs s’élevèrent, son titre de chevalier semblait le présenter comme un noble, ce qui déplut immédiatement aux participants des plans de révolte.

« Non. Je ne suis point un noble. Je suis né de la terre comme vous tous et c’est moi et nul autre qui me proclame chevalier. » Les murmures se firent entendre, la chose était aussi étonnante que choquante pour certains. « Un chevalier gueux, oui. »

Alors le visage, aux paupières désormais entrouvertes, se dirigea droit vers cet homme encore silencieux qui était le porte-parole des lieux. C’était lui qu’il fallait convaincre pour réussir à calmer la situation. Restait encore à jauger l’homme, mais pour ça encore fallait-il qu’il s’exprime …

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An Hyi
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mar 2 Fév - 18:51


Tout ça sent mauvais. S'ils veulent établir des plans suicidaires, qu'ils fassent, je n'en ai cure mais qu'ils ne m'impliquent pas dans ces obscures fomentations ! Ils parlent d'attaquer la noblesse, de tuer la princesse et cela ne me plaît guère. Je ne suis pas assassin mais artiste de rue. J'amuse les gens, moi, je ne les trucide pas à grands coups de hache. En outre, j'ai certes des bases en magie mais je suis loin de pouvoir affronter un soldat. Soyons lucides, ces nobles ont avec eux des anciens capitaines, des généraux et des chevaliers tandis que nous avons de notre côté : Un artiste de rue et mage raté, Jean-Claude le boulanger et Norbert le paysan, celui-là même qui pense que manier une épée est aussi simple que de bêcher un champ. En bref et pour faire simple ; se battre n'est pas la solution.

Alors que les membres du peuple continuent de se plaindre, on me mène contre mon gré dans une taverne. Ou du moins dans ce qui fut autrefois un établissement débiteur de boisson. L'espace d'un instant, j'ai cru qu'on allait m'offrir un verre et un lit pour la nuit mais il n'en est rien. Ces rats veulent de moi que je participe à une de leur assemblée. Au passage, on notera qu'il s'agit là de l'assemblée la moins organisée jamais créée de mémoire d'homme. Pour vous donner une idée de la situation, X vocifère des complaintes telles que : « On a faim, il faut attaquer les nobles » tandis que la foule acquiesce. Puis Y lâche une autre idée du même goût et à nouveau le bas peuple approuve.

Bien que « porte-parole » du mouvement, je ne parle que très peu et ne fais qu'observer la situation. Pour être tout à fait franc, je médite actuellement sur un moyen de me tirer en douce d'ici avant que les choses ne dégénèrent. À l'instar des gazelles et d'autre proies, j'ai développé un sens de survie tout à fait singulier et celui-ci m'indique que la fuite est sans aucun doute le meilleur des plan.

Soudain, un homme accompagné de plusieurs autres personnes entrent dans la taverne. Le peuple se tait et je devine à ce silence que ces hommes n'ont pas été conviés à la fête. L'espace d'un instant, je crains le pire. Et s'il s'agissait de chevalier à la solde de Thémis et qu'ils venaient pour nous tuer tous avant que les choses ne s’enveniment ? Je manque de peu le coma par hyperventilation quand l'inconnu se présente. Un chevalier de l'ordre de je ne sais trop quoi venu pour amener la justice et l'ordre. Wow. Rien que ça. Et moi je suis le grand messie de la Déesse pendant qu'on y est. Les hommes et femmes présents dans cette salle semblent sceptique. Peut-être est-ce le titre de chevalier qui les gênent. Aerdris – puisque tel est son nom – confesse alors s'être auto-proclamé chevalier … Bha oui, évidemment. Et moi je ne vais pas tarder à m’autoproclamer dieu et porteur de la lumière cosmique.

Je tourne machinalement la tête à droite puis à gauche pour observer les réactions du peuple quand je me rends soudain compte d'un fait de la plus haute importance : Ils ont tous reculés de sorte à me laisser seul à l'avant pour discuter avec l'individu … Je présume donc que c'est à mon tour de parler. En temps normal, j'aurais bien lâché une ou deux boutade mais je vais m'abstenir. Il a une épée, ce n'est pas mon cas. Il sait peut-être se battre, ce n'est pas mon cas. Il a avec lui des gens qui savent peut-être se battre et là encore, vous l'aurez deviné, ce n'est pas mon cas. Je me racle la gorge et cherche mes mots quand enfin j'ouvre la bouche.
▬ Que tu sois chevalier ou non, en soi, on s'en fiche un peu. Enfin je crois …
La foule me regarde, sceptique. Ils auraient peut-être préféré que j'insulte ce bon monsieur de « Gueux » ou d'usurpateur mais je tiens à ce que ma tête reste attaché à mon tronc. Bien que dubitative, la foule me laisse poursuivre.

▬ Et tu peux t'autoproclamer tout ce que tu veux, je ne sais pas qui tu es ni ce que tu veux faire pour nous aider. Parce que tu vois mes copains là, ils sont très très très en colères.
Comme pour valider mes propos, quelques personnes – les moins pleutres du groupe, ou les mieux cachés probablement – lâchent un « Ouai ! ». De là, d'autres personnes de l'assemblée plus au fait que moi affirment que lui et son ordre souhaitent aider Thémis à reprendre le pouvoir des mains des nobles et conseillers qui, à l'heure actuelle, gouvernent pour elle. Ah la bonne heure ! Enfin quelqu'un qui a compris qu'on allait se faire massacrer en cas d'affrontement direct. J'ai bien envie de lui refiler mon poste de porte-parole illico et de me tirer en vitesse de là mais je crains que le peuple verrait cela d'un mauvais œil. Si je ne veux pas être désavoué par la majorité paysanne – qui pourrait alors se retourner contre moi – je me dois d'être un minimum critique. D'un autre côté si je le suis trop, Aerdris risque de vouloir me couper en rondelles. Tel un équilibriste, je marche sur un fil.
▬ Tu penses donc que la princesse n'y est pour rien et toi et ton ordre allez l'aider ? Intéressant mais comment vas-tu faire ? Désolé de te le rappeler mais tu n'es pas noble. Dans une discussion sur une de leur table, tu n'as donc pas de pouvoir. La meilleure solution là est donc peut-être de les aider à …
Lapsus révélateur.
▬ Enfin je veux dire de NOUS aider à attaquer les décisionnaires véreux.
… Mon argument est presque trop bien cité. Cela pourrait encourager le peuple à aller attaquer – ce que je ne souhaite pas évidemment. Je m'empresse donc d'émettre un bémol :
▬ Même si au vu de notre armement actuel, il est fort probable qu'on se fasse découper par ces guerriers expérimentés.
Norbert le payou brandit son râteau et, avec ses camarades, lâchent un : « Nous avons le nombre et la foi avec nous ».
… Je crains que la foi n'ait jamais aidé un faible paysan affamé à vaincre un homme en armure.
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Merry Palend

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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mer 3 Fév - 1:39

Poliment Merry rendit son sourire à Celend, elle se sentait gourde car elle ne l'avait pas immédiatement reconnue et le manque d'hésitation de la femme l'avait gênée.
Passant outre, le petit groupe s'installa dans un coin avant qu'un gamin, ici élément perturbateur ne vienne ajouter quelques complications à la situation actuelle?

Qui étaient les gens dont il parlaient ? Jellen  ? Peut être oui, ce fils de catin était toujours là ou il ne le fallait pas, dès qu'il pouvait mettre le feu aux poudres il était la. Depuis plusieurs semaines Merry le soupçonnait de trafique d'hommes et de femmes avec des "marchands" itinérants venant des Ellès. Il paraît que la main d'oeuvre manque la bas pour redresser l'économe agricole et les pilleurs d'orphelins vont bon train à Beau-château ces derniers temps.

Il y a quelques temps, la blonde avait réquisitionné une vieille auberge qu'elle avait fait garder et qui avait servit d'orphelinat, un soir il avait prit feu et une vingtaine d'hommes armés avaient kidnappé tous ceux qu'ils pouvaient prendre et abattus les plus réticents qui risquaient de les ralentir. Après cet incident, Merry avait décidée de les laisser livrés seul face à leur destin dans la rue. Elle même y avait survécu étant gamine, l'idée c'était de vivre en communauté.

Revenant à l'instant présent, Aerdris n'avait pas quitté cette putain de manie de partir en pleine conversation. Hésitant quelques instants, elle se leva aussi.

- Restez-ici et essayez d'apprendre ce que vous pouvez auprès des hommes d'Aerdris. Guéric, tu devrais être content je pense.

Merry eut à peine le temps de voir la porte d'une vieille taverne se refermer, mais ce fut suffisant pour voir que c'était l'un des chevaliers de l'ordre qui venait d'y entrer.
Suivant le même chemin où les regard s'étaient posés à l'instant pour observer les chevaliers, certains la reconnaissait et immédiatement un petit groupe de mendiants la colla aux basques en rapportant tous ce qu'ils pouvaient lui dire. Des plaintes.

"On a faim. On nous pille. Mon fils et malade.

Malgré ces harassement, elle parvint enfin à atteindre la taverne. Elle entra plus brusquement qu'elle ne le voulue en plein milieu d'une conversation. Directement l'ambiance électrique de la scène lui tomba dessus.

Elle jeta un bref coup d'oeil en direction de la petite assemblée. C'était des gens "importants", de la plèbe. Ceux qui laissaient croire au reste du peuple que la vie normale allait peut être revenir sans aide. Ils étaient pour la plus pars des artisants. Boulangers, tailleur, couturier, tanneur...
Sauf un... un fouteur de merde invétéré très certainement voleur et assassin de surcroît.
Leurs regards se croisèrent et Jellen lui fit un signe de la tête pour l'inviter à venir dans l'arrière boutique qui devait descendre dans une vieille cave à vin pillée depuis bien longtemps.

Rapidement, Merry s'approcha d'Aerdris et elle lui murmura à l'oreille.

- Je ne connais pas l'homme qui te fais face, mais il y a une épine en face de nous. Je vais t'en débarrasser.

Après quoi l'archère s'approcha un peu de la foule et essayant de faire preuve d'un peu de diplomatie elle s'inclina très légèrement vers l'espèce de saltimbanque à l'accoutrement inattendu.

- Veuillez m'excusez de cette interruption. Je me nomme Merry Palend, je dirige la milice qui essaye de sauvegarder le bon peuple de Beau-château. Avant de vous laissez continuer monsieur le bienfaiteur je présume. Veillez à vous entourer des bonnes personnes.

Sans attendre de réponse, elle partie vers la cave où Jellen s'était déjà dirigé.
Son esprit fut brièvement occupé par l'image de ce drôle de monsieur mais elle se concentra assez rapidement sur la situation présente. Une fois à l'abri des regards elle dégaina son couteau de chasse. A peine eut elle finit de descendre les marches qu'une masse noir tenta de l'agripper autour du cou.

- J'aurais dû te tuer il y a déjà plusieurs lunes de ça ma belle. Tu n'as visiblement pas comprise qu'il fallait arrêter de m'emmerder !

L'homme perdit inexplicablement son sang-froid, il avait presque hurlé et Merry se demandait si quelqu'un l'avait entendu là haut.

- Tu as volée mes biens, tu as libérée mes serviteurs... Tu cherches les emmerdes jusqu'au bout ! Si je ne te tue pas un autre le fera ! Tu crois que les tarés du quartier religieux vont te supporter encore longtemps ? Cette ville est une ruine et elle est à nous. Seul les forts s'en sortiront, nous la libérons des faibles et des incapables. Et toi, tu... tu.. écoute moi bien. Je vais me défouler sur toi, quand on retrouveras ton cadavre, personne ne reconnaîtra ta face de putain !

L'homme dégaina une lame courte et se jeta sur Merry avec frénésie. Elle se jeta de justesse sur le côté, et gênée par son arc elle s'en débarrassa rapidement. De réflexe elle tenta de parer le coup de Jellen mais une estafilade le long du bras droit lui rappela que c'était idiot. Elle ne paniquait pas mais l'archère restait assez lucide pour savoir qu'elle n'était pas à son avantage dans ce lieu étroit et au corps à corps.

En deux trois bonds elle recula derrière un vieux tonneau de bois autour du quel les deux combattants se mirent à tourner. Avec violence Jellen frappa le tonneau avec le plat de son arme. Le récipient vide parti voler sur la droite sans grand mal mais le coup destabilisa un instant l'équilibre du bretteur. Merry prit un angle d'attaque lui permettant de se jeter à terre si il ripostait à temps, ce qui ne fut pas le cas et ainsi, Jellen reçut un coup de genoux en plein dans le bas ventre qui le fit tomber à terre.

D'un geste rapide il repoussa Merry avec ses pieds la faisant tituber, tout ne se relevant il asséna un coup de pommeau dans la mâchoire de la jeune femme qui recula en ouvrant deux trois fois la bouche par réflexe. Elle s'était mordue la langue jusqu'au sang sous le coup de l'impact et quelques tâches pourpres teintait son pourpoint.

Les deux adversaires s'élancèrent une fois de plus l'un vers l'autre. Merry fit un mouvement feinté sur le côté qui lui permit de caler un coup de coude dans la gorge de son adversaire lui faisant lâcher son arme. Sans chercher à récupérer l'épée, Merry continua son assaut en donnant frénétiquement plusieurs coups de poings dans l'estomac de l'homme avant de lui planter violemment son couteau dans le ventre au dessus du rein. Etant trop proche de lui, l'homme donna un violent coup de boule à Merry qui saigna immédiatement du nez tout en laissant son arme dans le corps de son ennemi. L'homme eut encore des mouvements vifs pendant quelques secondes et il restait dangereux. Néanmoins la jeune femme passa aisément dérrière lui et elle poussa de ses deux mains faisant tomber l'homme sur la lame s'enfonçant complètement.

Calmement elle ramassa son arc et attendit qu'il se retourne pour éventuellement dire quelque chose. En effet il se rassit presque et commença à balbutier.

- Sa...

Il ne finit pas sa phrase qu'un trait lui perfora la gorge, un deuxième suivit rapidement et perfora le poumon droit.

Récupérant ses flèches sur le mourant, elle le regarda droit dans les yeux quelques secondes.
Cédant sous une certaine rage elle lui asséna encore un coup de poing direct en plein milieu du visage avant de prendre le chemin du retour. Elle s'arrêta dans l'escalier pour souffler.
Rien ne lui indiquait si le combat avait été discret ou non.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mer 3 Fév - 15:03

L’étranger qui avait été choisi pour représenter cette assemblée belliqueuse semblait étrangement peu attiré par son propre rôle. Chose étonnante pour un orateur, qui est généralement plus intéressé par la domination d’autrui, savourant de tels moments comme s’il s’agissait de la plus délicieuse des nourritures. Mais celui-ci non, sa réaction lorsqu’il fut propulsé en avant était plus proche du rejet pur et dur de la chose.

Tout cela laissa Aerdris perplexe, avait-il affaire à un perturbateur envoyé par une quelconque faction, comme ces fous de la Déesse, ou la noblesse ? Tout cela était possible et rendait la chose à la fois plus facile et plus complexe. Mais étrangement la chose fut moins évidente encore lorsqu’il prit enfin la parole. L’homme semblait jongler pour représenter les hommes et en même temps se distancier d’eux, comme s’il était un invité involontaire dans cette situation.

Pourtant il était impossible qu’un simple badaud trainant puisse devenir sans le vouloir le leader d’une révolution naissante. Le serpent blanc était complètement perdu dans son jugement.

« Qui je suis. C’est pourtant simple orateur. Je suis un soldat qui a connu les ravages comme chacun d’entre vous, qui a connu la faim et la soif, qui n’a connu de toute sa vie que le mépris des dirigeants qui ont gouverné nos vies. Et ce que je veux faire pour vous venir en aide est tout aussi simple, évincer du gouvernement ceux qui sont incapables de tenir ce poste. »

Aerdris s’apprêta alors à continuer sa tirade lorsque Merry le coupa avant qu’il puisse reprendre. Toutefois son information était tout aussi importante que ce que lui-même s’apprêtait à dire, aussi ne s’irrita-t-il nullement de cet intervention.

Puis la jeune femme disparut en respectant ses paroles, en suivant un étrange individu sentant à mille lieux la haine. Le fait de suivre ainsi cet individu méprisable était un choix étrange, mais Merry était suffisamment intelligente pour prendre ses décisions seule aussi la laissa-t-elle agir selon ses propres choix. De toute manière il avait une autre affaire à régler.

« La princesse que j’ai rencontré était en tout cas incapable d’une telle chose. Je ne puis malheureusement la défendre en ce jour car cela fait presque une année que la rencontre a eu lieu. Toutefois j’ai promis à Thémis que je l’aiderais à bâtir un royaume ou la justice prévaut.
Un royaume ou le peuple n’a plus à se cacher pour échapper aux exactions de bandes de fanatiques ou de corrompus aux ordres d’une noblesse méprisante. Si c’est cela qu’elle a décidé de bâtir alors nous évincerons aussi sa personne du gouvernement. »


Puis Aerdris attrapa son katana qu’il dégaina pour le déposer contre la gorge de l’orateur indéfinissable.

« Je suis un soldat, et chacun des hommes de l’ordre le sont. Nous avons suivi la formation impériale et nous valons dix de vos miliciens. Tu me demandes comment je peux faire sans être un noble ? Je te réponds que ces derniers saignent aux abondamment que le plus pauvre des porchers. »

Puis Aerdris ramena son katana au fourreau alors que les paysans alentours hésitaient entre le bellicisme franc ou la peur.

« Et mon amie Merry dirige la milice qui essaye tant de vous protéger, sans nous la noblesse ne possède nullement de quoi ramener l’ordre sur ces terres. Et si chacun d’entre vous, je dis bien tous, suiviez nos directives alors nous serions invincibles. Séparément nous sommes faibles, ensembles nous parviendrions à renverser un empire. »

Aussitôt l’assemblée effaça sa colère envers les nouveaux venus lorsque les paroles parvinrent à trouver un chemin vers leur cerveau embrumé par la haine. Les nouveaux étaient là en alliés, la victoire était donc possible. Les villageois commencèrent à beugler à qui mieux mieux quel plan suivre, lorsqu’un grand fracas parvint depuis la cave. D’abord seuls quelque uns entendirent puis ils appelèrent au silence et descendirent pour voir.

Le premier arriva pile au moment où Merry remontait l’escalier, seule et portant de multiples hématomes et coupures. L’un des paysans descendit en courant les marches, bousculant sans ménagement la jeune femme qui manqua de peu de tomber. Son cri de surprise ne manqua pas d’alerter ses congénères qui entreprirent alors de descendre à leur tour.

« Meu’trière. Elle a toué Jellen. » Et plusieurs hommes se jetèrent sur Merry qui ne put rien faire d’autre que de se laisser faire, quelqu’un attrapa son arc et jeta sans ménagement en contrebas. Puis la jeune femme fut projeté vers Aerdris et Celend qui ne comprenaient pas encore complètement ce qu’il venait de se passer. « Mon œil des amis. Vous vniez juste toué mon cousin, c’tait un bon gars. Tjours à s’ccuper de sa famille. »

Aussitôt la colère revint plus forte que jamais tandis que de nombreux paysans attrapaient leurs armes, prêts à déclencher la bagarre.

Alors Aerdris dégaina sa lame et cria aussi fort que possible.

« Merry n’est pas une meurtrière, si ce fameux Jellen est mort alors une raison existe. » A la jeune femme de se justifier après tout, mais de toute manière Aerdris la protègerait. Si l’orateur mystérieux ne décidait pas d’empirer la situation avant bien sûr.

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An Hyi
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mer 3 Fév - 17:11



Évincer les gens incapables de gouverner … Si c'est vraiment ce qu'il veut faire, y'a du boulot ! Et, pour sûr, les nobles n'accepteront pas de se rendre à moins d'y être contrains par la force. Force que le soldat est prêt à employer selon ses dires. Pour le « prouver » Aerdris pointe son arme sur moi … Entre nous, je l'aurais cru sans une mise en scène aussi théâtrale, il n'avait pas besoin de me foutre la trousse ainsi. La foule est sceptique mais réceptive au message du soldat, ce qui n'est pas plus mal en un sens.
Le peuple discute tandis qu'un homme cri au meurtre.
▬ …
Je déglutis lentement et écoute la foule se plaindre. L'archère vient – pour on ne sait trop quel motif – de tuer un membre de la famille de Norbert le paysan. Pour sa part, Aerdris tente de défendre la jeune femme. J'étais sûr que cette histoire allait mal finir mais je ne m'attendais pas à pareil foutoir. Pourquoi cette nana a-t-elle dézingué le cousin de Norbert ? Elle a des problèmes psychomoteurs ou quoi ? Tout se passait bien, on allait tous pouvoir tranquillement rentrer chez nous MAIS NON madame a décidé de donner au peuple une raison de se plaindre.
Autour de nous, la colère gronde. Je pourrais essayer de calmer le jeu mais cela signifierai prendre des risques. En effet, je doute fort que Norbert et les autres voient d'un bon œil le fait que je légitime les actes de barbarie de la demoiselle. D'un autre côté, si la situations dégénère, je risque d'être mêlé à tout ça et de ne pas finir la journée en un seul morceau.
▬ Hum hum. Conformément aux anciennes règles Fortaise, je propose un procès en bon et due forme ! Je me ferai un plaisir d'être le juge tandis que Norbert le payou ici présent fera office de procureur ! Aerdris le gueux chevalier sera quant-à lui l'orateur de la défense ! Une idée formidable ne trouvez-vous pas ?
A en juger par les hués de la foule, je présume que cela veut dire non. S'ils semblent s'accorder sur le fait qu'un « procès » est nécessaire, le fait que je sois le seul et unique juge les dérange.
▬ OKOK. J'ai compris, vous jugerez vous-même ! La justice populaire, y'a rien de mieux je présume.
Qu'ils fassent comme ils l'entendent. De mon côté, je vais essayer de me tirer en douce avant que cela ne dégénère. Il est hors de question que je reste une seule seconde de plus dans cette réunion de fous.

Je laisse donc les différents protagonistes converser tandis que je me faufile doucement vers la sortie. Malheureusement plusieurs hommes du peuple me reconnaissent et me barrent le passage affirmant que « Je dois rester là car il serait possible qu'on ait besoin de ma sagesse ».
▬ Ma sagesse ? Tu te moques de moi j'espère ?
Ils me fixent étrangement. J'ai du mal à voir s'ils sont sérieux ou s'ils souhaitent simplement m'empêcher de partir. Dans tous les cas, je rectifie :
▬ Oui, bien sûr. Où avais-je la tête, ahah. Je reste. C'était une boutade.
Que le procès commence ! Je m'assieds dans un coin de la pièce et écoute – ou plutôt devrais-je dire fait mine d'écouter – les arguments des différents parties. Notez que si la situation s'envenime, je forcerais le passage en créant un incendie ou que sais-je encore ! Effectivement, je n'ai nulle envie d'être impliqué ou même d'assister à une bagarre ; Je pourrais me casser un ongle !
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Mer 3 Fév - 19:02

A peine eut-elle le temps de souffler quelques secondes qu'une personne passa en trombe à côté d'elle. Un cris se fit entendre immédiatement et des bras la saisir afin de la déposséder de son arc et sans même avoir le temps d'agir, Merry se retrouva projetée au sol à quelques pas de Celend et Aerdris.

Rha merde, c'était sûr que quelqu'un allait se mêler de ce qui ne le regarde pas.

La blonde se releva et par réflexe elle attrapa son couteau pensant qu'on allait se jeter sur elle. Elle fixa la foule quelques secondes et se détendit tout en gardant son arme à la main encore ensanglantée par Jellen. Pas judicieux.

Merry en entendant le paysans parler répondit presque aussi fort que lui en s'imposant en même temps qu'Aerdris dont elle n'avait pas calculée l'intervention.

- Toujours à s'occuper de sa famille ! En revendant des gamins qu'il s'approprie dans la rue ! Apprends à connaître les tiens Norbert.

Et vous autres, après tout ce que nous avons fait pour vous, vous voulez me jeter la pierre pour vous avoir débarrassé d'un bandit, voleur d'enfant, pyromane et meurtrier ?  


Personne ne répondit et se fut le saltimbanque qui prit la parole. Il parla d'une voix plutôt calme mais ces mots ne plurent guère à Merry. Il voulait faire un procès dans les règles de l'art.
Elle attendit patiemment qu'il finisse de parler mais elle n'en pouvait plus d'entendre ça. D'un pas ferme sans aucunes once de diplomatie elle s'approcha du jeune homme et le prit par le col en le rapprochant d'elle. Immédiatement un mouvement de foule se fit percevoir et elle le relâcha.

- Qui tu es toi pour parler ainsi ? Tête que je n'ai jamais vue. Si tu avais une quelconque valeur pour le bien de cette ville, ta tête ne me serait pas inconnue.

Merry était déjà épuisée de tout ce cinéma pour un vulgaire mange merde. La furie du combat et son repos interrompu la mettait dans une sale humeur noire et la rationalité n'était plus son amie à présent. En plus, son corps refroidissant elle commençait à sentir les douleurs de ses hématomes. Sa mâchoire la lançait et son bras piquait.

Le hasard était quand même bien fait et une personne entra à son tour dans la pièce. C'était Guéric qui fronça les sourcils en voyant la scène. Le bougre était assez connu en ville et officiellement il était le chef de la garde. Il en avait le profil physique et la force pour en donner une belle image.

Norbert s'approcha un peu et il commença à réitérer ses accusations en direction de Guéric cette fois ci, éspérant qu'il agisse contre Merry.

- Norbert Triple idiot. Si tu connaissais tant que ça ton cousin tu saurais qu'il était recherché par la garde depuis plusieurs semaines déjà.

Le colosse s'avança encore un peu et croisa ses bras musclés tout en bombant le torse. Il dominait tout le monde dans cette pièce et l'allure qu'il se donnait avait de quoi impressionner. Plusieurs civils eurent un mouvement de recul alors qu'il ne fit rien de plus.

- Je te remercie d'apporter un peu de vérité Guéric.

Merry s'était rapprochée de son ami tout en rangeant son arme.
Elle se tourna vers Aerdris afin de lui donner rapidement quelques explications.

- Je t'ai parlée d'une épine tout à l'heure. Elle est maintenant retirée. Tu as entendus tout ce qu'il y avait à savoir sur cet homme. Il a lui même choisit son destin en m'amenant là bas. Décidément, nous nous rencontrons à chaque fois qu'il faut renverser la noblesse en place hein.

Merry se retourna à nouveau vers le Saltimbanque et sa clique.

- Au cas où vous l'auriez oublié, je fais partie de la Garde de Nuit, voyez cela comme une intervention envers un criminel, ce qui était le cas. Norbert, si tu as des réclamations à faire ce sera pour plus tard. Nous avons des choses plus importantes à traiter tous ensemble n'est ce pas ? Et toi, jeune homme, j'aimerai que tu m'expliques qui tu es à présent.

La blonde se tenait aux côté des impériaux, elle avait parlée franchement et avec aplomb. Au fond d'elle un doute persistait, elle ne savait pas comment la foule avait avalée les dernières informations.
Depuis un an, elle avait prit en fermeté, Aerdris devait se souvenir d'elle comme une femme complètement conciliante et pleine de pitié. Ce qu'elle restait en partie, mais énormément d'évènements récents l'avait obligée à s'endurcir.

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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: L'avenir n'est interdit à personne   Lun 8 Fév - 16:47

Le changement, si l’on devait lui trouver un symbole qui lui correspondrait à la perfection alors se serait un corbeau bicéphale. Un animal qui resterait le plus souvent perché dans le plus haut des arbres, inatteignable pour la plupart des gens, incapables de comprendre que c’est à eux d’escalader s’il désire réellement attirer le changement à eux. Sa première tête serait un éternel observateur ne désirant jamais descendre de ce perchoir si commode, la seconde, impulsive et capable de décider sans raisons apparentes de s’inviter n’ importe où.

Et la plupart des hommes font ce qu’ils peuvent pour éviter l’intérêt de cet oiseau, priant pour que l’attention de la face impulsive s’intéresse à tout autre, le reste scrute le plus souvent l’oiseau sans jamais oser faire quoique ce soit pour l’intéresser, se contentant de prier pour que celui-ci décide soudainement de s’abattre sur eux. Mais il des êtres qui comprennent le fonctionnement de cette chose abhorrée par certains, et idéalisée par d’autres. Généralement ce sont ces mêmes êtres qui changent la face du monde, en décidant simplement de grimper à l’arbre.

Toutefois, certaines personnes ne contentent de ce changement pour simplement grandir, atteindre un stade différent, plus proche de ce que le monde demande réellement pour vaincre au jeu le plus vieux qui soit, celui de la survie. Et ici, Aerdris pouvait observer avec plaisir qu’une telle personne de son entourage avait décidé d’agir ainsi. Prenant en main sa personne, Merry avait évolué pour sortir de cette face idéaliste et presque naïve qui l’empêchait de se réaliser pleinement dans ce nouveau monde.

Cela se fit simplement en l’écoutant, la plupart des êtres, et sûrement l’ancienne Merry aurait réagi ainsi, aurait accepté l’idée d’un procès avec une sainte acceptation, s’imaginant intouchable dans leur innocence. La plupart de ces personnes finissaient suspendu à une branche dans un bois quelconque tandis que la foule se gargarisait de sa prescience morale. Cette réaction logique, plut énormément au serpent blanc qui décida de laisser la jeune mener la discussion pour le moment.

Néanmoins, lorsque Merry en eut terminé avec ses déclarations pleines de vérités et d’honnêtetés, Aerdris sût qu’il devait maintenant prendre la suite. Aussi le chevalier s’avança et scruta tour à tour chaque homme et chaque femme qui avait pris part à toute cette mascarade.

« Il n’y aura aucun procès. » Les mots étaient fermes, la voix dure, toutefois le visage exprimait tout l’inverse via l’immense sourire qu’il dévoilait à la foule. Les paupières du serpent blanc se fermèrent alors. « Cette femme s’est démenée depuis maintenant plusieurs mois pour protéger chacun d’entre vous, et particulièrement vos enfants. »

La foule hésitait encore fortement entre la colère franche et la honte, la plupart penchant nettement pour le second sentiment, hormis le dénommé Norbert qui ne décolérait pas.

« Sur ces terres rôdent des esclavagistes, des bandits et des nobles déchus et tous n’ont qu’un désir nous voir nous entretuer pour nous avilir toujours plus. Et vous invitez le premier inconnu venu pour vous guider. Qui connait cet homme ? » Et le doigt accusateur d’Aerdris se posa sans faillir sur l’artiste méconnu qui tentait depuis quelques secondes de se faire oublier.« Il pourrait être n’importe qui et vous l’élevez comme votre représentant. Alors que chacun d’entre vous connait Merry, cette femme qui parvient à combattre le crime avec si peu, celle qui est né comme chacun d’entre nous, dans le peuple. »

Les regards étaient maintenant largement tournés vers le saltimbanque, et le doute germait.

« Pourtant. » La voix d’Aerdris se fit nettement plus conciliante. « Je suis sûr que cet homme n’est pas notre ennemi. Sûrement même qu’il n’est qu’un honnête citoyen inquiet pour son prochain. Ainsi il sait que déclencher un conflit entre nous ne servirait qu’à renforcer la noblesse qui nous opprime. L’idée du procès n’est que justice, mais une telle chose ne s’organise pas de cette manière, donc si quelqu’un souhaite porter plainte qu’il s’avance. L’ordre se chargera de le questionner et de faire ressortir la vérité. » Alors tous les visages se tournèrent vers un Norbert qui pâlit alors fortement. L’homme reprit peu à peu sa maîtrise et fit même un peu de plus pour se démarquer du reste de la troupe.

C’est alors que la porte s’ouvrit à nouveau pour laisser entrer deux soldats de l’ordre d’Ouroboros, tout armurés et tenant chacun une claymore fort respectable. Devant les deux combattants inattendus, Norbert se dégonfla complètement et retourna prestement dans la masse.

« Bien maintenant que cette réunion n’a plus lieu d’être. Je vous suggère de rejoindre le plus vite possible les chariots de nourriture, il serait dommage que les rations viennent à manquer. »

Aussitôt, la plupart des villageois prirent leurs jambes à leur cou et décampèrent, ce que tenta aussi de faire l’artiste itinérant, rapidement rattrapé par le serpent blanc qui n’en avait pas terminé.

« Maintenant réponds à la question de Merry, qui es-tu et que tentes tu de faire en réalisant ce genre de petits numéros ? »

La foule n’était plus là pour le protéger désormais.

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