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 Rencontre avec le prêcheur. [Keith]

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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Rencontre avec le prêcheur. [Keith]   Dim 11 Oct - 18:35

Quand Camille eut vent de cette rumeur, il n’en crut pas ses oreilles. La rumeur d’un homme, un prêcheur capable de rassembler les foules malgré grâce à un idéal que Camille ne pensait pas possible en de tels temps. La simple pensée du dragon effrayait trop les hommes pour que le soldat ne se tente dans un terrain si glissant. Mais d’autres au contraire semblaient s’y engouffrer. Ainsi il n’était pas le seul à penser que le dragon était un envoyé divin de la déesse et que tout cela était bel et bien lié. Quand il en parla à sa compagne, celle-ci lui fit tout d’abord par de ses soupçons devant  un tel énergumène. Les prêcheurs étaient rarement de bon augure. Profitant des peurs collectives pour s’élever et nourrir leurs ambitions perverses de pouvoirs et de tyrannie, se servant des symboles divins pour assoir leurs pouvoirs. Mais Camille le savait, ces symboles divins étaient toujours essentiels. Ils représentaient la meilleure manière qu’avaient un dirigeant de conserver légitimement son trône et ainsi d’installer une certaine stabilité. Lors des temps heureux, le peuple remerciait ainsi l’envoyé divin pour mes richesses qu’il lui apportait, tandis que dans les temps sombres l’église parvenait à détourner la colère populaire contre les « ennemis du peuple » ou tout du moins ce qu’elle désignait comme tel. Se risquer à un tel jeu était un pari risqué, mais Camille aurait tout le luxe d’y réfléchir une fois fixé sur cet homme dont il avait entendu parler.

Ainsi il se mit en route vers le nord, en direction d’Olfren, l’ancienne capitale dont il ne restait aujourd’hui plus que des ruines. Une situation cocasse que celle d’un prédicateur prêchant la parole draconnique dans le berceau de ce qui fut jadis la ville la plus puissante de Gorah. Jamais Camille ne s’était ainsi diriger vers le nord. Mais l’idée d’aller à Olfren dessina un sourire en coin sur son visage. Fouler les ruines du déchu, observer ce qu’il restait des défenses de la ville. Tant d’idées qui finirent de le convaincre de la nécessité d’un tel voyage.

____________________________________________________________________________

Après quelques jours de marche, il aperçut une imposante muraille se dessiner au loin. Plus il s’approchait de cette cité, plus il se rendit compte de la destruction qui l’avait frappé. Les chaumières, les ponts, les infrastructures. De tout ce qui était en bois ne restait plus que des morceaux de bois calcinés. Camille pensait que les murailles tiendraient encore debout, mais la fureur du Dragon eut raison de cette fausse idée. De ce qui représentait autrefois la gloire d’Olfren et également son prestige ne restait maintenant plus que des pierres jonchant le sol. Un sentiment partagé de satisfaction et d’horreur l’habitat, tandis qu’il s’approchait toujours plus de l’enceinte intérieure de la ville. Les quartiers qui n’avaient pas brulés avaient dû rapidement tomber en ruines, comme ce fut le cas à Songefeu. L’ordre établi maintenant disparu avait laissé place au chaos et au barbarisme.

Il fallut à Camille plus d’une heure de marche pour parvenir à ce qui semblait être un petit village, reconstruit dans les ruines d’Olfren. Parcourant les rues à la recherche de son homme, il entendit au coin d’une ruelle une voix s’élever dans le ciel. Un homme vêtu de noir prêcha ainsi des mots violents à l’encontre de Galdion, désignant le sort du déchu comme une intervention divine, il proposa à tous de le rejoindre dans sa quête de servitude, afin d’honorer la Déesse qui les avaient ainsi libérer de leur triste sort. Camille se posa non loin de la foule, sur une caisse en bois. Restant là à écouter les paroles de cet homme. Quand celui-ci descendit de son piédestal, Camille se releva et se rapprocha de lui. Il fit cependant rapidement arrêter par des hommes. Son bouclier dans le dos, le pommeau de son épée sur sa hanche, Camille espérait ainsi attirer l’attention de cet homme qui viendrait naturellement à lui.
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Keith Walderen

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MessageSujet: Re: Rencontre avec le prêcheur. [Keith]   Ven 23 Oct - 12:48

Le sol était pâmé de braises que le vent balayait sans relâche, sans jamais pourtant s'en débarrasser tout à fait. C'était une chose notable sur les ruines d'Olfren : la capitale déchue s'accommodait, depuis le Cataclysme, de sentiers noirs, comme si ses routes menaient aux ténèbres. La terre brûlée était soit-dit en passant très fertile, et des boutons de fleurs plantaient leurs timides racines entre les blocs anéantis des anciennes structures. A titre d'exemple, l'ancienne cathédrale d'Olfren n'était plus qu'une montagne de ruines sur un lit de braises, mais sur ce lit de braises poussaient des langues-de-feu, ces petites fleurs flamboyantes dont les pétales, à présent vertes émeraudes, prendraient bientôt la couleur des flammes crachées par le Dragon.

Keith avait marché dans cette ville agonisante avec une certaine légèreté. Il entendait les derniers râles poussés par les pancartes dévorées, les échoppes disparues, le ciment brisé et le fer fondu. Tout cet univers parlait en silence, récitant des paroles sacrées mais exaucées par le martyr. Sur un fond de doléances et de sanglots étouffés, la ville caressait tout de même l'espoir de renaître sous un autre jour. Ici, la nature reprenait ses droits, et le prêcheur appréciait, derrière la voix du désespoir, celle du renouveau. La chose était splendide. Les ruines d'Olfren, indiscutablement, provoquaient l'ivresse du Gardien de la Foi.



Il avait sommé à son escorte de prendre place autour de la cathédrale abattue, et d'y établir un périmètre de sécurité assez fiable, mais pas trop envahissant. Pour être crédible, il devait prouver qu'il n'avait pas crainte de parler à proximité du peuple. Il fallait donc qu'il soit, d'une certaine manière, accessible, sans être à découvert pour autant. Cet exercice était fin et risqué, mais Keith faisait confiance aux hommes que lui avait dégoté l'Eglise. Six gaillards arborant mille cicatrices, rompus au combat, et convaincus qu'ils pourraient racheter leurs crimes en mettant leurs services à contribution de la Foi, avaient entouré la scène où le prêcheur tiendrait son discours. Deux d'entre eux étaient d'anciens forçats mis en geôle que le Dragon avait libéré ; les quatre autres étaient des soldats au service d'une royauté disparue. Tous croyaient fermement à la théorie de la Punition, et protégeaient celui qui l'enseignerait aux ignares.
La foule était arrivée comme une coulée de lave. Les visages étaient apparus de tous les horizons et désignaient une myriade de cultures. Ils avaient patienté dans les nouveaux commerces rebâtis sur les espaces les plus accueillant, quand d'autres arrivaient par groupes touristiques, visitant les ruines comme pour y recevoir une leçon de moralité. Certains, devenus nomades, avaient amené leur famille tout entière, et semblaient vouloir retrouver une certaine prospérité en reconstruisant sur ce qui avait été détruit. Tous, pourtant, accueillaient le discours du religieux avec une oreille attentive : ils avaient eu écho que quelques rares hommes de Foi osaient parler du Dragon et de la colère de la Déesse, sans craindre d'être sanctionnés par celle-ci.
Keith en avait bien conscience. Même dans l'Eglise, le Cataclysme avait soulevé une vague de craintes si terrible que beaucoup n'osaient pas en parler, quand bien même ils croyaient fermement, pour la plupart, à un sort effectivement infligé par la Déesse. Le mage noir observait cette fatalité avec une pointe de déception mais respectait cependant le silence de ses Frères. Eux avaient toujours respecté la Religion, et s'ils ne se sentaient pas capables de faire entendre que le peuple avait été puni, ils n'entretenaient pas moins leur sérieux et leur dévotion. Toutefois, cela ne faisait qu'élever la considération que l'Apôtre de la Nuit accordait à son discours : il devait, plus que quiconque, être entendu par tous.



Quand il se présenta sur les vestiges de la cathédrale, une onde de chuchotements parcourût la foule à une vitesse extraordinaire. A peine était-il apparu qu'il était jugé sur son aspect, son allure, sa tenue. Il s'accommodât rapidement de cette situation pénible mais nécessaire. De toute manière, il n'avait rien à se reprocher : son costume était soigné et sa toilette ne présentait aucun défaut. Il était propre comme un sous neuf, et sa grâce naturelle lui donnait quelque chose de précieux. Il avait l'aura du sacré.

Son discours se présenta en plusieurs étapes. Il avait d'abord tenu à gagner la confiance de la foule, en se présentant sous un jour chaleureux et appelant les visiteurs par des propos familiers : tous ceux qui s'étaient à présent réunis étaient ses Frères, ses Fils, et ceux de la Déesse. Ils étaient tous protégés par la Foi, et l'Apôtre mis l'accent sur leur survie au Cataclysme comme une preuve que la Toute-Puissante leur avait offert une chance inouïe. Il fit ensuite l'éloge du renouveau sur les vestiges d'Olfren, dont les terres brûlées offraient une fertilité incomparable : il salua ainsi le désir de la divinité de construire un monde nouveau, basé sur la modestie et la sobriété des hommes. Il fit ensuite le procès de Galdion, que son avidité avait conduit au sommet, ceci en commettant des actes terribles ; il mis sa mort sur le compte de la Déesse, qui avait ainsi libéré ses Fils du joug du tyran.

Les propos du prêcheur étaient choisis avec une grande vigilance ; ils devaient susciter à la fois la crainte et la confiance. La crainte du pouvoir de la divine, la confiance en sa vertu. Il invita enfin tous ceux qui s'étaient réunis à embrasser son culte, et à croire en un monde nouveau, qu'ils bâtiraient ensemble. Il reçut quelques paroles enthousiastes, et quelques villageois lancèrent des louanges à la Déesse. D'autres, qui n'avaient pas été convaincu, quittèrent le rassemblement sans faire de bruits. Sur la centaine d'individus réunis ici, Keith eut tout de même une majorité de sympathisants, qui attendirent qu'il descendît de son sommet pour venir saluer ses frères.




Le premier qui vint à lui n'inspirait cependant aucune confiance. Son visage parcouru de cicatrices et sa silhouette bien travaillée accusaient l'homme de guerre, et pour compte, il était armé jusqu'aux dents. Dès qu'il s'approchât, il fut mis en garde par l'escorte de Keith, qui observa rapidement le déplacement de trois de ses hommes. Inévitablement, il était appelé à se présenter. Il laissa un partisan embrasser le dos de sa main en engloutissant les quelques pas qui le séparaient du guerrier en question, avant de prendre la parole, éclaircissant sa voix pour être entendu par tous :

- Calmez vos ardeurs, mes Frères. Nous ne sommes pas là pour nous disputer. Chaque homme ici est un des fils de la Déesse : qu'il embrasse la sainte avec la dévotion qu'il lui doit. Monsieur, posez vos armes à votre pied et mes gardes n'attaqueront pas. Je conçois que ce monde en renouveau suscite méfiance et doutes, mais la parole des hommes de Foi est toujours juste et sacrée. Abandonnez votre épée et votre bouclier et nous discuterons sans bataille.

Dit-il en gardant toutefois ses distances.
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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Re: Rencontre avec le prêcheur. [Keith]   Lun 2 Nov - 13:40


Ce prêcheur avait du talent et Camille ne pouvait le nier. Grâce à sa maîtrise du discours et son charisme, l’homme était parvenu à convaincre une bonne partie des gens qui se tenaient devant lui du bien fondé de ses idées et de ses propos. Sa tenue était digne d’un homme de haut rang, loin de tous les paysans qui vivaient en ces terres. Son costume sombre orné de dentelle était parfaitement soigné. Pas un pli ne venait perturber cet homme droit dont les gestes avaient alterné entre douceur et puissance.  Une prestance indéniable, qui impressionnait les âmes meurtries qui lui faisait face. Camille apprit là une leçon, ou comment donner un discours digne de ce nom à la populace. En tant que soldat et fils adoptif de noble il s’accommodait facilement avec ces deux espèces, mais il avait plus de mal à faire pencher la balance de son côté lorsqu’il s’agissait des autres catégories de population. Une population pourtant indispensable, et Camille le savait. Il n’y a pas d’empire sans sujets, il n’y a pas d’empereur sans empire. Afin de parvenir à accomplir ses objectifs, il avait besoin d’hommes comme le prêcheur. Ne restait plus qu’à déterminer si une cohabitation était possible, et s’il accepterait de le suivre.
 
Camille vit le prêcheur descendre de son piédestal, saluant ses partisans, il se laissa baiser la main par l’un d’eux. Dans sa position de sauveur, il se devait de rester prêt de ses fidèles. Une vision que Camille n’aimait guère, bien qu’il en comprenne la nécessité. L’endoctrineur lui faisait maintenant face. Sa posture droite, le fait qu’il soit entouré de ses partisans donnait une prestance à l’homme. Camille lui-même commençait à douter des raisons qui l’avaient poussé ici, mais en aucun cas il ne pouvait les montrer. Devant un tel homme, il ne fallait pas montrer de signe de faiblesse au risque de se mettre à dos toute la foule. Le prêcheur invita tout d’abord ses gardes à se calmer, ponctuant son discours d’une parole religieuse soulignant que tous ici présents étaient les fils de la déesse, il somma Camille de poser ses armes. Concluant son discours sur d’autres sermons religieux, il invita le soldat à discuter désarmé, concession que Camille n’était pas prêt à accepter. Le prêcheur se tenait à une distance suffisante du soldat, preuve qu’il prenait ses gardes malgré ses belles paroles. Camille ne bougea pas d’un iota. Sa posture droite et confiante laissait transparaître ses intentions et les miliciens relâchèrent un peu leur prise.

– Nous sommes en effet tous des fils de la déesse, mais vos fils sont armés et nombreux, tandis que je suis seul. Dit-il d’un ton calme et noble. Je n’ai aucune intention de vous nuire et j’espère encore vivre bien d’autres levés de soleils avec ma femme. Il expliquait ainsi qu’il comprenait parfaitement sa position et qu’il savait qu’une attaque serait simplement une tentative de suicide, qui plus est avec peu de chance de réussite. Je crois moi-même dans le bien-fondé de la déesse et de ses actions, vous êtes le premier homme que je rencontre qui va en son sens. Le premier qui tiens de tels propos et en ce sens, je vous remercie. Je m’appelle Camille De Songefeu, ancien soldat, je suis aujourd’hui à la tête d’un groupe d’homme. Des chuchotements se levèrent alors dans la foule. Camille laissa quelques secondes de silence avant de reprendre ses propos. Vos frères et vos sœurs ici présentes sont de braves personnes. Ils sont éclairés, mais ils sont aussi désarmés dans ce monde hostile. Je ne pense pas que ces épées émoussées soient suffisante si jamais un groupe décidait de vous prendre pour cible. Il désigna alors des yeux les armes que portaient les gardes qui l’empoignaient. Être éclairé ne suffit pas, il faut aussi pouvoir se défendre. Protéger ses enfants devrait être la mission de tous, et je sais que c’est la vôtre. En ce sens, je ne souhaite que discuter avec vous afin de vous proposer mon aide. Refuseriez-vous d’entendre l’un des fils de la déesse ?

Camille usa de sa voix forte afin de dominer la foule. Adoptant toujours la même posture – droite et confiante – il espérait ainsi forcer la main du prêcheur. Le complimenter et mettre en avant ses bonnes paroles afin de mieux se ranger de son côté et défendre la légitimité de ses actions. Le sort de Camille était maintenant entre les mains de cet homme.
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Keith Walderen

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MessageSujet: Re: Rencontre avec le prêcheur. [Keith]   Mer 4 Nov - 15:31

Troublée. C'était l'adjectif le plus avisé pour décrire la pensée du religieux. Il avait l'habitude jusqu'alors de ne trouver que des âmes égarées, des hommes en quête de renouveau ou de repentir. Il n'était d'ordinaire interpellé que par des hommes sans visage et sans nom, des semblables enchevêtrés les uns sur les autres et formant dans l'accumulation une masse monotone, comme des chiens sauvages issus de la même meute, de la même lignée, et aboyant du même timbre pour les mêmes prières. Leur répartie s'arrêtait souvent aux choses les plus simples, et il y avait toujours un argument facile pour leur faire entendre raison. Ils étaient insignifiants. Même les plus rebelles n'étaient au final que des ignares un peu plus téméraires que les autres, mais guère plus vifs ou distingués qu'eux.
Parmi ces chiens, Keith oubliait qu'il existait parfois une race bâtarde : les loups.

Au milieu des décombres noires et parmi cette foule morne et uniforme, dans ce chaos ambiant où les sentiers de braises ne laissaient que des bourgeons de fleurs, l'homme paraissait une lumière au milieu des ténèbres. Mais pas une lumière réchauffante et apaisante, pas une une lumière du firmament, couleur étoile, ni une lumière de l'aurore, couleur émeraude : c'était une lumière rouge, sanguinaire, terrible. Une lumière insoumise que les constellations ne produisent pas : ces lumières-là ne viennent que de la guerre. Il faudrait un soleil de sang pour les faire renaître, et la chose n'existe finalement qu'autour de la mort. Le loup avait ainsi fait sa place dans la meute, et l'on se figurait au centre de cette foule ardente deux mâles alpha aux coeurs volcaniques : le prêtre et le soldat. Leur cohabitation nucléaire était-elle pourtant envisageable ?

Keith prît le refus d'obtempérer du visiteur comme une offense, cependant il ne pouvait lui en vouloir. Il voyait en cet homme rayonnant un adversaire de taille et un leader probable, et, s'imaginant à sa place, il aurait eu la même réaction. C'est ce qui lui donnait un visage et une prestance, c'était la base du volcan. Le face-à-face cristallisait l'attention de la foule qui avait soif de dénouement.
L'allure noble du religieux disputait en charisme les traces belliqueuses du porteur de cicatrices. Une rumeur commença à s'élever dans la foule, de plus envahissante, jusqu'à produire un capharneum peu propice à la conversation. Le mage noir leva la main et sur ce signe ses guerriers crièrent au silence. Une fois la foule assagie, il répondît à l'ancien soldat.

- Je vois en vous, mon Frère, un homme audacieux et plein d'enthousiasme, dit-il sur le ton de la sympathie. Je vous suis gré par ailleurs des bonnes paroles que vous avez professé : soyez sûr que la Déesse vous a entendu, puisqu'elle garde toujours un oeil sur ceux qui protègent son culte. Si vous ne le savez pas encore, je me nomme Keith Walderen, celui qu'on appelle l'Apôtre de la Nuit : celui-là même à qui la Déesse a confié jadis deux cavaliers noirs venus des entrailles de la Terre pour le protéger de la mort. Avez-vous entendu parler de cette anecdote ?

Le gardien de la foi offrit à l'intrus un sourire sincère mais espiègle. Sincère car ce sourire était personnel : Keith était fier d'avoir ainsi su se faire une réputation grâce à la magie noire. Il y a peu, il avait été attaqué par deux paysans lors d'une émeute aux Ellès ; il avait dû pour se défendre recourir au culte profane pour invoquer ces deux chevaliers du chaos, qui dépecèrent ses assaillants aussi vite qu'ils furent appelés. En faisant passer cela pour un miracle, il avait réussi à gagner le respect de tous les autres hommes d'Eglise, et s'il était chargé désormais de faire ce type de discours, c'est qu'il était l'un des membres les plus éminents de la Religion, "celui que la Déesse protégeait avec les cavaliers de l'ombre". Mais ce sourire était aussi espiègle, car il s'agissait d'une réponse implicite à la menace implicite que lui avait prodigué Camille : d'une certaine manière, le soldat avait tenté de lui dire qu'il était à sa merci. Il n'hésite pas à en décrire la raison :

- Si je vous entends bien, Frère de Songefeu, vous dîtes que la Foi ne protège pas d'un groupe armé, et que vous êtes vous-même, soi-disant, à la tête de l'un de ces groupes. Dois-je prendre cela comme un avertissement, Frère de Songefeu ? dit-il en prenant un air plus sérieux. Où sont-ils, vos hommes ? Je ne tendrais pas ma main à un menteur, Monsieur, car je ne crois pas aux paroles vagabondes. Gauvan, c'est toi qui entre en scène.

Sur cet ordre, c'est le plus épais des six hommes du prêtre qui s'avança en direction de Camille. L'individu en question était lui aussi un ancien soldat. Il avait jadis été sous les ordres d'un des Seigneurs les plus influents d'Ashenwall, et si Keith ne le connaissait que depuis peu, il croyait en sa réputation : les autres racontaient que cet homme-là pouvait tordre le coup d'un boeuf à mains nues, et qu'il maniait le glaive avec une brutalité hors-normes. Sa carrure en effet était imposante, et l'on voyait à son visage criblé de stigmates qu'il aimait batailler. Il avait jadis, lui aussi, été à la tête d'une troupe de soldats. Les quelques pas qu'il fit pour s'avancer jusqu'à Camille firent régner un silence plat et morbide sur toute la foule. Keith termina son propos avec la manière :

- Voyons si vous êtes ce que vous prétendez être, Frère de Songefeu. Vous prétendez guider des hommes pour la bataille, mais en avez-vous seulement le talent ? Je ne crois qu'aux prouesses. Vous avez devant l'un de mes meilleurs hommes. J'accepterais votre offre uniquement si vous parvenez à le soumettre.

Les autres gardes réagirent en écartant le peplum, de sorte à libérer une surface pugilistique : la scène offrait les deux hommes d'armes à la vue de tous. Gauvain, avant toute chose, planta sa lame dans le sol devant lui et, abaissant sa main gauche au niveau de l'abdomen, le bras en équerre, il inclina légèrement son buste pour saluer son antagoniste. C'était un homme de respect qui avait à coeur de composer avec les règles du duel.
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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Re: Rencontre avec le prêcheur. [Keith]   Dim 15 Nov - 18:29


Pour une première fois, Camille était plutôt fier de sa prestation. Une prestation qu’il avait – fut un temps maintenant révolu – l’habitude de donner en face de soldats. Mais Camille savait bien qu’il s‘agissait là d’une toute autre espèce, d’une toute autre époque et d’une toute autre situation et qu’il fallait en ce sens ne pas se reposer sur ses acquis. Keith lui avait cependant donné le meilleur des exemples et en cela il lui était reconnaissant.

Entouré par la foule, le duel entre les deux hommes atteignait là son paroxysme. Le sort de Camille reposait entre les mains du prêcheur et la crédibilité de ce dernier reposait dans les actions qu’il déciderait ou non de prendre. Le soldat était inquiet, le prêcheur marqua un silence, signe qu’il réfléchissait profondément à ce qu’il venait de dire. Les hommes du prêcheur semblaient perplexes, quant à la populace, elle aussi montrait des signes de doutes. Tous les regards étaient alors dirigés vers l’homme de foi. Le regard de braise de Camille sondait celui de son interlocuteur à la recherche d’une faille. L’homme qui se tenait devant lui possédait une prestance indéniable, prestance que Camille ne pouvait se vanter en raison de sa tenue et de ses cicatrices. Mais alors que la situation ne s’y prêtait guère, le soldat eut une idée. La cicatrice sur son visage était à la fois une preuve qu’il avait vécu les rudesses de la vie, mais également un poids. Peut-être pourrait-il demander à Meltiel de partiellement lui guérir, ou tout du moins de la rendre plus agréable à l’œil. Une idée à creuser, s’il était encore en vie demain.

Des voix s'élevèrent peu à peu dans la foule, brisant le silence qui s’était alors instauré entre les deux hommes. Ainsi le peuple pressait l’homme de foi de répondre au mercenaire. Il fit signe à ses hommes de faire taire la foule, ce qu’ils firent sans attendre, puis quand le silence fut revenu, le prêcheur s’exprima. Il commença tout d’abord par le blabla si cher à ce genre de personne. Un blabla que Camille trouvait inutile, voir même gênant. Mais c’était également là le but de toutes ces formes. A travers ce flot de paroles sans réel sans si ce n’est encenser la déesse – ou quelconque divinité – les prêcheurs parvenaient à créer une atmosphère, définissant ainsi toutes les personnes présentes sous une même identité, tissant des liens entre les gens afin de créer un sentiment d’appartenance à un groupe, à quelque chose de plus grand. Camille le savait, c’était dans ce genre de situation qu’il prenait réellement son plaisir et non pas dans le combat. Meneur d’homme, il avait imaginé qu’en entrant dans l’armée, en suivant les traces de son père et en acceptant de se faire adopter par des nobles, il parviendrait à gravir les échelons jusqu’à parvenir au dernier. Mais le soldat se rendit bien vite compte de la triste réalité. Jamais un homme du peuple comme lui ne parviendrait à donner jour à ses ambitions, bien que le sort lui ait été favorable. Une injustice qui nourrissait aujourd’hui ses ambitions. Une injustice qui leur donnait un sens, afin que jamais il ne puisse oublier ce que les entraves que la royauté et le sang peuvent amener. Entrave superficiels, telles des chaines qui apparaissaient à vos pieds vous liant irrémédiablement à votre destin. Mais Camille n’acceptait pas ce destin, il ne l’avait jamais accepté et il ne l’accepterait jamais.

Le discours du prêcheur était lourd. Débordant de paroles évangéliques, Camille parvenait avec difficulté à trouver le vrai sens de ses mots… Il se présentât sous le nom de Keith Walderen – un nom qui semblait indiquer des origines Ashenwall – ou l’apôtre de la nuit. Un surnom qui lui venait du miracle que la déesse lui avait accordait, le protégeant d’une mort certaine en faisant apparaître deux cavaliers noirs. Il demanda ainsi à Camille s’il connaissait cette anecdote. Evidemment, le soldat n’en avait jamais eu vent, mais il prit le temps d’une seconde afin de réfléchir s’il était plus sage de répondre par l’affirmative, ou de tout simplement dire la vérité. Affirmer son histoire serait donner plus de valeur à cet homme, mais aussi montrer un signe d’appartenance au groupe, comme si lui aussi il faisait partie des leurs. Idée sage, mais que Camille rejeta.

– Je suis au regret de vous avouer que je n’ai jamais entendu cette histoire. Dit-il l’air gêné. Bien que croyant, je n’ai que rarement eut le privilège de rencontrer des personnes de foi telles que vous.

Le soldat ne croyait pas à ces dires, mais ses idées importaient peu ici, car il suffisait que les gens le croient pour que ses objectifs soient atteints. Keith continua son discours en tournant les paroles de Camille contre lui. L’invitant à dire si ses intentions étaient néfastes, il lui demanda aussi de prouver qu’il avait bel et bien un groupe. Mais sans laisser le temps au soldat de s’exprimer, il invita l’un de ses plus féroces hommes à entrer en scène. Ainsi, son sort résiderait dans ce duel, un duel à mort, car même si Keith ne le souligna pas, il ne faisait aucun doute dans l’esprit de Camille que le prêcheur profiterait de sa défaite pour assoir encore plus son autorité et en ce sens, en tuant celui qui ne fut pas bénit pas la déesse. Quand Gauvan – l’homme qu’avait désigné Keith pour se battre – entra en scène, tous les regards se portèrent vers lui, puis se dirigèrent aussitôt vers Camille. La montagne de muscle qui lui faisait face devait mesurer plus de deux mètres. Son visage et son corps couvert de cicatrice en disait long sur les combats qu’il avait menés jusqu’alors. Camille était inquiet. Ses chances de le vaincre étaient maigres, bien que plus petit, Camille ne pouvait compter sur sa vitesse qui était plus l’une de ses faiblesses que l’un de ses atouts. Ainsi il ne devait compter que sur sa force, son agilité et son intelligence. Epuiser un gaillard de cette trempe fut une idée à laquelle il renonça dès qu’il l’eut aperçu. Camille parviendrait cependant peut-être à surprendre son adversaire grâce à sa force. Du haut de son mètre soixante-quinzaine l’homme profitait d’une force naturelle importante. De plus, guerrier aguerrit, l’homme qui lui faisait face devait plus être rodés aux duels qu’aux champs de batailles. Un fait qui peser une fois de plus contre Camille. Mais qu’importe, c’était là un défi à surmonter. Et dans sa folie des grandeurs, dans son utopie sans limite, Camille commença à ressentir de l’excitation dans cette peur qui l’habitait alors. Les gardes écartèrent la foule afin de laisser aux duellistes la place d’exprimer leur art. Gauvain planta son arme dans le sol puis abaissa sa main sur son abdomen et s’inclina légèrement. Ainsi il ne s’agissait pas là des rustres ce son espèce, mais bel et bien d’un soldat. Sans un mot, il hocha lentement la tête en guise de respect, puis il s’arma de son bouclier et dégaina son épée de sa main gauche, un fait rare dans ce monde où l’art de combattre de la main droite était de vigueur. Cette épée courte ne serait trancher cet amas de chair et de muscles. Tout au plus parviendrait-il à le blesser, mais rien qui lui garantirait la victoire. Ainsi son coup devrait être précis, et mortel. Camille n’aurait pas le droit à beaucoup d’occasions. Reprenant son arme, Gauvain se mit en garde. Ainsi le combat commença.

Gauvain fut le premier à attaquer. De sa puissante épée, il tenta de trancher en deux au niveau de la taille Camille, dans un puissant coup horizontal allant de gauche à droite. Ce dernier plaça alors son bouclier afin de parer le coup, trop rapide pour qu’il puisse l’esquiver. Sous le choc, le chevalier fut littéralement soulevé. Grimaçant sous la puissance du coup, il ré-atterrit un mètre plus loin, toujours solidement crampé sur ses positions. Mais contrairement à ce qu’il pensait, son adversaire n’était pas beaucoup plus puissant que lui. Son coup profitait de toute la force de son corps chargé à son maximum, mais peut-être parviendrait-il à le surprendre, encore fallait-il lui faire lâcher son épée longue. Camille se repositionna aussitôt afin de faire face à son ennemi, celui-ci le réattaqua de plus belle en le chargeant, Charge que Camille esquiva, puis il sauta et tenta d’assener un coup fatal à la gorge de son adversaire, attaque qu’il rata, son épée ne tranchant que légèrement le dos de Gauvain. Celui-ci gémit, se retournant afin de faire face à Camille. Ainsi les deux hommes se regardèrent les yeux dans les yeux, comme si dans leur monde n’existait plus que celui qui leur faisait face. Le visage de Camille restait parfaitement neutre, son regard de braise illuminant ses yeux. Se jaugeant l’un l’autre, les deux hommes restèrent immobiles, puis c’est Camille qui mena l’attaque. Gauvain plaça son épée afin de parer l’attaque de Camille, ce dernier plaça alors son bouclier en face de lui et vint heurter l’arme de son adversaire. Le soldat s’accroupit alors rapidement puis se releva de toutes ses forces brisant ainsi la garde de son adversaire. Grâce à la strie que Gauvain avait laissée lors de sa première attaque, Camille était parvenu à bloquer son épée. Ainsi, sa garde brisée, Gauvain tenta d’asséner à Camille un puissant coup de poing. Ayant ouvert sa propre garde afin de briser celle de son adversaire, Camille avait exposé son flanc droit. Il ne pouvait donc échapper au puissant coup qui se dirigeait vers son torse, mais il parvint à planter sa lame de sa main gauche dans le coup de son adversaire. Propulsé plusieurs mètres plus loin, Camille s’étala sur le sol, tandis que son adversaire sortir l’épée qui s’était planté dans son coup. En quelques secondes, l’homme s’affaissa sur le sol. Camille se releva patiemment, Plusieurs côtes avaient été brisées lors du choc. Mais il ne pouvait montrer de signe de faiblesse. Tant qu’il se tiendrait à des mouvements mineurs, son état ne devrait pas empirer. Dans un silence morbide, Camille ramassa son bouclier de sa main valide – la gauche – et le repositionna dans son dos, puis il ramassa son épée et la nettoya sur le veston du cadavre de Gauvain et la replaça finalement dans son fourreau. Balayant de son regard enflammé la foule, la tête relevé, celui-ci vint se fixer sur le prêcheur. Il lui revaudrait un tel défi, Camille ne pourrait combattre pendant plusieurs mois à moins de trouver un mage blanc afin de le guérir. Keith lui revoudrait un coup pareil, Camille s’en fit la promesse. S’approchant de lui, d’une marche lente mais assurée, il s’exprima.

– Comme tu le vois, je suis parvenu à soumettre ton homme.

Cette petite comédie ne prouvait en rien que Camille était un meneur d’homme. Camouflé permettant à Keith de se débarrasser de cet homme gênant, ce dernier c’était finalement retourné contre lui.

– Tout comme toi je n’ai qu’une parole, prêcheur. Je suis bel et bien celui que je prétends être, et je l’ai prouvé, comme tu me l’as demandé. Maintenant, je te demande à mon tour du temps afin que nous puissions discuter. Mon but n’est en aucun cas de vous menacer, et c’est en ce sens que je suis venu ici seul, afin de vous parler directement. Dans le cas contraire, amener un bataillon expérimenté aurait été bien plus efficace. Mes hommes attendent mon retour, car je suis ici pour discuter et non pas pour me battre.

Mais derrière ces belles paroles, un avertissement était posé. Si Keith retentait un coup comme celui-ci et que Camille mourait, il se risquait à affronter des soldats expérimentés. En réalité, il s’agissait là d’un bluff. Camille devait rejoindre ses hommes afin de les mener jusqu’à leur terre natale, où il comptait bien reprendre les rênes de la situation. Mais Keith serait un atout précieux, comme il l’avait espéré. Ne rester plus qu’à discuter avec lui de tout cela, loin de la populace.
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Rencontre avec le prêcheur. [Keith]
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