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 Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]

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Arialas Ishtarian
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MessageSujet: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Ven 2 Oct - 20:34

À force d'entendre parle de la contrée natale de Camille, Arialas accepta de suivre celui-ci en direction du sud de Gorah. Plus le duo avançais, plus la température extérieur se réchauffais. Lorsque le couple arriva à la frontière entre Ashenwall et Ravey, l'Ange Sanguinaire se mit à hésiter. Jusqu'à maintenant, elle n'avait pas quittée ce pays de la neige, depuis son réveil du moins. Commençant de toute façon à se faire tard, le petit groupe décida de s'arrêter dans un village côtier, au moins pour la nuit mais aussi pour laisser la femme s'habituer peu à peu à la chaleur. Après un bon sommeil régénérateur, Arialas proposa à son partenaire de visiter le village, intéressée de savoir si les habitudes de vie était différentes des villages plus au nord. De plus, cela lui laisserais le temps de savoir si elle désirais réellement faire le pas de l'autre côté de la frontière. Bien sûr, Camille accepta avec joie d'aller marcher un peu en sa compagnie.

Alors que le duo arrivaient à la place centrale du village, un joli petit écureuil passa devant eux à la course et s'arrêta un peu plus loin, ramassant des graines au sol. Se tournant vers Camille, Arialas lui souri de toute ses dents.

- Regarde comment il mignon!

Sans attendre de réponse de sa part, la femme se mit à courir en direction du petit animal, sa naginata se balançant dangereusement dans son dos. Ne regardant pas du tout où elle allais, son épaule gauche heurta un homme qui marchais tranquillement dans la rue. Dans son élan, la collision ne l'arrêta pas et le pauvre homme reçu le manche de la naginata en plein front. Incertaine face à la possible réaction de l'inconnu qui se trouvais maintenant de dos à elle, Arialas se rapprocha et s'inclina tout de même en parlant, au cas où celui-ci se retournerais.

- Je suis vraiment désolée monsieur! Je ne sais pas comment me faire pardonnée...

Bien sûr, celui-ci se retourna – qui ne le ferais pas? Se redressant, Arialas en profita pour l'examiner rapidement. L'homme semblais un peu plus jeune qu'elle et était de bonne taille. Voyant une légère rougeur se former sur le front du malheureux, Arialas ne prit pas le temps de réfléchir. Se mettant sur le bout des pieds, elle déposa un bisou sur l'endroit de l'impact, avant de détourner la tête en rougissant.

- Il parais que sa atténue la douleur...

Se mordillant la lèvre, Arialas recula et jeta un regard à Camille, se demandant ce que celui-ci pouvait bien penser de son comportement. Elle ne pût s'empêcher de se dire que le pauvre guerrier devait en voir de toute les couleurs avec elle. Soudain, elle sentit quelque chose bouger à ses pieds, c'était le fameux petit écureuil de tout à l'heure. Le ramassant, elle le flatta distraitement, attendant avec une grande incertitude les réactions des deux hommes.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Sam 3 Oct - 12:00

C'était la troisième fois qu'Aerdris revenait sur les terres de son enfance depuis le grand cataclysme, et pourtant tout était aussi difficile que la première fois. Voir la décadence, la ruine du pays autrefois cœur du monde était une véritable torture pour l'impérial patriote qu'il était. Pourtant ces passages étaient nécessaires, pour voyager, mais aussi et surtout pour se rappeler pourquoi il continuait à vivre.

Cette fois-ci, le serpent blanc venait pour une bonne raison, il devait rencontrer le chef d'un village frontalier avec Ravey, afin de discuter plus avant de possibles ententes. Aussi Aerdris ne prit pas la peine de former une pleine unité pour le voyage mais décida de seulement partir avec sa plus récente alliée, le sergent Celend. La jeune femme était une ancienne prisonnière d'un noble devenu chef de bande mais avait déjà repris pleinement ses habitudes quant à son rang et ses devoirs militaires.

Le duo traversa la frontière sans encombres, et atteignit le village en quelques jours sans croiser la moindre bande ou meutes animales voraces, cela était de bon augure. Finalement au quatrième jour, le village apparut, et avec lui le retour du froid traditionnel de la contrée. Quoique nettement plus chaleureux que les landes du nord, le froid était étonnement mordant en comparaison à la douceur estivale du royaume du désert.

Pourtant ce froid, loin de déranger les deux impériaux, leur fit décrocher un large sourire. Un sentiment d'être à la maison emplit Aerdris qui fut gagné d'une grande joie le faisant marcher avec toujours plus d'entrain. Celend, admirait le paysage et se laissa distancer, l'impérial arriva au village alors même qu'elle calculait seulement le départ de son compagnon.

Arrivé au centre du village, Aerdris se figea apprécia le vent froid qui lui fouettait le visage, l'homme avait toujours était un grand amoureux des grands froids et même si le vent de ce lieu n'était qu'un avant goût de la véritable saison hivernale de la contrée, il n'en était pas moins délectable. Ainsi absorbé par son appréciation de la nature des lieux, le soldat ne calcula même pas les deux autres personnes qui se baladaient sur place.

Toutefois ils finirent par dévoiler leur présence de la plus directe des manière. En effet une femme percuta violemment Aerdris qui manqua de peu de finir couché sur le sol, mais pas tant par le choc de la rencontre, plutôt à cause du coup de bâton assez joliment asséné sur la tête du soldat. La douleur ne dura pas, mais la joie du moment de félicité s'évanouit ce qui effaça totalement le sourire d'Aerdris.

Je suis vraiment désolée monsieur! Je ne sais pas comment me faire pardonner...

La voix était si douce. Aerdris se retourna et fit face à une femme au visage particulièrement angélique. Sa longue chevelure mauve instilla un doute dans l'esprit du soldat qui resta quelques secondes figé. Aussi fut-il totalement surpris par la réaction toute enfantine de son interlocutrice, qui vint déposer un doux baiser sur le front de l'impérial interloqué.

Il parais que sa atténue la douleur...

Tout revint à l'esprit du serpent blanc, qui se rappela des dires de camarades parlant de la folle sanguinaire à la chevelure mauve et au visage d'ange. Il était ... NOn impossible que la femme rougissante et amoureuse des écureuils soit cette guerrière sanglante. Toutefois, Aerdris avait appris à se méfier des plus ingénus aussi plaça-t-il sa main sur la poignée de son katana.

C'est alors que l'impérial découvrit la présence du deuxième personnage, celui qui attirait les regards inquiets de sa camarade. Un solide combattant plutôt jeune mais dont le visage dévoilait largement la dureté de sa vie passé. Il était évident qu'il serait un adversaire compliqué, et si la femme était bien l'ange sanguinaire alors la situation se corsait.

Tenant toujours fermement le manche de son arme, Aerdris fixa les deux compagnons et se remit à sourire comme à son habitude. Le soldat n'avait pas l'air commode, surtout avec ses vilaines cicatrices, indiquant son statut de vétéran, mais aussi qu'il est possible de le toucher. Le cas de la femme était nettement plus problématique, si elle était moitié moins compétente que les rumeurs le sous entendait alors elle serait déjà un mortel ennemi.

Aerdris décida de couper court au silence.

"Une dame n'a nul besoin de se faire pardonner pour si peu. Il est toutefois toujours charmant de recevoir si plaisante compensation."

Le soldat tendit la main vers la femme qui, interloquée, répondit en tendant la sienne. Aerdris attrapa alors la main, remarquant au passage qu'elle possédait une peau terriblement douce, et y déposa un baiser à son tour.

"Pour me faire pardonner d'avoir pu gêné une dame si pleine de bonté. Il est évident en vous observant qu'aucun mal ne pourrait être fait volontairement."

Le serpent blanc testait la femme qui, d'après les rumeurs était d'une cruauté sans borgne. Et puis il était aussi curieux de la réaction du soldat trainant quelques pas derrières.

"Je me présente Aerdris Daedran, mercenaire en voyage." Des bruits de pas indiquèrent au soldat que sa compagne venait de rejoindre la place. Une bonne chose. "Et voici Celend, ma noble camarade." L'impérial lâcha enfin la main de la femme qui tenait toujours son écureuil. "Si je puis me permettre, j'aimerais avoir le plaisir de connaître le nom de si belle dame qui me laissa le plaisant cadeau d'un baiser."

Voila, le moment vital de la rencontre. La curiosité emplissait Aerdris, il ne laisserait aucunement passé la possibilité de connaître le fin mot de l'histoire.

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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Mer 7 Oct - 12:26

Ravey, un pays autrefois glorieux, aujourd’hui déchu. Cette terre que Camille aimait tant. Cette terre où il avait tout perdu, sa mère, sa famille, ses hommes, sa ville. Cette terre où il désirait maintenant retourner, afin de tirer un trait sur le passé et commencer à dessiner à tracer son futur.
 
Le duo se dirigea vers le sud, bien que cette partie de Ravey ne soit pas la province d’origine de Camille, sa joie transparaissait son sur visage. Un sourire en coin, le jeune homme profitait de chaque instant pour observer les changements de son environnement au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de leur destination. La température augmentait peu à peu, pour son plus grand plaisir, tandis que la faune et la flore changeaient eux aussi peu à peu. Mais bien que baigné dans toute cette satisfaction, Camille ne pouvait s’empêcher de ressentir une profonde douleur devant le tableau qui se dessinait peu à peu. Autrefois riche, la pauvreté de l’empire se faisait aujourd’hui sentir. Un commerce florissant transformé en routes de contrebandes. Des gardes impériaux chargés de la sécurité aujourd’hui à la solde de milices locales, elles-mêmes travaillant pour des groupuscules criminels.
 
– Comment-est ce qu’on a pu en arriver là ? Se dit-il à lui-même.
 
Ravey n’était plus aujourd’hui. Souvenir d’un passé révolu, il ne s’agissait maintenant plus que d’une région comme une autre. Impardonnable fut le règne des rois et des reines de ce pays. Ces mêmes descendants divins qui menèrent l’empire à sa perte. Son sourire disparu alors, laissant place à une certaine tristesse.
 
Leurs pas les menaient toujours plus profondément dans Gorah, pour finalement atteindre le fleuve qui faisait autrefois office de frontière et de principal axe commercial du continent. Ce fleuve qui était aujourd’hui au mains de pirates et de bandits faisant payé des tarifs de passages exorbitants à ceux qui désiraient y faire transiter des marchandises en échange de leur protection. Au loin, l’ombre d’un village se dessinait. Arialas semblait curieuse. Curieuse de voir comment vivait les gens d’ici. Camille aurait bien voulu lui explique que ce paysage n’était en rien celui qu’il avait connu autrefois. Mais le cœur lourd de regret, il décida de se taire. D’un simple hochement de tête, il attrapa la main de sa compagne puis la suivit jusqu’au bourg. Une muraille en mauvais état faisait office de protection, effondré ci et là par manque d’entretien. Une fois la faible sécurité du corps de garde passé, les deux âmes avançaient en direction de la place principale. Bien que possédant deux cultures différentes, entre l’est et l’ouest, l’agencement des villes Raveyiennes suivait toujours une même logique. Sur la place principale était situé un temple, des bâtiments gouvernementaux ainsi qu’un marché. Ce marché était la plus part du temps couvert, afin de se protéger des attaques du soleil du sud. Mais cette ville étant situé bien plus au nord que les autres, son marché était ouvert. Autrefois, certains étaient tellement importants qu’ils couraient le long des axes principaux, certaines villes ayant même pour origine des marchés d’où se sont ensuite développé des habitations.
 
Arialas se trouvait maintenant devant lui, ses pas ayant ralenti afin de mieux observer la scène qui lui faisait face. Une scène bien pitoyable, bien loin de tout ce qu’il croyait. Ses yeux ne parvenaient à distinguer que les mendiants et la pauvreté des étalages. Certains pavés de la rue semblaient eux même instable, preuve plus rien ici n’était réellement entretenu. Mais alors que ses yeux ne parvenaient à distinguer de lumière dans toute cette noirceur, il vit Arialas se tourner vers lui, un sourire aux lèvres. Elle pointa du doigt un écureuil mangeant des graines tombées des stands.
 
– Regarde comment il mignon ! Dit-elle alors qu’elle accouru vers lui pour le caresser.

Le manche de sa naginata qui bougeait dangereusement vint s’écraser sur la face d’un homme qu’elle venait de dépasser. Camille grimaça devant la douleur que celui-ci devait avoir ressenti, puis commença à s’approcher d’elle afin de s’excuser. Arialas – qui se rendit compte de sa maladresse – se tourna vers l’homme et s’excusa, tout en lui offrant un baiser sur le front pour preuve de sincérité. Une femme bien trop innocente, Camille le savait bien. Mais c’était justement cette innocence qui était si précieuse à Camille. Une innocence qui était tel un rayon de lumière dans ce tableau noir. Une innocence qui le rassurait, lui rappelant que dans ce monde, de belles choses existaient encore. Pour autant, cela ne l’empêcha pas de ressentir une certaine frustration, lui aussi ayant bien voulu une preuve de tendresse de la part de sa bienaimée.
 
Mais tandis que Camille se rapprochait d’eux, il vit le sourire qu’arborait l’interlocuteur d’Arialas. Un sourire étrange,  comme figé dans le temps. Un sourire qui lui parut malsain. Mais le comportement de ce dernier le rassura. Agissant tel que se devait de faire un chevalier, il embrassa la main d’Arialas, la rassura puis se présenta sous le nom d’Aerdris Daedran. Mercenaire en voyage, il fit rejoint par une femme qu’il présenta comme étant Celend, sa partenaire. Pour finir il demanda le nom d’Arialas, sans vraiment prêter attention à Camille qui se tenait maintenant à ses côtés.
 
– Elle s’appelle Arialas et je suis Camille de Songefeu. Il fit s’inclina alors légèrement, le bras positionné au niveau de son ventre tel qu’un noble l’aurait fait.


Aerdris n’était peut-être pas issu de la noblesse, mais il semblait néanmoins disposait de bonnes manières et Camille agit en ce sens. Il tourna ensuite vers Celend, puis tout réitéra sa légère courbette.

– Je m’excuse pour le désagrément, mais ce petit bonhomme a attiré l’attention de ma femme. Dit-il alors qu’il caressa l’écureuil, un sourire sincère se dessinant sur son visage. Mais si je peux me permettre, à la vue de vos tenues vous ne me semblez pas être d’ici, je me trompe ? Pour ma part je viens de l’est de Ravey, après les montagnes. Par ailleurs, bien que vous me semblez bien armés, ainsi qu’entrainés, je vous conseille de rester sur vos gardes. Ce qui était autrefois une ville riche, symbole de la puissance de Ravey n’est maintenant plus que la cachette de groupes de brigands.

Argumentant ses derniers mots d’un geste de la main, désignant ci et là des hommes qui semblaient être des criminels armés, il décida d’en apprendre un peu plus sur les deux personnes qui lui faisaient face.

– Qu’êtes-vous venus chercher ici ? Peut-être pourrai-je vous aider.
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Arialas Ishtarian
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Jeu 8 Oct - 0:20

Le silence se prolongeais, rendant encore Arialas plus anxieuse. Le jeune homme qu'elle avait bousculée avais la main sur son arme et la détaillait de la tête au pied, comme l'on détaille sa proie. Puis, ce fut au tour de Camille de se faire examiner avant qu'un sourire ne se forme sur le visage de l'inconnu et il rompit enfin le silence. L'homme se nommais donc Aerdris et il était un mercenaire, tout comme elle. Arialas se dit qu'elle avait eue bien de la chance de tomber sur quelqu'un d'aussi gentil – beaucoup aurais voulu l’étriper pour moins pire. La voix du jeune homme était douce, empreint d'une grande politesse tout comme ses gestes. Une chose était certaine, cet homme avait de bonne manière et agissais en parfais gentleman. L'attention de l'ancienne Ange Sanguinaire se tourna ensuite vers la femme, qui avait été présentée sous le nom de Celend. La gratifiant d'un sourire comme salutation, elle reporta son œil valide vers son amoureux, qui s'était approché. Continuant de caresser son nouvel ami, elle essaya de déchiffrer ce que pouvais penser l'homme originaire de Ravey.

Alors qu'Aerdris demandais poliment le nom de la femme qui l'avait gratifié d'un baiser sur le front, ce fut Camille qui s'interposa en prenant la parole et faisant la courbette habituelle des nobles – par deux fois. Il faut croire que celui-ci pouvais bien se comporter avec les inconnus de la gente masculine, ce qui n'était pas tout-à-fait le même cas avec la gente féminine – à moins que ce ne sois encore une fois qu'avec elle qu'il avait des manières si... brusque à leur rencontre. Alors qu'Arialas déposais le petit écureuil sur son épaule, Camille avait enfin terminé de faire ses courbettes et se mit lui aussi à caresser le petit animal, en souriant. Alors qu'il amorçait ensuite un monologue sur la vie à Ravey, Arialas bailla et le laissa finir son blablatin en allant examiner un peu les alentours.

Comme elle s'y étais attendue, tout était bien différent des paysages d'Ashenwall qu'elle avait vue jusqu'alors, de l'architecture aux vêtements, en passant par la faune et la flore. Pourtant, si l'Ange Sanguinaire d'Ashenwall était effectivement dans l'armée de Galdion, elle avait bien dû voyager un peu partout dans Gorah. Peut-être que si elle concentrait bien fort sur les décors environnant, certains souvenirs pourrait lui revenir? Distraitement, la femme déposa l'écureuil au sol, à l'abri des bottes des passants. Oubliant temporairement ses compagnons qui discutaient, elle ferma les yeux en profitant d'une légère brise qui passais. Camille avait au moins raison en partie, la température était bonne ici. Elle ne profita de ce moment de relaxation que quelques secondes avant de s'approcher des stands, intéressée – c'était la première fois qu'elle voyait un marché public, depuis son réveil du moins.

L'un des marchands, voyant son intérêt envers les stands de ses compatriotes l'interpella. Ayant vu tout la scène, celui-ci lui montra une magnifique breloque en bois en forme d'écureuil, accroché sur un simple bout de ficelle. Arialas tomba immédiatement sous le charme, les pierres précieuses et tout ce qui brillais n'était pas du tout son truc mais de petit objets rustique, fait à la main, étaient beaucoup plus beau à ses yeux. Payant l'homme qui demandais un prix ridiculement bas avec le peu d'argent qui lui restait de sa dernière quête, elle le remercia. Bien sûr, très peu de gens se souciais maintenant d'acheter des beaux petits colliers artisanale alors même s'il l'aurais voulais, il ne pouvais vendre bien bien cher. Bien sûr, elle l'accrocha immédiatement à son cou.

Retournant ensuite voir le groupe qu'elle avait quittée pas plus de deux minutes, Arialas se posta à côté de Camille, se demandant ce qu'ils faisaient encore plantés là comme des idiots. Lui prenant la main, elle décida de faire une proposition au groupe – elle en avait assez de rester là à attendre. Si son homme souhaitant parler encore longtemps, soites, mais pas au beau milieu du marché.

- Il y a une taverne là-bas. Pourquoi n'irions-nous pas discuter plus longuement à l'intérieur? Nous serions déjà plus confortable que debout ici.

Ajoutant le geste à la parole, Arialas désigna la dite taverne du doigt. Bien sûr, le bâtiment semblais dans un état lamentable mais une taverne restait une taverne. Dans ce monde dévasté, il ne fallait pas trop en demander tout de même. Souriant à ses compagnons, elle attendit leurs réponses.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Jeu 8 Oct - 12:02

Elle s’appelle Arialas et je suis Camille de Songefeu.

La voix surprit légèrement Aerdris qui ne s’attendait pas à ce que soit l’homme qui répondit à la place de la femme. Peut-être au fond est-ce pas si surprenant mais l’impérial n’arrivait à se débarrasser de l’impression qu’elle n’était pas ce qu’elle semblait vouloir être, une part sombre, encore renforcé par son œil manquant.

Je m’excuse pour le désagrément, mais ce petit bonhomme a attiré l’attention de ma femme. Mais si je peux me permettre, à la vue de vos tenues vous ne me semblez pas être d’ici, je me trompe ? Pour ma part je viens de l’est de Ravey, après les montagnes. Par ailleurs, bien que vous me semblez bien armés, ainsi qu’entrainés, je vous conseille de rester sur vos gardes. Ce qui était autrefois une ville riche, symbole de la puissance de Ravey n’est maintenant plus que la cachette de groupes de brigands.

Les manies et manières d’être du soldat énervèrent vite Aerdris qui décela immédiatement le comportement d’un membre de la noblesse, ce qui ravivait de mauvais souvenirs. Pourtant quelque chose d’autre était étrangement dissonant, malgré ses manières le grand guerrier ne donnait pas la parfaite illusion de la noblesse, non quelque chose clochait. Sûrement appartenait-il à la petite noblesse ou une famille désargentée lui ayant valu une place moindre dans l’armée lui apportant une certaine impression d’être un étranger dans sa propre classe sociale.

Mais tout cela n’était que des considérations futiles pour l’heure, le plus important était de jauger et comprendre qui étaient ces individus étonnement étranges, quelque chose poussait plus à les juger comme des individus d’importance que de simples voyageurs. Enfin cela provenait surtout l’envie de découvrir la véritable identité de la femme feignant la naïveté.

Qu’êtes-vous venus chercher ici ? Peut-être pourrai-je vous aider.

Se décidant enfin à reprendre le fil de la discussion, Aerdris fit un beau sourire à Celend qui le regarda surprit, étant arrivée en retard elle ne comprenait pas encore tout ce qui se déroulait, et surtout elle ne semblait pas connaître les histoires de l’ange sanguinaire. Lâchant enfin la poignée de son arme, le serpent blanc ferma les paupières tout en continuant à sourire.

« Comme certains détails me trahissent. Je suis un natif du nord d’Ashenwall, et je ne suis guère doué en géographie, mais selon ma mémoire ces terres font encore partie de la patrie du froid. Et elle dévoilait ainsi la puissance impériale et non du peuple du désert. »

La pique était évidente, Aerdris avait tout de suite repéré les propos d’un partisan de l’ancien régime renversé par l’empire. Pourtant il n’y avait nul haine, ni défi dans les propos, le soldat ne supportait juste pas qu’on puisse jauger l’ancien régime comme un symbole d’une ère supérieure.

« Et pour les bandits, je crains qu’ils n’étaient déjà présents, sous une forme certes très différente, ils ne s’habillent plus aussi bien c’est tout. »

Une seconde attaque, cette fois-ci tout droit dirigée vers la « grande famille » du soldat dénommé Camille. Pour une raison inconnue, Aerdris ne pouvait s’empêcher de chercher le guerrier, peut-être par esprit de contradiction, ou simplement parce qu’il le pouvait enfin. Parler librement, vivre en étant franc avec soi-même.

Le regard du soldat impérial se tourna à nouveau vers la femme qui semblait parfaitement absorbée par son cher ami l’écureuil, et qui avait quitté le groupe pour chercher une babiole vendue par un marchand plus loin. Les yeux d’Aerdris se rouvrirent et fixèrent le visage débordant d’innocence, plus le temps avançait plus la situation était étrange, et pourtant plus le soldat se retrouvait à croire toujours plus avant qu’il avait affaire à la célèbre tueuse. Pourtant rien, aucun indice ne le poussait plus avant, juste cette impression sourde, ce désir de croire à cette histoire.

Pourtant, alors qu’elle revenait enfin vers le groupe, quelque chose renforça encore sa conviction. Sa démarche. Elle n’était pas celle d’une simple femme accompagnant son homme, non elle tenait plus du léopard des neiges, une démarche de prédateur non de proie.

Il y a une taverne là-bas. Pourquoi n'irions-nous pas discuter plus longuement à l'intérieur? Nous serions déjà plus confortables que debout ici.


Bien que la proposition ressemble plus à une promesse de mort, ou un piège de la part d’une tueuse légendaire, quelque chose gênait toujours Aerdris, une innocence étonnante soulignait chaque syllabe, une impression tenace d’une bonté profonde. Tout cela donnait encore plus de crainte à l’impérial, renforçant l’impression angélique. Le surnom était-il si parfaitement justifié ?
Celend donna un coup de coude à Aerdris, qui ne put s’empêcher de sourire, cette fois-ci plus sincèrement que par habitude. Un regard entre les deux compères suffit à prendre la décision que tout deux désiraient.

« Mon amie et moi serions ravi de quitter cette place par trop dépourvue de plaisir. Un bon repas et une boisson ne serait pas de trop pour discuter plus avant, ou tout simplement prendre plaisir autour d’une tablée chaleureuse. »

Et puis, il restait toujours une question que le dénommé Camille avait posé, et qui était la plus importante de toutes. Ainsi décidés, Aerdris et Celend se dirigèrent sans autres formes de procès droit sur la bâtisse proposée, de toute manière, même si Camille décidait de refuser la proposition et il était temps de se reposer autour d’un repas traditionnel.

Une fois dans la taverne, le duo se dirigea vers une table libre capable d’accueillir quatre personnes sans une promiscuité exagérée, non que cela ne dérangea franchement le soldat, il était ici question de bonne conduite avec les deux voyageurs, s’ils venaient. L’aubergiste, bien trop heureux de voir enfin des clients dans cette journée morne, s’empressa de rejoindre les nouveaux venus, qui ne firent pas prier pour prendre commande.

Alors même qu’ils terminaient leurs menues décisions, le second duo pénétra les lieux à son tour, La femme précédait son compagnon et marchait avec cette allure qui la caractérisait, une démarche paraissant enfantine au premier abord, mais parasitée par nombres de détails révélant la vraie nature guerrière de la femme. Camille, lui, était plus droit, et avançait avec l’aisance d’un individu habitué à diriger, celle d’un guerrier et d’un noble, le plus dangereux des mélanges.

Une fois qu’ils eurent décidé de se joindre enfin à la tablée préparée, et prit commande auprès d’un aubergiste aux anges, Aerdris reprit, comme si la discussion ne s’était jamais arrêtée.

« Pour ce que vous pouvez faire pour m’aider, je pense que je serais pour le moment simplement curieux de connaitre les raisons du voyage d’un citoyen de Ravey aussi loin de chez lui, surtout dans ces temps troubles. Au final qu’en savons, nous, peut-être est-ce moi qui serais le plus à même de vous aider. »

La phrase était parfaitement sincère comme toutes les autres, pourtant elle résonnait bien différemment. La discussion entrait sérieusement dans le ce qui importait réellement. Tout devenait plus sérieux et loin des tacles et présentations plates du début. La rencontre commençait réellement.

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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Dim 11 Oct - 17:59

Aedris confirma les soupçons de Camille quant à sa provenance. L’Ashenwall en profita également pour désigner ces terres comme étant à celles de l’ancien empire. Quel affront. Camille d’eut se retenir de ne pas tousser tellement une telle absurdité le surpris. Alors qu’il avait décidé d’attribuer cette première pique à une simple erreur, la suite de son discours vint ramener Camille à la réalité. Levant les sourcils, surpris devant un tel personnage dont il s’était fait une idée toute autre que celle qu’il lui montrait, il s’apprêta à lui répondre avant de ravaler ses propos. Ajouter de l’huile sur le feu serait inutile et cette petite joute orale n’était pas nécessaire. Arialas semblait attirer un peu trop l’attention d’Aerdris qui avait son regard rivé sur elle depuis leur rencontre. Connaissait-il l’ange sanguinaire ? Après tout, il était originaire des terres gelés du nord. Le regard sérieux, Camille changea d’attitude, délaissant la posture bienveillante qu’il avait adoptée. Arialas revint à ses côtés, puis tout en lui prenant la main proposa au groupe de se diriger vers une auberge afin de discuter plus confortablement. Camille fut partagé entre sa curiosité d’en apprendre plus sur ce jeune homme au comportement étrange et sa raison qui le poussait à couper court à ce qui semblait être une pure perte de temps. Mais il n’eut pas le temps de prendre sa décision qu’Aerdris accepta la proposition.

– Une tablée chaleureuse…

Ces derniers mots résonnèrent dans la tête de Camille tandis qu’il se dirigeait vers la taverne qu’avait désigné sa compagne. Méfiant devant un tel comportement, le soldat ne savait pas sur quel pied danser devant un tel personnage. Se refusant à répondre à ses provocations, Camille décida de profiter du repas qui allait venir pour mieux observer ces deux larrons et ainsi en apprendre plus sur eux.

Il leur fallut moins d’une minute pour parvenir devant la porte de ce bâtiment délabré. Les volets des fenêtres ne tenaient plus que sur un seul gond et le bois semblait comme ronger. Camille ne voyait là que la continuation de ce qu’il avait pu apercevoir jusqu’alors. La ville n’était même pas l’ombre de ce qu’elle fut jadis, une cité fluviale prospère. Cette idée raviva alors sa rancune envers les responsables d’un tel résultat, car Galdion n’était pas le seul responsable. Ceux qui faillirent à défendre leurs terres l’étaient aussi. Cette noblesse qui n’avait su garder la ligne de conduite de ses aïeuls et qui s’était allé dans la faiblesse et l’oisiveté. Cette noblesse qui l’avait accueilli, formé et qui lui avait alors appris comment se conduire. Malgré le temps qui était passé depuis le Grand Cataclysme, Camille nourrissait des sentiments très contradictoires concernant sa famille adoptive. Un sentiment de colère et de haine se mêlait à son affection et à ses souvenirs heureux. La famille De Songefeu ne contrôlait pas seulement la ville du même nom, mais c’était également la famille la plus influente de l’est de Ravey. Cette dite famille qui les avait alors protégés des assauts répétés des barbares venus des terres neutres, cette dite famille qui était jadis au service de Galdion et dont il ne restait aujourd’hui plus que lui. Son passé était à la fois un cadeau et un fardeau. Une contradiction qui l’empêchait alors de répondre avec toute la sincérité dont il aimait faire part aux réponses de cet homme mystérieux.

Une fois la table préparée, le duo composé d’Aerdris et de Celend s’installa devant eux. Commandant rapidement de quoi se restaurer, Aerdris continua son monologue en répondant à la dernière question de Camille.

– Pour ce que vous pouvez faire pour m’aider, je pense que je serais pour le moment simplement curieux de connaitre les raisons du voyage d’un citoyen de Ravey aussi loin de chez lui, surtout dans ces temps troubles. Au final qu’en savons, nous, peut-être est-ce moi qui serais le plus à même de vous aider.

Une habile reprise de la situation qui dévoila tous les talents d’orateur d’Aerdris. Ainsi Camille ne pouvait se permettre de se défiler, ne serait-ce que par respect.

– Bon appétit. Dit-il alors sur un ton calme, un sourire chaleureux aux lèvres.

Profitant de la première bouchée pour réfléchir, il la termina puis fixa le regard d’Aerdris.

– Nous verrons bien vite si vous pouvez nous aider, ou tout du moins si nous pouvons tous trouver un arrangement profitable. En l’occurrence nous nous dirigeons vers le sud afin d’observer la situation. Pour satisfaire ma curiosité si vous préférez. J’ai eu vent de descendants de l’ancienne royauté qui sont en train de gagner du pouvoir plus au sud.

La réalité n’était pas aussi simple que cela et Camille était également venu en ces terres afin de suivre la volonté de la jeune femme. Mais il se permit pas de révéler ainsi une part si privée de sa compagne à Aerdris. Il ne lui laisserait pas le plaisir d’en découvrir plus que nécessaire sur la situation de sa femme, à moins qu’elle n’accepte elle-même de répondre à ses questions.

– Mais de ce que j’ai cru comprendre, vous n’êtes pas non plus un fervent partisan de tout ça. Comprenez-moi bien, je suis Raveyen. Mais je ne peux pardonner à ceux qui ont failli à leur devoir et qui se sont montrés si faible.

Ces derniers mots étaient là pour tester Aerdris. Quel que soit sa réponse, elle laisserait transparaître des réponses concernant son allégeance, ou tout du moins il l’espérait. Les manières de Camille étaient noble, mais également assez raides, preuve qu’il était avant tout un soldat. Cependant il en était tout autre pour Aerdris, dont les manières reflétaient une certaine élégance. Une élégance qui raviva de mauvais souvenirs. Ainsi il désirait ardemment savoir s’il avait en face de lui un supporteur de Galdion, ou au contraire un allié.

– Mais et vous ? Êtes-vous un partisan de celui qui jadis régna sur le monde ? Celui dont on ne se souvient plus maintenant que pour ses atrocités et le sort justement mérité que le dragon lui a donné.

Prenant une gorgée d’eau, il profita de la situation pour reprendre le cours de la discussion, fixant alors les yeux de Celend.

– Aussi, je réitère ma question, que vous avez magnifiquement éludée par ailleurs : Qu’êtes-vous venus chercher ici ?
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Arialas Ishtarian
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Mer 14 Oct - 3:27

Tenant toujours la main de son compagnon, Arialas se demanda ce qui avait bien pu se passer pendant sa courte absence pour que Camille semble si hésitant. Bizarrement, il semblait avoir une sorte de tension entre les deux hommes qu'elle ne pouvait comprendre. Le groupe finit tout de même par se rejoindre à la dite taverne, malgré tout. S'assoyant à la table qu'avait choisi le mercenaire, elle écouta les paroles de celui-ci. Bien sûr, ses paroles étaient dirigés vers le Raveyen. Posant son regard sur l'homme qui faisait battre son cœur, Arialas commanda distraitement à manger pour leur duo. Plutôt surprenant, Camille semblait réellement hésitant, méfiant. Les paroles des hommes étaient restées courtoises mais quelque chose clochait – cela ressemblait presque à un affrontement.

Lorsque la nourriture arriva enfin, son homme ouvrit enfin la bouche, seulement pour dire une autre parole de politesse. Encore. Celui-ci ne semblait pas vouloir répondre à la question, prenant le temps de savourer une bouchée de son repas avant de reprendre la parole. Arialas, totalement désintéressée de la conversation en cours, décida de plutôt se concentrer à se rassasier, ne prenant même pas la peine de retourner la politesse. Après tout, ce n'était pas comme si c'était dans ses habitudes.

Durant le repas – et le monologue à Camille – l’œil d'Arialas resta fixé sur Aerdris. Ce dernier l'intriguait. Sa façon de la regarder, depuis leur rencontre... Savait-il quelque chose? En tant que natif d'Ashenwall, c'était loin d'être impossible. Se connaissait-ils personnellement? Non, sûrement pas sinon sa réaction aurait été bien plus vive. Cela devait seulement être de réputation alors et encore, peut-être était-ce seulement son œil manquant qui lui faisait cet effet. Ce fut les paroles de Camille qui ramenèrent la femme à la réalité. Bien sûr, il n'avait pas vraiment arrêté de parler mais son ton de voix s'était fait soudainement plus dur, plus sérieux.

- Mais et vous ? Êtes-vous un partisan de celui qui jadis régna sur le monde ? Celui dont on ne se souvient plus maintenant que pour ses atrocités et le sort justement mérité que le dragon lui a donné.

Sort justement mérité? Si Galdion méritait tant de mourir de la part de cette bête, pourquoi pas elle? Arialas devait bien être autant coupable, sinon plus que cet homme. De ce qu'elle en savait, à la base, celui-ci agissait pour le mieux. Pourquoi avait-il changé? Et aussi, pouvait-il être réellement tenus responsable de tout ce qu'avait fait ses soldats? D'après les rares images qui avait défilées dans sa tête, elle pouvait difficilement juger les actes de son ancien souverain. Une partisane, elle-même l'avait été. Pourtant, Camille l'avait acceptée. Lui jetant un coup d’œil, des images de ce fameux souverain lui revint en tête – son compagnon avait présentement le même regard, emplit de haine et de détermination, qu'avait autrefois Galdion. Quand elle avait rencontrée ce dernier pour la première fois, il ne ressemblait pas du tout aux racontars. Fier et noble, il désirait le bien de son peuple, qui crevaient la faim quelques temps auparavant. Arialas pensa alors que le pouvoir devait lui avoir monté à la tête, ce qui expliquerait ce changement d'attitude. Elle en vint à se dire que cela pourrait aussi arriver à Camille, elle devrait donc l'empêcher de commettre la même erreur que l'homme envers qui il vouait une haine si intense.

- Aussi, je réitère ma question, que vous avez magnifiquement éludée par ailleurs : Qu’êtes-vous venus chercher ici ?

Non mais est-ce qu'il désirait une bagarre? Arialas ne comprenait pas du tout le comportement de son compagnon. Celui-ci semblait de plus en plus provoquant. Promenant son regard d'un homme à l'autre, elle pouvait maintenant réellement ressentir toute la tension entre les deux. La confiance n'est plus quelque chose que l'on peut offrir facilement il faut croire... Serrant les poings pour éviter de laisser ses émotions la contrôler entièrement, elle se leva brusquement.

- Non mais vous avez pas un peu fini votre joute verbale de qui sera le plus poli, le plus gentil? Vous trouvez pas cette petite guéguerre un peu stupide alors que cela fait à peine quelques minutes que vous vous connaissez? Ancien partisan de Galdion ou non, qu'est-ce que ça change? Il est mort. Cela ne sert plus à rien d'en parler.

Calant le reste de sa boisson, Arialas posa son œil sur Celend, qui semblait plutôt indifférente à tout ce qui se passait depuis le début avant de se tourner vers Camille.

- Tu devrais bien le savoir je crois. Tu as beau lui vouer une haine intense, il n'en restait pas moins un homme comme toi ou notre cher Aerdris. D'ailleurs, que lui reproche tu exactement? Ses bonnes manières, son pays natal? Il faut croire que tu n'as rien retenus de notre rencontre.

Fermant les yeux et prenant une grande inspiration, Arialas essaya de se calmer – l'aubergiste commençait à lui jeter de drôle de regard qui n'envisageait rien de bon. Après, cela ne serait pas la première fois qu'elle se mettrait un tavernier à dos.

- Si vous m'excusez, je vais aller prendre l'air en attendant que vous terminiez vos gamineries, je n'ai que faire de votre petite chicane enfantine.

Pour égayer ses propos, Arialas fit à son tour une petite courbette, de façon un peu caricaturé. Puis, elle tourna les talons, épuisée du comportement des deux hommes.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Mer 14 Oct - 11:28

Indubitablement l'homme était quelqu'un d'intéressant. Tout comme il était évident qu'un conflit violent pouvait naitre de cette simple discussion. Les deux hommes étaient trop semblables et trop dissemblables pour s'entendre présentement. Aerdris avait l'impression d'observer un reflet difforme de lui même, ce qu'il aurait pu devenir s'il avait laissé sa haine prendre le dessus sur lui.

"Nous verrons bien vite si vous pouvez nous aider, ou tout du moins si nous pouvons tous trouver un arrangement profitable. En l’occurrence nous nous dirigeons vers le sud afin d’observer la situation. Pour satisfaire ma curiosité si vous préférez. J’ai eu vent de descendants de l’ancienne royauté qui sont en train de gagner du pouvoir plus au sud."

Là la discussion entrait réellement dans le sujet, tout était ici contenu dans une simple phrase qui pouvait sembler des plus banales. L'homme avait des désirs, une ambition certaine, pourtant quelque chose clochait, l'homme semblait avoir une opinion de lui même bien trop développée pour se contenter de suivre un descendant royal quelconque. Non l'homme ne devait pas simplement désirer observer, peut être souhaitait-il devenir un membre important du gouvernement le plus puissant de Ravey.

S'étant déjà rendu à Ravey, bien que fugacement, Aerdris avait eu la chance de rencontrer l'une de ces descendantes royales. celle-ci s'était révélée très intéressantes et particulièrement belle, une combinaison terriblement efficace pour diriger une nation. Toutefois avant de parler de ses propres voyages, l'impérial jeta un coup d'oeil à sa camarade qui gardait étrangement le silence. En effet celend n'osait intervenir, sentant la tension latente entre les deux hommes. Un clin d’œil à sa partenaire suffit à la rassurer, aussi le soldat put revenir à la discussion.

"J'ai rencontré personnellement une de ces descendantes. Lynn Nèss Deidre. Une femme des plus charmante, et une très bonne dirigeante semblait-il. Le peuple l'aime, ce qui semble un point plutôt positif."

Malheureusement la discussion n'alla guère plus loin sur le sujet. En effet le dénommé Camille semblait particulièrement remonté sur cette discussion concernant les fidélités et appartenances, et particulièrement sur le sujet de l'Empire. L'homme ne semblait pouvoir pardonner à tout ceux qui travaillaient ou aimaient servir l'empire, chose surprenante lorsque l'on connait l'identité de sa compagne. L'ignorait-il ?

"Mais et vous ? Êtes-vous un partisan de celui qui jadis régna sur le monde ? Celui dont on ne se souvient plus maintenant que pour ses atrocités et le sort justement mérité que le dragon lui a donné. Aussi, je réitère ma question, que vous avez magnifiquement éludée par ailleurs : Qu’êtes-vous venus chercher ici ?"

Amusé, Aerdris s’apprêtait à répondre présent à la joute verbale que son adversaire semblait absolument désirer. Pourtant il n'en eut nullement le temps, l'ange sanguinaire s'en mêla de la manière la plus franche et directe possible. En effet Arialas fit une longue morale à son compagnon et lui rappela directement à ses incohérences. Ainsi l'homme semblait connaître le passé de la femme, ce qui rendait sa haine parfaitement injustifiée. La joie de l'impérial n'en fut que plus grande, ses piques avaient un résultat bien supérieur à ce qu'il avait espéré.

Malheureusement Aerdris n'eut pas le temps de remercier la femme de son intervention que déjà elle quittait l'auberge pour retrouver son calme. Se retrouvant avec une Celend gênée et un Camille désappointé, le serpent blanc ne put s'empêcher de rire, quitte à s'aliéner encore davantage le noble belliqueux.

"Puisque ta curiosité pour mon passé est si développée, et que personne ne te fera la morale actuellement sur ta haine, sauf si tu désires que je tienne ce rôle évidemment, alors je vais te répondre honnêtement."

Dévorant un morceau de son repas, pour laisser à l'homme le temps pour se reprendre, reçu un regard lourd de sens de sa compagne. Posant sa main sur l'épaule de Celend, afin de la calmer, le soldat repris son explication.

"Je suis un fidèle soldat de l'empire." Afin d'éviter une reprise des hostilités, Aedris ne laissa pas le temps à Camille de répondre. "Mais je n'ai aucune vénération pour Galdion. paradoxal n'est-ce pas ?" Un large sourire éclairait le visage du soldat. "Je suis un fervent admirateur d'un empire englobant toutes les nations, esprit monolithique d'un espace multiculturel. Et malheureusement l'empire de Galdion n'a pas remplit sa fonction prônant une suprématie culturel ashenvans alors que j'espérais une culture unique acceptant toutes les autres avec une neutralité parfaite. Aussi je ne suis nullement un adepte de l'homme que vous haïssez, même si son règne a crée l'image d'une empire capable d'accomplir mon désir."

L'impérial espérait désormais que le fanatique ravevins allait accepter sa réponse, il serait dommage que la discussion termine violemment alors même qu'il n'y avait nulles raisons qu'elle finisse ainsi. Enfin surtout parce que combattre l'ange sanguinaire était une idée fort déplaisante.

"Maintenant peut être devrions nous en finir avec ces discussions apportant le conflit. L'ambiance ne semble pas particulièrement plaire à votre compagne." Aerdris ne put s'empêcher d'ajouter sournoisement. "Je n'aimerais guère être la raison d'un conflit dans un amour si adorable."

Terminant sa phrase en attrapant sa chope, l'impérial dégusta une longue gorgée de sa boisson en attendant la réponse de son interlocuteur.

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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Lun 19 Oct - 22:23

Camille ne savait pas réellement sur quel pied danser avec cet homme qui lui faisait face. Un homme étrange, dégageant une aura incommodante – son sourire en étant la source – qui mettait notre soldat mal à l’aise. Pour autant, tiraillé entre sa curiosité et sa volonté de gagner un combat qu’il s’était imaginé, Camille n’avait pas réellement prêté attention à ses propos. Attention qu’Arialas ne se priva pas de lui replacer. La jeune femme s’en pris tout d’abord aux deux hommes, critiquant la joute dans laquelle ils s’étaient lancés. Une rencontre fortuite qui avait mené à une discussion toute aussi fortuite. Désignant Galdion comment appartenant au passé, elle se tourna vers Camille après une gorgée de sa boisson et se concentra plus sur son partenaire. Mettant en évidence la contradiction entre sa haine, elle désigna le tyran pourpre comme un homme.
 
– Un homme ?!
 
Cette pensée surpris Camille, qui ne put s’empêcher de le montrer sur son visage. Pour sûr, il fut un homme, mais pas à la fin de sa vie. On ne peut comparer un homme à un tel déchet. Telle était la pensée de notre âme en colère. Usant de toute sa volonté et de sa patience afin de ne pas céder à une colère futile, il écouta à contrecœur le reste du discours d’Aria.
 
– D'ailleurs, que lui reproches-tu exactement? Ses bonnes manières, son pays natal? Il faut croire que tu n'as rien retenus de notre rencontre. Camille reprochait à Aerdris son comportement. Un comportement que la jeune femme n’avait pas pu observer, trop accaparé par l’écureuil qu’elle tenait alors.
 
Ponctuant sa tirade d’une grande respiration, Arialas s’excusa puis s’absenta de la table, trop agacée selon ses propres mots par leur « querelle infantile ». Une petite courbette en guise de salutation, caricature du comportement que les deux hommes avaient tout d’abord fait part, elle quitta la salle, laissant Camille seul avec Aerdris et sa partenaire. Fermant les yeux, notre soldat prit une profonde respiration, puis écouta non sans agacement son interlocuteur rire de la situation. Camille n’entendit pas les premiers mots d’Aerdris, trop perdu dans ses pensées pour se concentrer sur son discours. Ses manières avaient été déplorables, tout comme celle de l’homme qui lui faisaient face. Seulement Arialas n’avaient pu apercevoir que celles de son homme et, blessé par toute la haine dont il avait fait part envers son ancien chef, n’avait pu s’empêcher d’intervenir. En un sens, la jeune femme avait raison. Camille n’avait pas fait là la preuve d’intelligence, ni du calme et de la patience qui le caractérisaient tant. Mais il ne méritait néanmoins pas de tels propos. Observant Aerdris du coin de l’œil prendre une bouchée, Camille se reconcentra sur l’homme. Calmant peu à peu sa colère, afin de ne pas donner un tel plaisir à l’homme qui lui faisait face, il l’écouta avec attention parler de son passé. Autrefois fidèle soldat de l’empire, il précisa qu’il ne ressentait néanmoins aucun sentiment particulier envers Galdion. Son sourire incommodant refaisant son apparition, il dévoila une partie de sa personnalité en faisant part de son admiration pour l’empire que Galdion était parvenu à créer. Un empire englobant toute les nations. Un empire les dominants toutes. Mais un empire qui, selon lui, avait failli à sa tâche en essayant de détruire les différentes cultures qui le composaient plutôt que de les absorber et de se nourrir de leurs richesses. Ainsi il admirait l’homme pour ce qu’il était parvenu à accomplir. Un fait qui laissait Camille perplexe. Ses sentiments confus l’empêchaient d’entrevoir toutes les possibilités et ainsi de voir la situation avec objectivités. Âme meurtrie et déshonorée, il ne parvenait à acceptait la prouesse qu’était parvenue à réaliser Galdion. Pourtant lui-même nourrissait des ambitions, de grandes ambitions. L’idée de réunifier les terres de l’est sous une seule et même bannière. Une idée qui germa lorsqu’il fut face à ce vieillard. Un vieillard dont il avait pris la vie ainsi que toute la noblesse l’accompagnant. Un acte qu’il ne pouvait toujours pas se pardonner. Un acte qu’il ne voulait pas oublier, symbole de la faiblesse dont il avait alors fait part, ainsi que son incapacité à garder la tête sur les épaules. Plutôt que de prendre une décision juste, il avait au choisit la pire d’entre elles, sous le coup de ses émotions, et mit ainsi en dangers tous les réfugiés qui l’accompagnaient.
 
Ayant une nouvelle fois dérivée dans le courant de ses pensées, la réalité eut tôt fait de le rattraper lorsque Aerdris ne put s’empêcher de provoquer à nouveau son interlocuteur. Se ridiculiser une fois en publique suffisait à Camille, qui décida de ne plus rentrer dans le jeu de son interlocuteur.
 
– Vous n’êtes pas la raison d’un tel conflit. Camille prit alors une bouchée. J’aurai du faire plus attention. Vous m’excusez, je vais aller la chercher.
 
Se levant de table, Camille se dirigea vers l’extérieur puis s’approcha d’Arialas qui se tenait alors contre sur un banc en bois plus loin sur la route. Il la regarda avec un air partagé. Tous deux avaient des choses à se reprocher et l’heure n’était aux discussions.
 
– Je suis désolé Aria. Je sais que parler de ma colère envers Galdion te blesse, j’aurai du faire plus attention. Regardant l’auberge, Camille laissa s’échapper un soupir. Il faut dire que notre homme ne me facilite pas la tâche. Quand tu t’es absenté, il s’est amusé à me provoquer. Provocation que je n’aurai pas dû suivre mais… Bref. Si on finissait notre repas ? Il se leva et tendit une main à sa compagne.
 
Ecoutant les paroles et remarques de sa compagne, Camille revient quelques minutes plus tard accompagné de cette dernière à la table d’Aerdris. Camille restait partagé entre sa frustration et sa curiosité. Devait-il en apprendre plus sur cet homme, sachant qu’il serait plus sage de terminer le repas en discutant de choses et d’autres afin de mettre un terme à tout ça. Mais notre homme se rappela de paroles d’Aerdris. Ce même Aerdris qui avait rencontré Lyss Nèss Dreidre, descendante de l’ancienne royauté qui montrait aujourd’hui sa volonté de reconquérir son trône ainsi que son royaume. Selon lui, il s’agissait d’une femme charmante. Possédant naturellement des qualités de dirigeante, elle avait rapidement su se faire apprécier du peuple. Un peuple qui ne comprenait que les terres à l’intérieur des montagnes de Ravey, se dit Camille. Avalant une bouchée, Camille releva la tête puis fixa Aerdris.
 
– Intéressant. J’ai entendu dire les mêmes choses à propos de cette fameuse Lyss Nèss Dreidre. Même si mon avis sur elle reste partagé, d’où ma volonté de vouloir la voir. Pensez-vous pouvoir m’indiquer où elle se trouve ? Ou qui sait, peut-être même m’amener à elle ?
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Arialas Ishtarian
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Mar 20 Oct - 9:27

Quittant la taverne, Arialas aperçue immédiatement un banc un peu plus loin et s'y dirigea. Après tout, elle était seulement sortie prendre l'air pour se calmer un peu et n'avait pas de destination précise – tant qu'elle n'était plus avec les deux hommes. Depuis tout à l'heure, des images de Galdion lui revenait sans cesse en mémoire. Comment cet homme si souriant et chaleureux pouvait être le même tyran dont le monde parlait? Ce n'était pas possible... Il y avait bien un petit détail qui chicotait la femme par contre, le souverain paraissait si jeune dans ses souvenirs comparé à l'âge qu'il était supposé avoir à sa mort. Bien sûr, plusieurs personnes ne font pas leurs âges mais quand même, ces souvenirs devaient certainement remonter de quelques années. Elle ne pouvait en être sûr et certaine par contre. Des paroles du Grand Homme lui revinrent même en mémoire. Celui-ci était venus personnellement la voir pour l'inviter à se battre pour lui? Pourquoi Galdion s'intéressait-il à elle? Cela n'avait aucun sens... Comment avait-il bien pu entendre parler d'elle et encore plus, pourquoi la voulait-il à son service?

Lorsqu'elle se prit la tête dans ses mains, espérant y mettre un peu plus de clarté, Camille arriva. S'assoyant sur le banc à côté d'Arialas, il résuma la situation avant de proposer de retourner là-bas. Il avait encore envie de parler à Aerdris malgré tout? Décidément, elle ne comprenait pas les comportements des hommes... Personnellement, elle ne se forcerait pas à rester avec une personne simplement de le but de faire une magnifique joute verbale. Hochant la tête, elle accepta la main tendue de son compagnon et braqua son œil sur les siens. Il semblait attendre une réponse de la femme. Une réponse à quoi exactement? Envers Galdion ou envers Aerdris? Ou peut-être les deux? Affichant d’abords un air confus, elle marmonna quelques paroles.

- Je ne comprend pas comment le Galdion de mes souvenirs et le fameux tyran peuvent former une seule et même personne... Autant dire que tu pourrais devenir Galdion numéro deux...

La dernière phrase avait été murmurée si bas que l'intéressé ne l'avait certainement pas entendu, ou du moins il n'en fit pas cas. Alors que le duo retournait vers la taverne, elle mesura les paroles qu'elle venait de dire. Non... Camille ne pouvait pas devenir un monstre, c'était impensable. Elle afficha un air mortifié – par chance elle se trouvait légèrement dernier lui et il s'en rendit pas compte. C'était totalement absorbée par ses pensées qu'elle entra dans la bâtisse, dans un état semblable à une transe. Son visage n'affichait aucune émotion. Une fois assis à leur table, lorsque Camille reprit la parole, elle ne l'entendit même pas, pas plus que la réponse de son interlocuteur. De toute façon, même si elle aurait entendue, Lynn était bien le dernier de ses soucis. Intérieurement, une grande impatience l'habitait – elle avait maintenant encore plus envie que jamais de retrouver la mémoire. Un sourire, une poignée de main, une manière de parler noble, son Galdion n'avait définitivement rien à voir avec les racontars. Il la traitait même en égal! Ces images devaient être des fantasmes et non la réalité... En tant qu'empereur, il n'avait aucun égal dans le monde, c'était impensable qu'il ai réellement agit comme cela.

Malgré les belles images montrée par son cerveau, Arialas ressentait tout de même un certain inconfort à la vue de l'homme. Lynn Nèss Deidre... Ce nom résonna tout à coup dans sa tête. Qu'est-ce que les deux hommes en avait dit un peu plus tôt? Une descendante royale... de Ravey? Des images de l'attaque envers le pays de sables lui revinrent en mémoire, avec cette fois un Galdion sanguinaire qui riait devant les morts qu'ils venaient de faire. Lors de cette fameuse journée, elle avait entraperçu la petite princesse, qui fuyait l'assassin de sa famille de toute ses force – Galdion en personne. Des larmes commencèrent à rouler sur les joues d'Arialas à ce souvenir. Déjà, de voir le tyran en action lui fit un choc mais encore plus de voir qu'ils prenaient tout les deux plaisirs, même à bonne distance l'un de l'autre et sans prendre en compte la présence de l'autre, à voir la pauvre petite fuir de toute ses forces et avec le restant de son armée. Bien sûr, l'Ange Sanguinaire n'avait vue l'action que de loin mais il n'y avait aucun doute dans sa tête que la fillette était la fameuse personne dont parlait ses deux compagnons.

Arialas serra les poings, les larmes encore aux yeux, toujours déconnectée de la réalité. Qu'est-ce qui avait pu autant les changer, elle comme son souverain? Attend... Camille venait de demander à Aerdris où se trouvais Lynn non? Elle ne pouvait tout de même pas accompagner son homme jusque là-bas... Qu'est-ce qu'elle pourrait bien dire à la pauvre fille qui s'était fait arracher son pays en partie par sa faute? D'ailleurs, combien d'année avait pu s'écouler depuis ce temps? La personne de ses souvenirs dépassait à peine la dizaine d'année, quinze tout au plus, alors qu'Aerdris l'avait décrite comme une femme et une dirigeante. Combien d'année Arialas avait-elle suivit Galdion, non de dieu? Elle se mit à mordiller son pouce – encore une fois. La petite troupe la regardait maintenant d'un œil bizarre - ils avaient bien raison d'ailleurs - mais elle le remarqua même pas. Lorsque la douleur commença à se faire ressentir dans son doigt, elle reprit finalement ses esprits, posant brutalement les mains sur la table en se relevant de chaise. Son attention était portée sur l'homme devant elle. C'est les dents serrés et le regard dur qu'elle s'adressa à lui.

- Depuis le départ, tu me regarde d'une drôle de façon, tu sais quelque chose n'est-ce pas? Un peu plus tôt, tu as mentionné le fait d'être originaire d'Ashenwall. Que sais-tu exactement sur moi? Tu est au courant de mes méfaits n'est-ce pas? Tu doit être un minimum au courant de ceux de Galdion aussi alors. Dit moi tout ce que tu sais de lui. Comment était-il au tout début? Quand c'est passé la conquête de Ravey? Pourquoi... Pourquoi il est maintenant considéré un monstre? Pourquoi...

Se souvenant soudainement que Camille était originaire lui aussi de Ravey, Arialas resta quelques secondes figées, la bouche ouverte. Raison de plus de ne pas l'accompagner là-bas... Si jamais la pauvre petite la reconnaissait, que dirait celui-ci? C'était improbable puisque selon les images, elle ne lui avait jamais parlée ni approchée de trop près, mais quand même. Aerdris semblait bien avoir deviné qui elle était... Pourquoi pas la princesse? Se rassoyant, elle oublia quelques secondes le mercenaire, se retournant vers l'élu de son cœur. Ses larmes recommençant de plus belle, elle souffla un mot: désolé. Du moins, elle essaya mais aucun son ne sortit. Il semblait quand même avoir réussit à le lire sur ses lèvres avant que la voix de l'homme aux cheveux blanc ne retentisse, rapportant l'attention d'Arialas sur lui.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Mer 21 Oct - 16:15

La discussion ne semblait pas devoir pousser plus avant les tenants et aboutissants de la haine dévorante qui couvait au sein de l’esprit du soldat prénommé Camille. Ni lui, ni sa compagne, ne semblaient maitres de leurs émotions ce qui rendait encore plus périlleux l’exercice qu’aimait tout particulièrement Aerdris, celui de l’ironie et de la confrontation verbale.

Heureusement, ou malheureusement en fonction des interlocuteurs, la discussion se termina sur le départ d’un des protagonistes, Camille semblait pressé de retrouver, à raison, sa compagne blessée par ses propos. Pour le serpent blanc seule une déception teintée d’amusement lui restait de cette discussion houleuse. Et même si au fond de lui il rêvait de continuer cette discussion pour parvenir à convaincre l’homme du bien-fondé de l’empire, il n’e ferait rien, il était au seul choix du duo de reprendre ou non.

Celend, elle semblait apprécier le départ des deux compagnons, aussi lâcha-t-elle un soupir de soulagement lorsque la porte de l’auberge se ferma sur le dos du soldat.

« Aerdris, l’Empire est mort. Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de pousser le conflit avec ceux qui désirent continuer la lutte. »

Retrouvant un sourire sincère, l’impérial se tourna vers sa camarade. Sa chevelure rousse repoussait peu à peu et les mois d’esclavage disparaissaient eux aussi pour ne laisser paraitre qu’une belle et noble femme.

« L’Empire ne mourra jamais, pas tant que je vivrais tout du moins. Je ne laisserais personne proclamer son amour de la stagnation passé, des monarchies pitoyables qui régnaient comme une gangrène. S’ils rêvent de rebâtir le passé alors je n’ai aucun intérêt à gagner leur sympathie.

Je sais pourquoi je me bat, pourquoi j’ai survécu à l’échec de Galdion, et je veux savoir si ces gens font partie de la vermine nostalgique qui désire revivre ce que leur esprit faiblard a imaginé comme idéal, ou des individus souhaitant de soustraire des erreurs passées.

Je ne suis pas un benêt qui admire tout ce que l’empire fut, ni un idiot qui rejette tout ce qu’il a été, et s’ils ne le comprennent pas alors soit. Nos chemins se sépareront pour ne jamais se recroiser en amis. »

Celend reprit peu à peu ses esprits et se remit à manger, puis lâcha un petit rire et se retourna vers son supérieur.

« Tu sais que ta passion pour l’empire peut aussi être considérée comme une de ces nostalgies pour faiblards ? »

Evidemment que tel était le cas, mais Aerdris n’en dit pas plus. Il n’éprouvait à peine plus de respect pour ceux qui vénèrent aveuglement l’empire de Galdion sans comprendre ses erreurs que ceux la haissant sans réfléchir à ce qu’il avait apporté. Au final, le serpent blanc éprouva juste de la joie à entendre Celend réfléchir de cette manière.

Mais ce qui bloqua réellement une réponse sincère de la part de l’impérial, ce fut le retour tout à fait surprenant des deux voyageurs. Ce fut une véritable surprise pour Aerdris qui n’aurait pas misé le moindre écu sur ce retour. Toutefois le soldat masqua du mieux qu’il put cette surprise de son visage pour accueillir avec un large sourire les deux compagnons.

La discussion changea tout de même presque du tout au tout, le dénommé Camille semblait avoir pris en compte les demandes de sa compagne et se montra nettement plus affable, et détourna la discussion sur un sujet moins sujet à polémique, la nouvelle dirigeante auto proclamée d’une partie de Ravey, Lynn Nèss Dreidre.

« Je peux faire ce que vous demandez, et je le ferais. Toutefois une chose semble importante à préciser. La, … reine, » Dit de manière presque moqueuse, le titre sonnait comme une blague, « Lynn est une personne au caractère complet. Son peuple semble l’aimer et fait tout pour le protéger mais elle semble particulièrement sûr d’elle.

Toutefois les choses sont ce qu’elles sont et ses compétences sont difficilement critiquables, mais je vous conseille tout de même de faire preuve d’humilité et de respect en sa présence. Pour le reste vous la trouverez aisément dans ce qui est l’ancienne capitale de Ravey. Même si elle semble prendre plaisir aux voyages, son gouvernement s’y trouve. »

Celend semblait apprécier le sérieux de la réponse d’Aerdris aussi cessa-t-elle de fixer nerveusement le visage de son ami et entreprit de terminer son repas. De son côté l’impérial avait les paupières closes, son large sourire habituel et faisait face à Camille. Toutefois la surprise de ne vint pas du soldat belliqueux, mais de sa compagne. Cette dernière abattit subitement ses poings sur la table et se leva avec un regard dur, alors même qu’un flot de larmes embuait ses yeux.

Laissant éclater le flot de ses questions, de ses blessures personnelles, Arialas prit Aerdris totalement par surprise, lui qui ne s’attendait pas à une réaction aussi extrême venant d’une personne ayant rejeté les conflits verbaux quelques minutes auparavant. Mais ce qui marqua le plus l’impérial fut le sens caché sous les questions, la vérité qui se dévoilait était pour le moins inattendue.

En effet, peu à peu le serpent blanc s’était convaincu de s’être trompé, que la femme n’était qu’une copie de l’ange sanguinaire. Il était évidemment difficile d’imaginer le personnage des histoires aussi sensible et doux, mais toutes ces questions balayaient en un instant les doutes qui rongeaient l’impérial. Ainsi l’ange sanguinaire faisait bel et bien face au troupier qu’il était, une révélation des plus fracassantes, si elle n’en dévoilait pas un second bien plus important. L’ange sanguinaire souffrait visiblement d’une amnésie.

L’importance des révélations était telle que le silence se fit quelques minutes, et même l’aubergiste resta tout ce temps silencieux, tenant bêtement la chope qu’il avait commencé à laver. Le temps semblait s’être figé alors que l’ange sanguinaire attendait fermement sa réponse, scrutant avec dureté le soldat qui lui faisait face, tout en ne prêtant pas la moindre attention aux larmes qui s’écoulaient le long de son visage.

Puis la femme se rassit et ses larmes s’écoulèrent avec encore plus de force alors qu’elle semblait désirer communiquer quelque chose à son compagnon. Marqué par le chagrin énorme qui semblait peser Arialas, et par la faiblesse qu’elle dévoilait brusquement aux yeux de tous, Aerdris délaissa le sourire habituel et rouvrit pleinement ses deux yeux d’un bleu hypnotisant.

« Je sais qui tu es. L’ange sanguinaire, l’assassin préféré de Galdion et le boucher de Ravey. Tout impérial connait ton histoire, mais j’ai eu la chance d’entendre un homme qui t’avait vu en action aussi je connais ton apparence. » Nouveau silence.

« Pour le reste, tes actions ne sont des méfaits que pour ceux qui ne comprennent les buts et devoirs d’un impérial. Tu étais un assassin particulièrement compétent, peut-être pas la meilleure mais tu étais d’une cruauté telle que tous te craignaient, et tu as attiré le regard de Galdion. »

Reprenant une gorgée de l’hydromel qui restait, Aerdris humidifia sa gorge en prévision de ce qu’il allait raconter.

« Galdion était un souverain noble et éclairé, il a compris que son peuple, notre peuple, connaissait un déclin et une stagnation qui allaient causer la mort de notre culture et la fin de notre nation. Aussi prit-il la seule décision qu’il pouvait prendre, il conquit les nations voisines qui possédaient ce qui était nécessaire à notre survie.

Au départ la décision se tenait et très vite la famine recula pour ne devenir qu’un souvenir fugace, mais la conquête des Ellès avait réveillé quelque chose dans le cœur de l’empereur, et celui du cœur de tous les ashenvans. Après tant d’années de stagnation et de terreur, nous pouvions balayer nos faiblesses et conquérir le monde.

C’est ce que nous fîmes, et il n’y a nul regret à avoir dans ces décisions, les anciens régimes étaient corrompus et gangrénaient par une noblesse décadente. Seulement l’empereur s’entoura des pires hommes qui constituaient l’empire et la décadence s’attaqua à nos propres dirigeants qui sombrèrent dans la paresse et la tyrannie.

L’empereur et ses ministres entreprirent de broyer sans réflexion les cultures des territoires conquis, sans tenter de gagner le peuple par la justice et l’ordre, rien d’autre que la terreur et la soumission attendait les peuples conquis aussi les révoltes éclatèrent dans toutes les anciennes nations. Alors Galdion perdit toute humanité, les légions de pacification furent crées et les révolutionnaires traqués et massacrés sans pitié. Le conquérant devint le tyran et la révolte grondait dans le monde, alors le dragon vint. »

Après un si long discours, Aerdris se sentait pâteux et éprouvait une haine illogique envers Camille qui devait logiquement faire partie de ces rebelles. Une haine idiote mais renforcée par des années de propagande au sein de l’armée. Pourtant l’homme n’était pas le seul à raviver une haine enfouit, celle de la noblesse se raviva avec une ampleur difficilement soutenable pour le soldat qui eut toutes les peines du monde à ne pas suivre l’exemple d’Arialas en enfonçant ses poings dans la table.

« Pour ce qui est de tes méfaits. Le plus connu est le massacre de la famille royale de Ravey, oui celle-là même de la reine Lynn Nèss Dreidre. Les assassins auraient massacré impitoyablement femmes et enfants, avec une rage digne d’un berserker.

Mais loin de moi l’idée de condamner une telle chose, je n’ai que peu de pitié pour la noblesse et principalement la famille la plus puissante de toutes. Toutefois la férocité qui a été utilisé dans ce massacre tenait plus de la folie que d’un calcul politique. »

Tout ce qu’il avait à dire était dit, aussi le soldat se donna le droit de terminer sa chope et le fit le cœur plus lourd que lorsque le repas avait commencé.

« Voilà tout ce que je sais, et tout ce que je peux dire sur Galdion et toi. Après tout je n’étais pas suffisamment important pour connaitre plus de détails. Au final l’Empereur a succombé à la plus classique des folies, celle de la grandeur, s’imaginant au-delà de tout et que nul n’avait le droit de remettre en question sa suprématie. Du héros au monstre, il n’y a qu’un pas et même la plus pure des pensées peu mener à faire ce pas de trop.

Mais aujourd’hui on utilise encore à tort et à raison la haine de Galdion parce qu’il est plus simple de se rattacher à la haine qu’à la justice, et que les pires des idioties peuvent être justifiées par elle. Il est évidemment plus facile de condamner un homme sans réfléchir que de chercher à comprendre les bonnes actions qu’il a pu mener. »

Espérant ne pas perdre définitivement ses interlocuteurs, Aerdris termina son long monologue et remarqua alors que son repas était froid. Restant quelques instants silencieux, puis murmura, si faiblement que rien n’assurait que quiconque entende ses propos.

« Mais c’est la manière des faibles, car le savoir c’est le pouvoir. »

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Camille De Songefeu

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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Lun 2 Nov - 1:21

Camille venait de reprendre la conversation d’une manière plus civilisée, en abordant le sujet qui l’intéressait réellement. Aerdris accepta de répondre à ses questions. Dans un premier temps, il prit soin de préciser que la reine – titre qu’il désigna avec un ton moqueur – était une personne complexe. Grâce à sa grande confiance en soi, elle avait rapidement acquis les faveurs du peuple et ses efforts semblaient également prouver sa sincérité. Cependant cette confiance en soi semblait être un défaut aux yeux d’Aerdris, celui-ci ne manquant pas de le souligner. Contre son gré, il avoua que Lynn possédait des qualités indéniables, mais la jeune femme semblait aussi attachée à son titre de noblesse et aux anciennes coutumes. Ainsi, Aerdris conseilla à Camille de faire preuve d’humilité et d’un grand respect s’il venait à croiser son chemin. Pour finir, il lui indiqua que la reine se trouvait dans l’ancienne capitale de Ravey, à Dissri, et qu’il ne devrait pas avoir trop de difficulté à rencontrer cette dernière.

Mais alors que Camille réfléchit à ce que venait de dire son interlocuteur, il vit du coin de l’œil des larmes couler sur les joues de sa bien-aimée. Se tournant vers elle, surprit, il apposa sa main sur sa jambe sans dire un mot. Ce n’était pas la première fois qu’Arialas agissait ainsi et Camille comprit qu’il devait s’agir d’un souvenir que la jeune femme venait de retrouver. Un souvenir si fort qu’il l’avait fait éclater en sanglot. Serrant ses poings de toute ses forces, elle semblait encore portée par le flot de son passé, un flot de souvenirs qui s’écrasait une fois de plus sur elle. Elle mordilla son pouce – comme elle en avait l’habitude – jusqu’à sans faire saigner. Le regard sérieux, Camille attendit patiemment que sa compagne reprenne conscience. A côté de ça, Aerdris et Celend semblaient eux totalement dépourvu devant une telle scène, Aerdris laissa même échapper sa surprise sur son visage.

Arialas prit alors conscience des regards qui la fixaient. Frappant la table de ses poings, elle se releva brusquement puis attaqua Aerdris. Mettant en évidence son regard insistant, elle lui demanda s’il savait quelque chose sur elle. Arialas lui fit part de ses méfaits puis le questionna sur ce qu’il savait de Galdion. Mais contrairement à ce que les gens demandaient d’habitude, la jeune femme demanda à Aerdris de lui parler des premières années du règne de Galdion, avant qu’il ne devienne le tyran que l’on connait aujourd’hui. La jeune femme désirait savoir pourquoi il était devenu un tel monstre, mais avant tout, pourquoi elle était parvenue à lui faire confiance et à le suivre si longtemps. Arialas parlait peu de son passé à Camille, gardant beaucoup de ses souvenirs – sauf les plus douloureux – pour elle. Il était néanmoins au courant de ses troubles concernant cette histoire. La jeune femme ne parvenait pas à comprendre pourquoi elle avait suivi le tyran pourpre pendant tant d’années. Consciente de ce qu’elle fut, Arialas désirait désespérément trouver des réponses quant aux raisons qui l’avaient poussé à agir ainsi.

Une fois sa tirade finit, Arialas resta immobile, la bouche ouverte. Camille fit alors le lien entre sa dernière question sur Ravey et l’arrêt qu’elle marqua. De toute évidence, ses souvenirs semblaient remonter à l’invasion de sa terre natale. Une invasion qui ne manqua pas de délier les langues. Aerdris – pour la première fois depuis leur rencontre – délaissa son sourire pesant et ouvrit pleinement les yeux. Il avoua à Arialas qu’il l’a connaissait. La surnommant « le boucher de Ravey » il lui confirma qu’elle était bel et bien l’assassin préféré de Galdion, confirmant également ses liens avec ce dernier.

Mais contrairement à ce que Camille aurait pensé, Aerdris ne porta pas le jugement que les autres portaient sur les actions d’Arialas. Les qualifiants comme étant « des devoirs d’un impérial », il flatta ses qualités d’assassins, lui expliquant que c’était grâce à ses dernières qu’elle était parvenu à attirer l’attention de Galdion. Ponctuant son discours d’une gorgée d’alcool, Aerdris commença tout d’abord à vanter le tyran pourpre. Ainsi selon lui, l’invasion des autres nations étaient le seul moyen afin qu’Ashenwall ne décline pas, une absurdité qui ne manqua pas de faire sourciller Camille. Mais prenant sur lui, le soldat se tut et écouta avec attention les paroles d’Aerdris. Critiquant vivement la corruption des anciennes noblesses – point que Camille défendait aussi – il leur expliqua que la tournure des événements n’était non pas du à Galdion, mais plutôt à son entourage. L’empereur, qui n’était pas parvenu à bien s’entourer, avait ainsi sombré dans la paranoïa et dans des désirs pervers de pouvoir sans partage. La corruption avait tôt eut fait de s’emparer de l’empire et de le transformer en ce que l’on connait aujourd’hui, un empire qui écrasait tous ceux osant se dresser contre lui. Seule la culture Ashenwall ainsi que les décisions de Galdion devait subsister, une décision qui pour conséquence de faire grandir le sentiment d’injustices dans les territoires conquis. Le vent de la révolte se leva ainsi, et avec lui la bourrasque de la répression, un cercle vicieux qui ne trouva sa fin que lorsque le dragon arriva.

Aerdris marqua une pause, fixant du regard Camille, ce dernier ressentit une haine dirigée contre lui. Surpris, il se demanda d’où venait un tel sentiment, mais toujours en prenant sur lui, il ne dit rien et attendit que le soldat eut fini son discours. Il fit ainsi part à Arialas de son plus grand méfait, le massacre de la famille royale de Ravey, celle de Lynn Nèss Dreidre que Camille désirant tant rencontrer. Massacrant tout le monde sans pitié – femmes et enfants compris – Aerdris désigna cet acte comme une erreur, bien qu’il n’éprouvait pas la moindre pitié envers l’ancienne noblesse Raveyienne. Un empereur jadis éclairé qui sombra dans la folie en tentant d’égaler les dieux. Une folie qui causa sa perte. Cependant, il nuança le regard qu’il fallait porter sur Galdion, critiquant les hommes pour ne le juger que par ses dernières actions, plutôt que par toutes les bonnes qui avaient précédées. Ces mêmes actions qui lui avaient valu un tel soutient à Ashenwall. Ainsi se conclut son monologue, un murmure inaudible en guise de fin. Camille ne savait quoi répondre à tout cela. Le soldat n’était pas tourmenté par sa colère comme à son habitude. Les paroles d’Aerdris ne remirent pas en question le jugement qu’il portait sur Galdion – à ses yeux il restait le tyran pourpre qui avait propagé la mort dans Gorah – mais elles lui firent repenser à ses propres objectifs. Camille souhaitait lui aussi créer un empire où pourrait vivre son peuple ainsi que ses proches en toute sécurité. Un endroit de paix dans ce monde de barbarie. Un empire où l’art, les sciences, ou tout simplement les gens pourraient s’épanouir. Un empire puissant, afin que jamais plus une telle chose puisse arriver. Un empire influent, qui lui permettrait, ainsi que les personnes qui l’accompagnerait de garder un œil sur le monde des hommes. Mais s’il s’entourait mal, virerait-il dans de tels penchants ? Conscient de n’être qu’un simple être humain, Camille connaissait bien ses défauts et ses qualités. Ambitieux, avide de pouvoir, il savait qu’il était facile de céder à la tentation.

Sans un mot, il fixa alors Aerdris d’un regard sérieux. Perdu dans ses pensées, il se permit un dernier jugement, avant de laisser à Arialas le temps d’accepter tout ce qu’elle venait d’apprendre.

– Toi qui semble si admiratif, la conclusion de tout cela me semble évidente. Contrairement à ce que tu peux penser, c’est le tableau d’un homme bien banal que tu m’as donné là. Avoir de bonnes idées, les mettre en pratique… tu demanderas à bon nombre d’esprits, ce n’est pas si difficile que cela tant est bien est que tu t’en donnes les moyens et que tu es suffisamment charismatique. Les qualités d’un bon dirigeant ne sont pas tant l’ambition et le courage d’appliquer ses idées. C’est là les qualités d’un simple dirigeant. Ce qui définit un bon dirigeant c’est justement sa capacité à bien s’entourer et à guider le peuple malgré les épreuves qui vont se dresser devant lui.

Il n’y avait aucune haine ni colère dans ses propos. Ces paroles s’apparentaient plutôt à une pensée à voix haute de Camille. Il se tut alors, reposant sa main sur la cuisse d’Arialas, il lui adressa un regard chaleureux.
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Arialas Ishtarian
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Dim 8 Nov - 4:27

Bien sûr, Arialas écouta attentivement l'entièreté des paroles de l'homme devant elle. Déjà, il confirma ce qu'elle pensait – il connaissait son surnom et ses actions. Il entreprit ensuite de décrire, ne lésinant pas sur les mots, les raisons et aspirations de célèbre tyran. Sa version des faits, comme s'y attendait la femme, était totalement différente des autres. Ce Galdion de ses souvenirs avait donc réellement existé... La guerrière apprit donc les raisons des conquêtes, du moins les premières, ainsi que la déchéance qu'avait vécu l'empereur, amenant tous les Ashevans avec lui dans les tréfonds de la honte. Un frisson la parcouru. Même si Aerdris semblait comprendre et accepter les conquêtes, les massacres faisant désormais et pour toujours partis du passé, elle-même ne souhaitait pas croire aux paroles. Le massacre de Ravey... Une boucherie plutôt. Arialas n'était pas stupide non plus, avec les nouvelles informations, elle pouvait comprendre pourquoi elle avait rejoint Galdion. Ce qu'elle ne pouvait pas encore comprendre, en échange, était pourquoi elle était restée. Pourquoi s'acharner à aider un homme ayant déjà sombré dans la plus pure des folies? C'était purement illogique...

Suivant l'exemple de son compagnon, elle cala le reste de sa boisson, espérant remettre un peu d'ordre dans sa tête. Camille choisit ce moment pour répondre. Une fois sa propre tirade terminé, il adressa un sourire à sa compagne. Le cerveau d'Arialas, déjà surchargé d'informations, mis à du temps à assimiler les dernières paroles. Galdion, un simple homme. Oui c'était logique, en tant que non croyante, tous les gens, peu importe leurs titres, rôles et autres niaiseries étaient de simples humains. Tous les gens de cette terre étaient banals à ses yeux, même elle-même, même l'Ange Sanguinaire. Ambition et courage, des qualités de dirigeants? Quelle plaisanterie... Ces deux mots rimaient avec tyran à son sens, pas avec simple dirigeant. Le malheur de Galdion aurait été de ne pas s'entourer des bonnes personnes... Faisait-elle partie de ces personnes? De ce qu'elle en avait vu et de ce qu'avait raconté Aerdris, la femme semblait être dans les proches de l'empereur... Non c'était impossible, une personne aussi insignifiante ne pouvait avoir influencée l'un des hommes les plus détestés de Gorah, si ce n'est LE plus.

Bizarrement, autant elle était en pleine crise un peu plus tôt, autant elle ne ressentait plus rien du tout. Les informations affluaient à son cerveau, créaient des liens, mais ne semblait pas du tout l'affecter émotionnellement – les émotions d'Arialas s'étaient évaporées, ne laissant qu'une grande lassitude et une compréhension nouvelle. Elle commença donc par poser son œil sur le duo de l'autre côté de la table, jaugeant au passage l'attitude la femme – Celend? - question de savoir un peu son avis sur la chose, si elle partageait les mêmes convictions que son compagnon. Cela semblait être le cas, du moins en apparence. La dernière chose qu'espérait Arialas était bien de s'en faire ennemi, auquel cas la conversation serait terminée pour de bon. Elle commença donc par s'adresser à Aerdris d'une voix neutre et détachée.

- Tu as entièrement raison, c'est tellement facile de condamner sans essayer de comprendre. Après tout, c'est ce que je fais depuis la dévastation, envers moi-même. Le seul monstre pour moi n'a toujours été que l'Ange Sanguinaire. Galdion n'est ni un héros, ni un monstre. Il est simplement un homme, ayant eu des hauts et des bas. Aucun être ne peut se vanter d'être entièrement pure ou entièrement corrompu, ce n'est toujours qu'une question de perception. Je crois que la tyrannie ne mène à rien, mais la base de l'idée n'est pas bête. Un être qui serait capable de se faire proclamer empereur de Gorah, tout en gardant l'appui de tous ses sujets, un empereur qui régnerait non pas par la peur, mais en aillant l'admiration de ses sujets obtiendrait aussi la mienne. Bien sûr, tout cela n'est qu'une utopie, car un moment ou un autre, l'on doit toujours se salir les mains. Les mécontents seront toujours présents, il faut donc apprendre à agir selon ce que nous croyons, au fond de nos cœur, être pour le mieux, même si nos actions se verront encore et toujours critiqués. Galdion a simplement faillit lorsqu'il a fini par perdre de plus en plus de personnes, d'abord fidèles à sa cause. Il n'y a rien de pire que d'avoir le pouvoir et de le sentir ensuite s'égrener lentement entre tes doigts, comme le sable d'un sablier.

Arialas se tut un moment par la suite, attendant de voir la réaction de ses interlocuteurs. Puis, elle repensa aux paroles de Camille, ceux prononcés il y a quelques minutes et ceux prononcés lors de leur première aventure. Posant ensuite son œil sur ce dernier, elle reprit la parole une dernière fois avant de se taire pour de bon, toujours en état mi-absent.

- Si je me rappelle bien tes paroles, c'est ce que tu souhaites, devenir un dirigeant, non? Tu m'as proposé de te suivre. Je crois que tu as déjà commis une grande erreur. C'est toi-même qui a parlé, tout à l'heure, de devoir bien s'entourer pour régner, pour être ce que tu appelles un bon dirigeant. Pourtant, je ne crois pas que tu sois sourd et si tel n'est pas le cas, tu devrais déjà avoir compris maintenant que me prendre dans ton entourage ne te mèneras nulle part. Ta première épreuve était certainement de me tuer lorsque tu en avais l'occasion, lorsque j'étais au sol et vulnérable. Selon moi, tu suis présentement les traces de ce tyran envers qui tu ressens une si grande colère. Après, j'ai déjà servie un premier empereur, alors pourquoi pas un second. Je dis ça, je dis rien. Veille seulement à faire attention.

Une fois terminée, Arialas s'adossa confortablement dans sa chaise et commanda un autre verre, un alcool fort, attendant les réactions de ses compagnons. Elle plaça ses deux paumes sur le derrière de sa tête, dans une position des plus décontractée.
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Aerdris Daedran
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Lun 9 Nov - 12:14

La discussion commençait à devenir de moins en moins concrète, et si cela n’était pas pour déplaire réellement à Aerdris, cette fois-ci il se trouvait pris dans une discussion en vérité fort personnelle. Les deux compagnons, qui étaient indéniablement un couple, semblaient régler leurs affaires au travers des découvertes qu’ils pouvaient faire dans cette discussion, et particulièrement Arialas qui semblait désormais se remettre totalement en question.

Toutefois, sans se laisser démonter par le caractère privée que la discussion semblait complètement emprunter, le serpent blanc ne répondit qu’aux phrases qui pouvaient le concerner directement. En effet, il n’avait rien à gagner, ni d’intérêt à se mêler à la vie privée de ses interlocuteurs qui semblaient posséder leurs lots de problèmes.

Néanmoins, Aerdris se recentra sur les propos de ses interlocuteurs, et commença par répondre à celui qui restait le plus sceptique quant à tout ce qui avait été dit. Enfin sceptique n’était réellement le bon terme, Camille acceptait les déclarations que pouvaient faire tous les belligérants, avec une froideur certaine, mais s’évertuait juste à démolir toute déclaration pouvant s’approcher le plus d’un compliment pour tout ce qui concernait les actes ou la personne même de Galdion.

« Ce que tu ne sembles voir, dans l’aveuglement de ta haine, je n’ai que peu d’admiration pour Galdion, si ce n’est le début de son règne, mais pour l’œuvre qu’il a fondé alors oui tu peux user de ce mot si important. L’Empire est un chef d’œuvre absolu et ce n’est pas la corruption et le népotisme qui a vaincu ses idéaux et sa soif de justice qui brisera ce fait.

La notion réelle de l’Empire est une perfection à atteindre, un état absolu et ne faisant aucune distinction parmi ses citoyens. La véritable corruption qui a souillé l’Empire est venue de sa caste la moins méritante, la noblesse, ainsi que de son armée de propagande, les religieux. Alors si tu veux trouver un mal attaque toi à ses deux gangrènes tu verras que la vie n’en sera que meilleure.

Toutefois, tu parles des qualités d’un dirigeant, et tu le réduis à un simple aimant à méritants. Je trouve ta vision réductrice, le vrai dirigeant, celui qui mérite réellement le titre, c’est celui qui sait certes bien s’entourer, mais aussi et surtout se remettre en question, qui sait oublier complètement les désirs qu’il possède pour ne devenir que le conduit vivant de ce que veut réellement le peuple.

Si un homme ne sait que bien s’entourer alors il n’est ni un bon dirigeant ni un homme d’avenir mais simplement un homme avec une capacité à jauger efficacement les autres, une qualité certes mais tout Homme peut le faire sans avoir les épaules pour diriger. Mais je dois accepter le fait qu’avec un bon entourage, Galdion aurait pu être un tout autre homme. »

Au final, Aerdris partageait une partie de l’opinion de l’homme au visage froid, une partie seulement. En vérité jugé Galdion comme un homme banal était une idiotie sans nom, ce qu’il avait bâti, ce qu’il avait réalisé n’était aucunement à la portée de la banalité. Non en fait Camille se trompait lourdement sur un point pourtant crucial, ce n’était pas l’homme banal qui succombe à lui-même, mais tout homme aussi fort peut-il paraitre est coincé dans une lutte éternelle contre lui-même. Et c’est en se voilant dans une vision de colère, de mépris qu’un homme finit par se perdre lui-même.

Camille était une bombe vivante, s’il ne parvenait pas à pardonner le passé et à prendre le contrôle de sa colère bouillonnante alors il ne deviendrait pas mieux que l’homme qu’il juge si durement. En vérité, le serpent blanc retrouvait énormément de Galdion chez cet homme, une aura semblable et une manière de se tenir extraordinairement proche. Mais de cela rien ne devait transparaitre, Camille ne semblait pas homme à supporter une telle déclaration. Aussi Aerdris se détourna pour faire face à sa compagne, l’ange sanguinaire.

Cette dernière était un mystère total. En effet, le serpent blanc ne savait aucunement comment réagir aux propos de cette femme qui semblait si fragile mais se trouvait être l’un des pires meurtriers aux ordres de Galdion. En fait, Aerdris se moquait éperdument des actes de la femme et n’était pas non plus terrorisé par sa violence légendaire, mais il était simplement incapable de savoir comment discuter avec une personne qui avait perdu sa mémoire.

« Seul l’idiot ou le borné, ce qui revient plus ou moins au même, condamne sans chercher à comprendre. Il n’existe aucun mal absolu, toute situation propose une vision qui lui est propre mais aussi des idées qui peuvent servir dans un tout autre concept. Dans le monde il n’existe nul chaos, simplement des situations complexes. Je vois déjà des hommes et des femmes condamner le grand Cataclysme et déifier les temps jadis. Ils s’inventent un passé idéal ou tout le monde était heureux.

J’exècre tellement cette vision enfantine d’un monde parfait. Ce que les gens ne comprennent pas, c’est que c’est à nous de fonder ce monde, le chercher naïvement dans le passé ne mènera jamais à rien si ce n’est la stagnation. Mais le cataclysme n’est pas le moteur de cette recherche, les gens ne pensaient déjà qu’à ça lors de l’Empire, idéalisant les vieilles monarchies décadentes. »

Pour le reste, le serpent blanc ne partageait pas exactement la vision d’Aria qui au final ne pouvait que mener à une tyrannie semblable à celle de Galdion.

« Je ne partage pas exactement ton point de vue. Pour régner correctement Galdion n’aurait au contraire pas du écouter ses propres croyances. C’est en s’écoutant soi-même qu’on finit par se perdre. Au contraire, le dirigeant doit trouver ce qu’il faut réellement au peuple et le mettre en action, même s’ils n’en n’ont pas conscience eux-mêmes.

Je me rends compte que la différence est ténue, mais la vision personnel d’un homme ne correspond pas toujours à ce qui serait bon pour l’ensemble de la nation, et s’il faut attendre de le voir agir pour s’en rendre compte alors il est trop tard. »

Pour le reste, Aerdris ne put ni agir, ni réagir puisque la discussion sombra dans le privée le plus absolu. Toutefois une information capitale ressortit du lot. Ainsi Camille souhaitait devenir un dirigeant et non un simple conseiller ou chef de guerre, la situation devenait bien plus intéressante. Alors quel but que cette rencontre avec Lynn, jauger un ennemi ? Essayer de la convaincre de se rallier à lui ? Par un mariage ? Ou simplement nulle rencontre et connaître l’emplacement de son ennemie.

Au final, le silence se fit naturellement alors que Camille cherchait à répondre à sa partenaire quant à ses dures paroles. Celend était complètement désintéressée désormais et se contentait de terminer discrètement son repas. Toutefois en remarquant que son allié la scrutait intensément, elle finit par revenir sur sa décision et lâcha son plus beau sourire à un Aerdris amusé.

« Sincèrement je ne pense pas que ce soit Camille qui prenne une mauvaise décision en choisissant de te prendre avec lui. Tu possèdes certes un passé particulier mais tu es indéniablement une guerrière de talent, une femme de courage et en plus de cela tu as changé, et si tu comprends réellement la nature de ce que tu as été, alors c’est à toi de changer pour devenir une femme capable de remplir le rôle de l’entourage d’un bon dirigeant.

C’est toi qui a les cartes pour ton destin, toi qui doit décider si tu veux devenir celle qui sera de bon conseil ou non. Ce n’est pas aux autres de te juger, tes actions parleront pour toi. »


Etonné, et encore plus amusé, le serpent blanc regarda avec plaisir sa partenaire se renfrogner après sa petite déclaration, pourtant fort juste. Déposant une main sur celle de la femme, Aerdris attendit les divers réactions qui n’allaient pas tarder à suivre.

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Arialas Ishtarian
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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   Ven 29 Jan - 20:13

Le dénommé Aerdris commença par répondre au compagnon de la borgne, offrant des éclaircissements sur ses précédentes paroles. Son admiration allait donc au concept d'un empire et non à Galdion lui-même. Il répondit ensuite à Arialas, offrant sa propre vision des choses, essayant d'expliquer ce qu'il croyait être les fautes commises par l'ancienne tyran et pourquoi son empire n'avait pas perduré. Ce fut ensuite au tour de Camille de prendre la parole, ne récoltant qu'un vent – la guerrière n'avait que faire de ses explications. Après un court moment de silence, ce fut finalement la femme – Celend? – qui le rompit. Celle-ci entreprit un beau discourt, destiné à l'autre personne de la tablée qui se trouvait à être du même sexe. En parlant d'actions et de destin... Il y avait bien une chose qu'elle souhaitait maintenant faire. Même si cette discussion avait été des plus intéressantes – elle avait enfin pu en apprendre plus sur ce qui s'était passé et sur comment était l'un des plus grands méchants que Gorah ai porté – il était temps de conclure. Le restant de nourriture dans les assiettes étaient désormais glaciales, de toute façon. Calant donc son verre fraîchement arrivé, elle se leva de sa chaise.

- Tu as raison Celend, j'ai d'ailleurs des excuses à aller présenter à une certaine princesse. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée et une longue vie. Désolée encore de vous avoir accosté de façon plutôt brutale.

Arialas se tourna ensuite vers son amoureux, se demandant si lui-même souhaitait toujours rencontrer la dénommé Lynn et s'il était prêt à partir. Au final, elle n'attendit pas qu'il réagisse et sortit de l'établissement, pressée de reprendre la route. Cette fois, plus rien n'allait la faire détourner du chemin, elle devait se rendre à Dissri le plus rapidement possible. Tout son corps lui hurlait de se presser, les longues distances ne lui avait jamais fait peur de toute façon.

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MessageSujet: Re: Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]   

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Sans ambition il n'y a pas de talent [Camille et Aerdris]
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